La mémoire de Babel (La passe-miroir #3), Christelle Dabos

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Warning ! Spoilers pour ceux qui n’auraient pas lu les premiers tomes !

 

« Thorn a disparu depuis deux ans et demi et Ophélie désespère. Les indices trouvés dans le livre de Farouk et les informations livrées par Dieu mènent toutes à l’arche de Babel, dépositaire des archives mémorielles du monde. Ophélie décide de s’y rendre sous une fausse identité. »

Ma lecture du tome 2 m’ayant apporté une grande satisfaction, il était évident, puisque je l’avais à disposition, que je me plonge dans le tome 3, histoire de bien rester imprégnée de l’univers. Rassurez-vous, si votre lecture date un peu, un très bon résumé de l’histoire présent dans les premières pages saura vous aider.

Le récit commence par une belle ellipse temporelle, puisque plus de deux années se sont passées depuis la confrontation d’Ophélie et Thorn avec Dieu, suivi par l’évasion de Thorn de la prison où il était retenu. Ophélie, de son côté, est rentrée à Anima, et elle se morfond. Son cher mari lui manque, et pire encore, elle s’est rendue compte, plutôt tard, qu’elle partageait ses sentiments. Sans compter que les Doyennes, ces sortes de lieutenants de Dieu, surveillent ses moindres faits et gestes. Comment peut-elle encore trouver un intérêt à ce qui l’entoure alors qu’elle sait que toute cette société est manipulée ? Grâce au grand-oncle archiviste, elle trouve enfin un élément de réponse ; il lui faudra aller sur l’arche de Babel, où se situe un immense Mémorial dépositaire de l’Histoire humaine, déjà infiltré par la censure anti-guerre.

Après deux tomes passés au Pôle, nous découvrons une nouvelle arche : Babel. Comment ne pas penser à la fameuse Tour du même nom ? De ce que j’en sais, cet épisode Biblique nous relate la construction par les Hommes, qui n’étaient qu’un peuple unique, d’une tour touchant le Ciel, égalant par là-même Dieu lui-même. Pour les punir, Celui-ci décide de les « doter » de différents langages, entraînant par la-même une incompréhension entre eux. Comment interpréter ce mythe ? Mon ami Wikipédia me dit qu’il s’agissait peut-être de punir les Hommes toujours à la recherche de connaissances, ne sachant se contenter de l’enseignement de Dieu. Un choix qui n’est pas anodin.

Christelle Dabos continue son chemin, entre ésotérisme et dystopie. Les références religieuses sont de plus en plus nombreuses, et le système totalitaire qui se révèle sous les yeux d’Ophélie se montre de plus en plus élaboré, même si ce tome 3 est plus transitoire car nous préparant pour le grand final du tome 4. Les aventures que vit Ophélie au Mémorial sont d’ailleurs l’occasion de rendre un joli hommage aux livres, aux métiers du livres (il me semble que l’autrice se destinait à une carrière de bibliothécaire), et de nous questionner sur la place de l’automatisation et de la technologie concernant ces domaines.

Les trois premiers quarts du livre se concentrent spécialement sur l’évolution du personnage d’Ophélie. Bien qu’un peu amorphe en début de récit, elle reprend vite le cap, et affirme progressivement son courage, son altruisme, ses capacités exceptionnelles et surtout, découvre, éberluée (tout comme nous !) son véritable rôle dans cette histoire. Elle va aussi se détacher physiquement et moralement de sa famille et de son image d’éternelle enfant, raflant au passage le coeur de celles et ceux qui, comme moi, adorent ce personnage.

Le dernier quart est riche en révélations et l’écriture de Christelle Dabos s’y fait alors plus nerveuse, sans jamais être brouillonne. L’autrice redistribue progressivement les cartes, créant des alliances improbables et des issues pour le moins incertaines pour nos personnages favoris…

Christelle Dabos a récemment annoncé, par le biais du (très complet) site officiel de la saga qu’il ne fallait pas encore spéculer sur une éventuelle date de sortie d’un tome 4, il va donc falloir prendre son mal en patience !


496 pages      Genre : Dystopie      Chronique du tome 1     –      Chronique du Tome 2

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18 réflexions sur “La mémoire de Babel (La passe-miroir #3), Christelle Dabos

    • MahaultMots dit :

      Ahah je partage ce désespoir. Sans la classer parmi mes sagas préférées (Kushiel est à jamais l’indétrônable), elle restera en tout cas comme l’un de mes coups de cœur de cette année 2017 (je me suis quand même enfilée deux tomes à la suite, en à peu près 6 jours ^^).

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      • Poppy dit :

        J’avais vraiment beaucoup aimé la première trilogie de Kushiel. Je l’ai lu il y a quelques années maintenant en numérique et j’ai croisé le premier tome d’Imriel qui m’appelée. Du coup je me le suis pris, mais je voudrais relire la première trilogie pour être sûre de ne rien avoir oublié. =)

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        • MahaultMots dit :

          Je comprends ! J’ai lu il y a peu le premier tome d’Imriel, Joscelin et Phèdre y sont très présents. Si tu ne veux pas relire toute la trilogie (même si ça reste toujours un plaisir <3), tu peux au moins reprendre le tome 3, Imriel y fait beaucoup référence.

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  1. rambalh dit :

    Wow ta chronique touche pile poil l’essence de la lecture ! Tu décris parfaitement ce qu’on peut ressentir et tu mets le doigt sur les détails importants comme le choix de Babel. Je suis d’ailleurs assez d’accord avec toi sur l’interprétation de Babel, la reprise de la punition de Dieu… Et on peut aller plus loin puisque Dieu lui-même a été puni : ne plus avoir son identité propre et ne plus réellement se comprendre lui-même, tout ça 😀

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  2. Erika dit :

    Tu as été rapide à lire ce tome ! Mais il faut dire que cette saga se dévore.
    J’avais moi aussi beaucoup aimé la référence à Babel. Même si je ne sais pas ce que l’auteure a vraiment voulu faire passer comme message (s’il y en avait un), j’avais aimé la mention.
    Plus qu’à attendre le quatrième tome. Une attente longue et difficile…

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    • MahaultMots dit :

      Moi non plus je ne suis pas sûre de l’avoir vraiment cerné, mais peut-être que c’est juste symbolique ou que nous aurons une réponse dans le prochain tome. Pour l’instant, je vois cela comme ça : ils ont accumulé des tonnes de connaissances sur l’Arche de Babel, dont ils ont dépassé Dieu quelque part. Or, Dieu leur fait détruire, par l’intermédiaire de ces agents, toutes ces connaissances qui peuvent être dérangeantes : donc ils repassent sous l’influence de Dieu.

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