La cité corrompue (Six of crows #2), Leigh Bardugo

« Après avoir réussi à s’enfuir du Palais des Glaces, Kaz et ses compagnons se sentent invulnérables. Un revirement de situation va cependant changer la donne d’une partie mortelle que devront jouer les jeunes prodiges du crime. Alors que les grandes puissances Grisha s’organisent pour leur mettre la main dessus, Kaz imagine un plan, entre vengeance et arnaque, qui leur assurera la gloire éternelle en cas de réussite, et provoquera la ruine de leur monde s’ils échouent. »  [chronique du tome 1]

La chronique qui va suivre porte sur un tome deux. Les spoilers sont donc inévitables.


Ketterdam, une ville et plus que jamais dans ce tome, un personnage à part entière, un énorme terrain de jeu. Kaz Brekker et les siens, après leur sévère déroute à la fin du tome un, se cachent dans un cimetière abandonné à l’orée de Ketterdam. La ville accueille elle avec méfiance des délégations de tous horizons : les Fjerdans du Nord, les Shus du sud, les Ravkans de l’est. Tous ne veulent qu’une chose : obtenir la formule du jurda parem, une drogue exacerbant les pouvoirs des Grishas, ces êtres dotés de capacité magique que beaucoup détestent, mais que tout le monde convoite.

« Penché sur le bar, Retvenko plongeait son nez dans son verre sale. Son whisky n’avait pas réussi à le réchauffer. Rien, dans cette ville maudite, n’y parvenait. Et on ne pouvait pas échapper à l’odeur, cette puanteur d’eau de cale, de palourdes et de pierres mouillées qui semblait s’être imprégnée dans tous les pores de sa peau. Il avait l’impression d’infuser dans l’essence putride de la cité comme la plus infecte des tasses de thé. »

Pour se sortir de cette très mauvaise passe, l’ingénieux Kaz va mettre un plan en marche. Un plan tordu, énorme, alambiqué à souhait. Une guerre des nerfs en lieu et place de l’action à tout prix du tome 1.

J’avais en effet soulevé un point, que j’ai par la suite pû retrouver dans d’autres critiques : la narration trop confuse qui rendait parfois la lecture pénible. Ici, l’aspect plus psychologique, plus mature qui se dégage semble mieux convenir à Leigh Bardugo, dont le monde, l’imagination et forcément la plume, s’épanouissent pleinement.

Ainsi, apprendre à mieux connaître les différents narrateurs se succédant à chaque chapitre est par exemple un réel plaisir. Chacun a ses propres failles, motivations, faiblesses, son propre caractère scrupuleusement dessiné.  Bien qu’on soit dans un roman orienté jeunesse (le jeune âge des protagonistes – en moyenne 17 ans – en atteste), leurs histoires sont souvent difficiles et bien pensées. Citons le cas d’Inej ; la jeune fille vient d’un peuple nomade. Capturée par des esclavagistes, elle a été revendue à un bordel spécialisé dans « l’exotisme » alors qu’elle ne devait avoir que quatorze ou quinze ans. Son agilité spectaculaire l’aidera à sortir de la prostitution en travaillant comme tueuse ou voleuse pour les gangs. Cependant, elle n’ose plus retourner voir ses parents, honteuse d’un parcours dont elle n’est pourtant pas responsable.

« C’était le moment de se lancer. On peut apprendre à danser, mais il faut être né funambule. La mère d’Inej lui avait raconté que les funambules talentueux descendaient des gens de l’Air, qu’autrefois ils avaient eu des ailes, et qu’avec la bonne lumière, les humains qui gagnaient leurs faveurs pouvaient encore les apercevoir. Après la révélation de sa mère, Inej s’était longuement contemplée dans les miroirs, jouant avec les ombres, ignorant les moqueries de ses cousins, pour voir si ses ailes étaient visibles. »

Rajoutons que le cadre de Ketterdam convient parfaitement à ce genre d’histoires ;2 poisseux, noir, dévorant d’un côté, mais plein de vie, de bruits et de ferveur de l’autre. Cette ville rongée par l’argent est un Amsterdam du passé fantasmé, un genre de rêve de petites gens avides de réussir, avec ses canaux à foisons, ses marchands surpuissants et ses quartiers festifs. Comme je le disais au départ, c’est un terrain de jeu parfait, une partie d’échecs grandeur nature qui se déroule sous nos yeux.

Qui gagnera ? Qui perdra ? On prend les paris ?

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Genre : Fantasy urbaine   –   650 pages   –   Mon avis sur le tome 1

4 réflexions sur “La cité corrompue (Six of crows #2), Leigh Bardugo

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