Le roi des cendres (#1 La légende des Firemane), R.E. Feist

« Garn abritait cinq grands royaumes jusqu’à ce que le roi d’Ithrace et toute sa famille soient exécutés par l’ambitieux souverain de Sandura. Ithrace était gouverné par les légendaires Firemane à la crinière de feu, craints par les autres monarques. Désormais, il ne reste plus que quatre grands royaumes au seuil de la guerre. Mais on raconte que le fils du dernier roi d’Ithrace a survécu et qu’il est aux mains d’une société secrète nommée Quelli Nacosti, qui s’illustre dans l’infiltration des puissants. Inquiets, les quatre rois offrent une énorme récompense en échange de sa tête. Dans un petit village pacifique, Declan, apprenti forgeron, découvre les secrets de la fabrication du mythique acier royal. Jusqu’à ce que la guerre vienne à lui. Declan doit alors fuir et offrir ses précieuses connaissances au souverain de Marquensas, qui est peut-être le seul à pouvoir vaincre Sandura. Pendant ce temps, dans le domaine secret de Quelli Nacosti, trois amis apprennent l’art de l’espionnage et de la mort : Donte, Hava et Hatu, à la chevelure d’un roux éclatant… »


Genre : Fantasy   –   480 pages

Livre reçu dans le cadre d’un service presse de l’éditeur Bragelonne, via Netgalley.


Le retour de Feist

En 2018, R.E. Feist – auteur du monumental Cycle de la faille (une trentaine de tomes, oui oui) – revient nous conter l’histoire d’un nouveau continent du nom de Garn, annonciateur d’une toute nouvelle saga épique.

Le prologue nous dresse rapidement le tableau : cinq royaume, dont l’un est trahi par tous les autres et sa famille régnante à la chevelure de feu, surnommée les Firemane, assassinée. Cependant, une servante réussie à s’échapper avec le dernier-né Firemane. Celui-ci est caché sur l’île de Coaltachin, une nation spécialisée dans le crime.

Ce dernier-né, c’est Hatu, désormais un jeune garçon de dix-sept ans qui suit une scolarité bien particulière : il apprend à devenir une sorte d’espion/tueur à la solde de ce pays qui l’a adopté. Il en serait d’ailleurs le meilleur élément s’il n’avait pas toujours cette rage incontrôlable en lui, ces accès de fureur qu’il a bien du mal à calmer et à cacher. Hatu observe durant ses quelques missions que le monde est en train de changer : une nouvelle religion monothéiste s’impose d’une main de fer contre les anciennes traditions et la guerre semble être sur le point d’éclater.

« Les badauds se mirent à chuchoter, car ils ne comprenaient pas très bien ce qu’on attendait d’eux. L’Église de l’Unique était devenue de plus en plus puissantes au fil des cent dernières années. Elle avait réussi à supplanter les autres religions grâce à d’habiles manoeuvres politiques et des alliances intelligentes, tout en soudoyant et en tyrannisant ouvertement les gens. Ses membres se montraient plus agressifs depuis trente ans, même si les manipulations au sein des plus hautes sphères politiques avaient remplacé les effusions de sang. L’Église prétendait que son ascension prouvait la suprématie de son dieu et de leur foi. »

C’est ce que constate également Declan, un jeune maître-forgeron, qui finit d’ailleurs sont apprentissage au début du livre dans ce qui est un des meilleurs chapitres de ce tome – une scène de fabrication d’une épée géniale de bout en bout. Alors qu’il vient d’obtenir la reconnaissance de celui qui l’a formé, il essuie une terrible attaque de mercenaires et doit fuir son village pour éviter les représailles. Il observe, lors de son cheminement, des affrontements se mettre en place et la violence montée peu à peu.

L’entrée dans une nouvelle histoire

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il s’agit d’un tome introductif voire initiatique (qui a dit long ?). Nos deux protagonistes évoluent dans un monde qui s’anime autour deux et en prennent peu à peu conscience en traversant des épreuves difficiles, violentes, leur faisant quitter brutalement leurs cocons d’enfance pour une vie d’adulte. Ces deux histoires distinctes nous happent un peu et – parce qu’on le devine bien vite – on se demande comment nos deux héros vont être amener à se rencontrer. Le déroulé de l’action est lui plutôt … très lent, Feist prend le temps de poser les nombreuses bases de son histoire : une guerre de pouvoir et de religion donc, mais aussi des forces magiques qui entrent en action à la moitié de l’ouvrage. On retrouve malheureusement le pire des tics d’écriture qui parsemaient déjà Le cycle de la faille : les répétitions, la maladresse dans la description des sentiments.

Declan et Hatu voient aussi leurs personnalités respectives décortiquées, et si Feist essaie un peu maladroitement de noircir son propos (nos deux héros aiment le sexe, ouloulou !), on sent surtout une volonté de dessiner de grandes valeurs de courage et d’obstination. Declan est noble de coeur et d’esprit, Hatu est empathique et droit comme un bon héros d’high fantasy. Et puis, il y a Coaltachin, la terre d’adoption d’Hatu. Hydre-nation, présente aux quatre coins du monde dans toutes les affaires criminelles existantes, la fascinante Coaltachin vit du crime, de la pègre et de la vente de renseignement. Le fonctionnement de cet état qui a tout d’une société secrète recèle de nombreux mystères dont je serai bien curieuse de voir comment l’auteur va se dépétrer ; en tout cas, elle nous offre ici quelques scènes d’action qui viennent dynamiser un récit parfois un peu longuet.

« Les troupes de Coaltachin incluaient des escadrilles de navires, souvent déguisés, 23mais prêts à repousser les rares incursions de marins qui ne comprenaient pas dans quelles eaux ils venaient d’entrer. Certaines îles, parmi les plus grosses, abritaient des garnisons avec de petites unités d’archers, de piquiers et de bretteurs. Mais la vraie milice de Coaltachin étaient invisible. »

En conclusion…

Ce premier tome pose les bases d’une intrigue qui manque trop d’enjeux suffisamment esquissés pour qu’on puisse se sentir entraîné complètement dans l’histoire. Cependant, vu les quelques pistes jetées, je doute que la suite soit de tout repos (enfin, pas pour moi puisque je ne la lirai pas) !

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6 réflexions sur “Le roi des cendres (#1 La légende des Firemane), R.E. Feist

  1. Lianne - De Livre En Livres dit :

    Ce que j’aime bien dans ta chronique c’est que tu as réussi à limite faire oublier les points plus négatifs, du coup ça brosse un tableau plus positif que ce que j’en ai pensé (même si au final j’ai aimé les même points que toi et je reconnais qu’il y a du potentiel dans cette histoire).
    Je ne sais pas si je serais capable de faire la même chose parce que j’avoue que ce coté maladroit et hyper sexuel m’a vraiment énervé à certains moments 😛

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    • MahaultMots dit :

      C’est un sentiment que j’ai plus mis de côté dans la dernière partie de ma lecture. Malheureusement, avec Feist, je sais que les maladresses sentimentales font systématiquement parties du contrat, donc je lève les yeux au ciel quand je lis mais j’occulte après. Mais bon, c’est vrai que dans ce livre, il y va particulièrement fort !

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