Le sang sur la lame (#1 Les épées de glace), Olivier Gay

« Dans sa jeunesse, l’empereur Marcus mena de nombreuses guerres et étendit son territoire avec l’aide d’un combattant et général hors pair, Rekk. Ses méthodes impitoyables et sa propension au massacre contribuèrent à pacifier les provinces et à annexer les jungles de Koush, au sud – mais provoquèrent également la haine du peuple. Afin de s’attirer leurs bonnes grâces, l’empereur exila donc Rekk le Boucher aux confins de l’empire. Vingt ans plus tard, Marcus est vieux et malade. Il n’a qu’un fils, Theorocle, qui lui cause plus de souci que de fierté. Les familles nobles intriguent dans l’ombre pour préparer sa succession. Quant à Rekk, ce n’est plus qu’un nom avec lequel les mères effraient leurs enfants le soir. »


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Joli couverture, mais je ne voyais pas le Boucher ainsi.


Les + : Un personnage principal surprenant ; de l’action à revendre ; de belles scènes de combat.

Les – : Trop de dialogues ; une temporalité qui m’a fait (un peu) tiquer.


Je ne sais pas si ce que je vais affirmer est réellement juste, mais j’ai l’impression que depuis quelques années, la fantasy française et plus largement la littérature de l’imaginaire française est bien plus représentée qu’à un moment. Et même si tout n’est pas bon (comme partout !) et que demeure souvent un côté « fan de » chez les auteurs, globalement, on trouve de très très bonnes choses quand on réussit à s’affranchir de nos encombrantes influences. Dommage que ce tome 1 des Epées de glace n’y arrive pas forcément.

Les épées de glace est le premier Olivier Gay que je lis. Plutôt orienté policier et jeunesse d’après ce que j’ai pu voir sur les internets, il s’agit de son premier roman de fantasy, genre qu’il adore depuis tout minot. Il est notamment un fan de Gemmell assumé (et c’est flagrant à la lecture) : peu/pas de magie & un héros principal anté-manichéen nous le confirme d’emblée.

À la lecture du titre, je m’étais faite une idée un peu idiote de l’histoire :  on suivrait un genre de confrérie contrôlant la glace et se battant pour la justice. Mais non, pas du tout (quelle idée ridicule quand j’y repense). Le fameux Rekk (un personnage assez …  savoureux, très sombre) dont il est question, on ne le rencontre que passé le premier tiers du récit, et ce n’est pas le seul héros de ce diptyque.

Mahlin est un jeune membre de la garde du palais impérial imbu de lui-même. N’ayant jamais connu ni vrai bataille ni vrai guerre, son seul fait d’arme est d’être considéré comme la deuxième meilleure lame de la garde. Shani (que j’ai du coup tout de suite imaginée comme la Shani du Sorceleur – ah, les images mentales !) est une jeune servante docile et discrète. Son physique banal « l’aide » tant bien que mal à échapper aux diverses agressions commises par les nobles, et bien qu’ayant conscience d’être à l’abri dans le palais, elle commence à se lasser de son existence routinière. Tous deux rencontrent Deria, une jeune noble qui vient d’arriver au château. Anti-conformiste au possible, elle va durablement bouleverser la vie des deux jeunes gens et les mener à une aventure qu’ils n’auraient osé imaginer, faisant même d’eux des fugitifs !

C’est comme cela que commence cette épopée ancrée dans un contexte plutôt connoté  « Antiquité », mais avec une ambiance très médiévale. Son format relativement court (deux tomes) et sa très bonne structure font qu’on ne perd pas de temps et que le récit démarre sur les chapeaux de roues, sans connaître de ralentissements jusqu’aux dernières pages. Action, action et action sont les maîtres mots. Évidemment, les rebondissements prennent souvent le pas sur la subtilité – ce qui est déjà un point délicat en fantasy – entraînant de nombreuses faussetés au niveau des dialogues et de la temporalité (l’histoire se déroule sur quatre mois seulement, ce qui me paraît fou). Au delà de ça, un certain aspect jeunesse de l’histoire pourrait faire fuir les plus récalcitrants, par le biais des atermoiements de Mahlin et Shani, qui m’ont personnellement lassé. Cependant, ce tome 1 des Épées de glace permettra aux novices en fantasy de faire plaisamment le vide dans leur tête et de s’aventurer loin. N’est-ce pas cela aussi, les littératures de l’imaginaire ?


Genre : Heroic Fantasy –   575 pages

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B.O. : Steel for humans – Percival Schuttenbach, Marcin Przybyłowicz

 

 

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