Assassin’s quest (The Farseer trilogy #3), Robin Hobb

« The gripping finale to Robin Hobb’s classic Farseer trilogy, now reissued in gorgeous new livery. Keystone. Gate. Crossroads. Catalyst. Fitz is about to discover the truth about the Fool’s prophecy. Having been resurrected from his fatal tortures in Regal’s dungeons, Fitz has once more foiled Regal’s attempts to be rid of him. Now, back in his own body, and after months of rehabilitation, Fitz begins the painful and slow process of learning the ways of a man again. Under the watchful eye of Burrich, old King Shrewd’s Stablemaster, Fitz must learn to cast off the wild but carefree ways of the wolf and enter once more the human world: a world beset ever more viciously by the relentless Red Ship Raiders who are now left free to plunder any coastal town they please. But more immediately, a world in which he finds he is utterly alone. Regal has stripped the kingdom of its riches and retired to the inland city of Tradeford. Of Verity, on his quest to find the legendary Elderings, there has been no word; Molly, Kettricken and the Fool have all vanished. Unless Fitz can find Verity and help him in his quest, the Six Duchies will perish and there will be no safe place to live. »

Chroniques précédentes : Tome 1Tome 2


Premier coup de coeur 2018. J’ai déjà loué, dans mes articles précédents, la propension de Robin Hobb à privilégier la description et les longues phases contemplatives aux dialogues (j’apprécie assez peu la surabondance de dialogues). S’il s’agit d’une particularité que vous n’avez pas apprécié précédemment, ce tome risque de vous ennuyer, sauf peut-être dans son dénouement grandiose ; car il s’agit surtout de suivre FitzChevalerie dans ses doutes, ses difficultés et ses nombreuses introspections.

Nous avions quitté Fitz à la fin du deuxième tome dans de drôles de conditions ; mort et enterré après d’atroces tortures dans les cachots du nouvellement couronné Royal, son âme subsistait alors au sein de son animal de Vif, le loup Oeil-de-Nuit.

Cela, Burrich et Umbre, ses pères spirituels, l’avaient prévu. Ils déterrent alors le corps du jeune homme et parviennent à l’y replacer. Mais à quel prix ? Fitz refuse de revenir à sa vie d’humain durant une longue période, tant celle-ci lui a tout pris. N’est-il pas plus facile de vivre guidé par son instinct, sans considération autre que de chasser, manger et trouver un abri où dormir ? Et puis finalement, il se retrouvera doucement et décidera de prendre son indépendance et de partir avec Oeil-de-Nuit vivre son Vif comme il l’entend, malgré l’intolérance qui les entoure.

« Qu’est-ce-que le Vif ? Selon certains, ce serait une perversion, une faiblesse coupable et contre nature de l’esprit par laquelle des hommes acquièrent la connaissance de la vie et de la langue des bêtes, et finissent par ne guère valoir mieux qu’elles. Pourtant, l’étude que j’ai menée de cette magie et de ses usagers m’a conduit a une conclusion différente : le Vif semble être un lien mental qui s’établit en général avec un seul animal et qui permet la compréhension de ses pensées et de ses émotions, mais il ne donne pas, comme d’aucuns l’ont prétendu, le talent de parler la langue des oiseaux et des bêtes. (…) On peut considérer le Vif comme l’acceptation par la personne de sa propre nature animale, d’où la conscience de l’élément d’humanité que chaque animal porte en lui aussi. »

Le tournant avait déjà été amorcé dans le tome 2, mais ce troisième épisode marque une incursion dans la fantasy plus forte. Le Vif, cette magie qui lie à un animal, est bien sûr au centre de ce qu’est Fitz. Non toléré dans le royaume des Six-Duchés, l’hostilité qu’elle provoque vaudra à Fitz bien des tours. L’Art, lui, n’est pas en reste. Fitz, qui semblait jusque là avoir bien peu d’aptitude à cette forme de pouvoir, arrive progressivement à s’en servir. Très isolé durant une majorité du livre, avec pour seul compagnon son loup, l’Art lui permettra de garder un oeil sur les événements extérieurs, sur la vie de proches comme sur celle d’inconnus. C’est ainsi qu’après avoir vécu de l’intérieur plusieurs des exactions des Pirates Rouges, il prendra la décision de faire ce qui lui semble le mieux pour le Royaume.

Ce tome, c’est aussi l’occasion de conclure les arcs narratifs d’autres personnages, et d’en introduire de nouveaux : un nouvel intérêt amoureux pour Fitz (une jeune ménestrelle franchement insupportable mais qui le cerne extrêmement bien), des Vifiers organisés, et deux personnages de la saga adorés de tous ses appréciateurs : l’énigmatique Fou et la reine Kettricken. Certains chapitres sont ainsi fermés, alors que d’autres s’ouvrent et nous poussent doucement à nous tourner vers la suite.

La plume de Robin Hobb est, je l’ai déjà dit ici, un des très gros atouts de cette saga. Sa simplicité et sa fluidité desservent à merveille la densité mais aussi la dureté de cette histoire. Elle a un brio particulier en ce qui concerne la description de la nature et des paysages, si bien que l’on s’y croirait. Mais l’auteure ne ménage pas ses héros, et lire l’assassin Royal peut s’avérer franchement déprimant, tant le sort s’acharne sur chacun et particulièrement sur Fitz.

Un mot sur la fin : elle est à la hauteur de ce que nous étions en droit d’attendre, tout 3à fait dans la continuité douce-amère qui a bercé ce récit. Pour de la fantasy classique, elle me semble particulièrement réussie, n’hésitant pas à contourner le « happy-end » classique du genre pour nous offrir une conclusion nuancée. Je me rappelle avoir mis trois étoiles au Tome 1, quatre au tome 2. Celui-ci est un immense coup de cœur, c’est une fin comme j’en ai rarement lu, et la note sera à la hauteur …

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Genre : Heroic Fantasy – 838 pages – chronique du tome 1 chronique du tome 2

[À noter que j’ai fait le choix de le lire en V.O car je trouve les différents découpages organisés par les éditeurs français assez irrespectueux de l’œuvre de l’autrice ainsi que du porte-monnaie des lecteurs ; si cela vous intéresse, c’est tout à fait accessible pour peu qu’on se débrouille un minimum. Néanmoins, pour écrire cet article avec les noms des personnages VF, je me suis aidée de cette page.]

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