La maîtresse de guerre, Gabriel Katz

« Dans le même univers que celui du Puits des mémoires, Kaelyn, fille d’un maître d’armes, rêve de reprendre le flambeau paternel, tandis que les autres filles de son âge rêvent d’un beau mariage. Elle a le talent, l’instinct, la volonté. Elle ne demande qu’à apprendre. Mais cela ne suffit pas : c’est un monde dur, un monde d’hommes, où la place d’une femme est auprès de son mari, de ses enfants, de ses casseroles. Il va falloir lutter. Elle s’engage donc dans cette grande armée qui recrute partout des volontaires pour aller se battre au bout du monde. Des milliers de soldats partis « libérer » le lointain sultanat d’Azman, plaque tournante de l’esclavage, terre barbare où règnent les cannibales. Dans la violence de la guerre, elle veut acquérir seule ce que personne n’a voulu lui enseigner. Mais le grand sud, plongé dans le chaos de l’invasion, va bouleverser son destin bien au-delà de ses attentes… »


Genre : Fantasy   –   446 pages


C’est un hasard si je lis deux Gabriel Katz de suite, hasard qui aurait pu être malheureux d’ailleurs mais qui ne l’est pas ; comme tout amateur de fantasy, parcourir un univers étendu me procure énormément de satisfaction.

Si vous avez lu Le puits des mémoires, vous savez qu’il existe des terres du Nord « d’inspiration Viking » comme c’est souvent le cas dans la fantasy. Kaelyn, notre héroïne, vient de là. Orpheline à la sortie de l’adolescence, elle s’entraîne sans relâche au combat à l’épée sur des mannequins de bois et de pailles. Simplement, on ne veut pas d’elle en tant que femme-guerrière. Lorsque l’opportunité d’une guerre se présente, elle s’embarque dans l’armée. L’objectif est d’aller « délivrer » le sultanat d’Azman de l’esclavage et du cannibalisme. Alors, le Sultanat pratique bien l’esclavage – puisque Kaelyn est capturée en tant que tel chez un maître de guerre – mais pas le cannibalisme. Pire, c’est une société extrêmement civilisée, totalement contraire à ce qu’on a bien pu dire aux jeunes nordiques engagés. Une société dans laquelle Kaelyn va peu à peu trouver sa place et reprendre l’entraînement.

Suivre un personnage féminin comme Kaelyn est agréable. Elle doute et est parfois fragilisée mais continue toujours son petit bout de chemin, d’autant plus que Gabriel Katz en fait aussi une ambitieuse sans vraiment le souligner : jamais elle ne fait preuve de faux scrupules. C’est un one-shot, donc certains faits, comme son attachement soudain à sa nouvelle terre peuvent paraître artificiels mais c’est aussi toute la difficulté de l’exercice. Il y a simplement à la toute fin une décision qu’elle prend et qui m’a semblé contraire aux principes qui sont les siens, mais rien de grave.

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Kaelyn.

Le cadre d’inspiration orientale dépayse et change de l’univers médiéval européen commun à la majorité de la production fantasy. Il est assez peu exploité puisqu’on met avant tout l’accent sur l’action mais m’a dépaysé ; j’espère d’ailleurs en savoir plus à l’avenir si Gabriel Katz continue à exploiter ce monde ! J’ai aussi beaucoup aimé – à nouveau – sa manière de relater les combats. C’est décidément un gros point fort chez lui !  En revanche, on effleure un peu la stratégie militaire, mais de très peu (les cartes stratégiques finissent souvent par terre, vous verrez en le lisant ;)) … Peut-être qu’un one-shot n’est pas le bon cadre pour cette thématique d’ailleurs. Une autre très bonne idée, ce sont les Waegs. Vous les découvrirez si vous le lisez, mais il s’agit d’un peuple aux22 coutumes ultra-violentes, qui prend part à la guerre. On les croise finalement peu, mais leurs quelques apparitions m’ont fasciné car elles donnent à l’histoire une couleur bien spéciale et une noirceur bienvenue à un récit parfois un peu édulcoré.

Comme Le puits des mémoires, il s’agit d’une fantasy plutôt tourné vers l’action et l’évolution rapide de personnages : les novices pourront y trouver une première approche simple et les amateurs vivre un moment sympa s’ils mettent de côté quelques points. J’y ai, pour ma part, passé quelques bonnes heures de détente rafraîchissante !

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3 réflexions sur “La maîtresse de guerre, Gabriel Katz

    • MahaultMots dit :

      Insipide non. Kaelyn m’a semblé au contraire appréciable car l’auteur n’essaie pas d’en faire une sainte. Après, c’est un ressenti !
      En revanche, c’est vrai que la crédibilité fait parfois défaut. Disons que le côté assez « fun » du roman (plus le fait que ce soit un one-shot) a fait passé la pilule ! 🙂

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