Le châtiment de l’empire (Les épées de glace #2), Olivier Gay

« Rekk le boucher, Rekk le sanguinaire est en train de croupir au fond d’une geôle crasseuse. Il n’est plus que l’ombre de lui-même. Et pourtant le meurtre de sa fille reste impuni. Sa soif de vengeance le ronge. Shani n’était alors qu’une servante, elle passait presque inaperçue mais par amour et par amitié, elle libérera le Boucher et ensemble ils mettront l’Empire à feu et à sang. »


Lecture sympathique bien qu’anecdotique de 2017, le tome 1 des Epées de glace avait réussi le prodige de me faire lever les yeux au ciel une ligne sur deux, tout en se révélant relativement attachant.

Qu’on ne se mente pas : Olivier Gay est un bon écrivain, mais cette première incursion en fantasy pâtit trop de l’influence encombrante de ses maîtres en la matière. Le tome deux ne fait que confirmer ce sentiment. L’histoire se laisse suivre, surprend même assez agréablement sur certains points de sa conclusion, mais souffre d’un univers faible, de personnages un peu girouettes et de dialogues bien peu adaptés à l’univers dans lequel se déroule l’histoire.

L’histoire reprend exactement là où elle s’était arrêtée dans le tome un : Geoffrey Théorocle est désormais empereur, le Boucher est dans les geôles du palais impérial et Shani et Mahlin se retrouvent livrés à eux-mêmes (et aussi à leurs hormones). Ces deux-là mettent rapidement au point un « plan » d’évasion, qui réussit (ce qui paraît assez incroyable car ils ne font que jacasser sur leurs sentiments respectifs durant leur traversée de nuit du dit-palais). La suite sera la poursuite d’une vengeance entamée dans le tome 1 en l’honneur de Deria, la fille du Boucher. Une vengeance sombre, amère et insensée, tout à fait à la hauteur de ce que j’attendais d’un personnage totalement instable comme le Boucher. C’est un très bon point, car son évolution fait preuve d’une constance bienvenue, tout comme sa noirceur.

En revanche, je n’ai pas autant apprécié l’évolution de Shani. Comme dans le tome un, elle a à cœur de prouver qu’elle peut/veut être l’égale des hommes. Alors, certes, elle apprend les rudiments du combat à l’épée (et se débrouille vite très bien, voire trop bien pour que cela soit crédible), certes elle a soif de se battre, mais j’ai eu la désagréable impression qu’on essayait de nous l’imposer en personnage fort, en figure féministe, alors qu’elle a plutôt tout l’air d’une jeune femme à deux doigts de perdre la raison.

Un autre point noir : les tics d’écritures. Les références au viol tout d’abord, bien trop1 nombreuses, tant que je me suis parfois demandée si Olivier Gay n’avait pas mangé Terry Goodkind. Et puis cette manie que les personnages ont de caresser épées & pommeaux à la moindre contrariété ! Je ne reviendrai pas sur les dialogues, point déjà abordé dans ma chronique du tome un, si ce n’est pour dire qu’il détonne dans ce récit d’inspiration plutôt médiévale.

Une incursion en fantasy française plutôt en demi-teinte donc, avec une influence encore trop écrasante des pairs anglo-saxons.

png-6


Genre : Heroic (sans) Fantasy   –   478 pages   –   Mon avis sur le tome 1

 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s