L’improbabilité de l’amour, Hannah Rothschild

improbabilité de lamour

Résumé : « De l’atelier d’un peintre du XVIIIe à une boutique crasseuse de Londres, en passant par les salons les plus cossus de l’aristocratie, le périple d’un chef-d’œuvre perdu de Watteau, brusquement redécouvert par une jeune femme sans le sou… À la croisée d’Anita Brookner et de Donna Tartt, un premier roman foisonnant, dont l’excentricité n’a rien à envier au Grand Budapest Hotel, doublé d’une enquête passionnante, érudite, pleine de charme et de suspense sur la face cachée du monde de l’art. »


L’improbabilité de l’amour est le premier roman d’Hannah Rothschild (de la fameuse famille de), une femme un peu touche-à-tout, passionnée d’histoire de l’art, et qui avait envie de nous raconter le milieu opaque et fermé du marché artistique. Une œuvre chorale, aux points de vues multiples qui a su autant me passionner … que m’ennuyer.

La jeune femme sans le sou, héroïne principale du roman dont il est question dans le résumé s’appelle Annie. Fraîchement débarquée à Londres, elle est un peu l’archétype des héroïnes chick-lit : séparation difficile d’un conjoint mentalement abusif, fille de campagne anonyme qui découvre une grande ville où tout va bien trop vite, pétrie de talent (ici la cuisine), mention passé familial difficile qui revient toquer sans cesse à sa porte (coucou la maman alcoolique). Annie donc va acheter par hasard dans un établissement style Troc’ante un tableau qui s’avère (mais elle ne l’apprendra que bien plus tard) être ni plus ni moins qu’un Watteau (moment wikipédia :-)). Autrement dit, il vaut des millions. Au même moment, elle trouve un emploi comme cuisinière pour une illustre famille de galeristes.

Le roman, qui compte 700 pages, aurait pu aisément en être délester d’une centaine concernant d’Annie et ses atermoiements amoureux. Son personnage est sympathique mais c’est LA direction parmi les nombreuses prisent par ce roman qui ne m’a pas intéressée. Je ne lis presque jamais de romance et je ne m’attendais franchement pas à en trouver une si importante et si cul-cul ici ! En revanche, j’ai aimé le jeu de piste concernant le tableau, les visites de musées et les interactions d’Annie avec le monde de l’art. Par les yeux de cette « débutante » qu’ils voient comme une ignorante, l’autrice en profite pour dresser le portrait acerbe d’un milieu qui ne connaît plus les œuvres que par leurs valeurs pécunières, sans s’attarder sur le sens premier de l’art. Trop pédant, suffisant, pour se remettre en question.

La famille de galeristes, ce sont les Winkleman. Juifs, le père est un survivant de l’Holocauste qui a racheté des tableaux à d’autres familles juives, leur permettant ainsi de s’enfuir et d’échapper à la déportation. Belle histoire. Ils sont à la recherche du Watteau, et la fille aînée Rebecca remonte bien vite une piste assez déplaisante. Cette partie « thriller » – relativement ténue – du livre m’a passionné. Je ne rentrerai pas dans le détail pour ne pas spoiler, mais c’est un fait historique passionnant qui y est abordé.

Autour d’eux tous gravitent pêle-mêle des bourgeois désargentés (qu’elle a dû côtoyer plus d’une fois !), des arrivistes loufoques, des oligarques, des rois du pétrole, … Et puis il y a le truc qui rend ce livre particulièrement « cool » : le tableau narrateur.

L’improbabilité de l’amour est un « personnage » particulièrement snob, drôle et intéressant, prenant le temps de nous raconter son incroyable histoire, ponctuée de rencontres avec des personnages historiques, des anonymes, des évènements que l’on connaît tous. Sous le vernis du rire, « il » fait preuve d’un recul certain sur son propre statut de chef-d’œuvre, mais aussi plus largement sur la place de l’art dans le monde d’ajourd’hui, déclenchant au passage une bien jolie réflexion.

Hannah Rothschild pêche donc par facilité sur le dispensable volet amoureux, mais m’a séduite lorsque sa plume se fait plus acide. Globalement, j’ai quand même passé un bon moment de lecture avec ce bouquin un peu fourre-tout, tout en apprenant quelques petites choses sur un univers mystérieux, ce qui fait toujours du bien !


624 pages.                    Genre : Contemporain choralo-policier.

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4 réflexions sur “L’improbabilité de l’amour, Hannah Rothschild

  1. L'ancre littéraire dit :

    Rothschild? De la fameuse famille de champagne? (haha, il fallait que je l’a fasse). Cela peut-être une lecture intéressante mais j’avoue que 600 pages on doit trouver quelques longueurs. En tout cas, je n’avais jamais vu le livre sur la blogo. 🙂 ça fait du bien de découvrir d’autres livres. 🙂

    Aimé par 1 personne

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