Courir sur la faille, Naomi Benaron

« Jean Patrick Nkuba rêve de devenir le premier Rwandais à courir aux Jeux Olympiques. Mais Jean Patrick est un Tutsi, et les gens comme lui ne sont pas censés gagner. Lorsque l’assassinat du Président plonge le pays dans un chaos sanglant opposant les Hutus et les Tutsis, Jean Patrick se trouve sans protection… et sans choix. La seule solution : se faire passer pour hutu grâce à une fausse carte d’identité ethnique pour échapper aux génocidaires. Mais peut-on renier ses origines ? Alors que les tensions ne cessent de monter dans la violence et dans la haine, il s’accroche à son rêve de devenir le premier médaillé olympique pour délivrer son peuple et lui-même de la brutalité qui les entoure. Un voyage terrifiant commence pour lui, sa famille, et la femme qu’il aime. Les retrouver sera la course de sa vie. »


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Les + : Découvrir un épisode de l’histoire que l’on connaît mal ; les personnages ; le déroulé du roman.

Les – : La quatrième de couverture. On nous y parle déjà de l’assassinat du Président, alors que cela arrive aux deux tiers du livre !


Cela faisait longtemps que je voulais lire « Courir sur la faille« , depuis sa sortie chez 10/18 (il y a quelques années me semble-t-il). L’occasion s’est présentée récemment lorsque je l’ai vu sur un présentoir de la BU. Aussitôt vu, aussitôt attrapé, si bien que l’histoire de Jean-Patrick, relatée sur une quinzaine d’années, m’a accompagné tout le week-end, au Rwanda et ailleurs.

Jean-Patrick a un don : il court comme personne. Il est tellement remarquable que bientôt, on décide de faire de lui le prochain espoir olympique du pays. Mais Jean-Patrick, au-delà d’être un coureur exceptionnel, est avant tout Tutsi. Et il règne entre Hutu et Tutsi une atmosphère délétère, encouragée par les pouvoirs publics et certains médias, et ce depuis des années (>>wiki<<, pour comprendre que ça vient de très loin et notamment de la colonisation). Ainsi, son adolescence est ponctuée d’incidents préfigurant le déchaînement de violences à venir. Cependant, Jean-Patrick, du haut de son jeune âge, croit plus que tout en sa destinée de futur champion.

Il s’entraîne durement, et obtient une bourse pour étudier à l’université. Il apprend à mieux y connaître son coach depuis de nombreuses années, un ex-militaire au passé sombre et aux idées arrêtées, et y rencontrera même l’amour. Il y rencontre aussi un jeune américain venu enseigner la géologie à l’université qu’il fréquente.

Chacun de ses personnages a sa « fonction » bien précise. Le coach, c’est un homme à deux facettes, et je pense que l’auteure a voulu représenter en lui la dualité : il attend, vit avec les Tutsis, s’attache même dans le cas de Jean-Patrick, mais pourtant, attend l’heure du massacre annoncé. D’un côté, il est ce soutien sans faille pour Jean-Patrick, de l’autre, un homme plein de haine et de violence. Béa, la jeune femme dont Jean-Patrick va tomber amoureux – et ses parents -, représentent les « éclairés », ceux qui luttent contre les discours de haine, essaie de changer les choses par le biais d’articles, d’associations, de rassemblements. Enfin, son ami professeur, c’est l’Occident, impuissant à changer les choses, fuyant.

C’est aux deux tiers du livre – et non dès le départ, merci le résumé – que son monde bascule définitivement, avec l’assassinat du Président. En trois mois, il y aura plus de 800.000 morts. J’ai lu cette partie la gorge nouée devant l’horreur de ce qu’il a pu arriver. L’empathie que l’on ressent pour un personnage romanesque sert totalement le propos finalement assez politique de ce roman qui remet quelques vérités bien senties sur la table.


   Genre : drame   –   480 pages

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3 réflexions sur “Courir sur la faille, Naomi Benaron

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