L’énigme des Blancs-Manteaux (#1 Nicolas Le Floch), Jean-François Parot

« 1761. Nicolas Le Floch quitte sa Bretagne natale pour se mettre au service de M. de Sartine, chef des affaires secrètes de Louis XV. Nicolas prend vite du galon. Le voilà plongé dans une ténébreuse affaire.
Meurtres, vols, corruption : secondé par l’inspecteur Bourdeau, il dénouera peu à peu les fils de cette enquête, qui touche de près le roi et la Pompadour … »


Genre : Roman policier   –   384 pages


Le décès de Jean-François Parot cette année a poussé ma mère et ma tante – les grandes lectrices de littérature policière de ma famille – à vouloir absolument me prêter et me faire lire ces enquêtes de Nicolas Le Floch. J’avais donc sur la table basse de mon salon ce tome numéro un patientant gaiement en attendant d’être ouvert.

Une lecture commune organisée sur le forum Livraddict m’aura décidé à m’atteler à la lecture de ces aventures ma foi bien plaisantes et particulièrement bien écrites. Attention cependant : vous serez amenés à lire des scènes de cuisine particulièrement pénibles parce que donnant TERRIBLEMENT faim. Ne soyez donc pas surpris si dans les jours suivants votre lecture, vous êtes pris d’une envie irrépressible de manger des truites façon Colbert et n’arrivez pas à vous satisfaire de vos coquillettes au beurre.

« Il aperçut un ragoût d’un légume étrange – une racine que Catherine avait découverte lors de ses campagnes en Italie et en Allemagne et dont elle cultivait un carré dans le jardin derrière la maison. Ces « pommes de terre » en civet embaumaient l’office. Il s’attabla, se versa à boire et emplit son assiette. L’eau lui venait à la bouche à la vue des légumes noyés dans une sauce brillante que rehaussaient les pelures de persil et de ciboulette. Catherine lui avait donné la recette de ce plat succulent. Il fallait choisir des pommes de terre de bonne taille, puis procéder avec une extrême lenteur, laisser le temps transformer les divers éléments et surtout ne manifester aucune Impatience si on voulait aboutir aux résultats espérés. »

Nous sommes en 1761. Nicolas Le Floch est un tout jeune homme qui comme tant d’autres avant lui, débarque à Paris, la capitale, auréolé d’une lettre de recommandation. Enfant abandonné, recueilli par le Chanoine François Le Floch et ayant reçu une très bonne éducation, il est rapidement intégré à la police du royaume.

Il logera chez l’inspecteur Guillaume Lardin, et comprend bien vite que cela n’est pas le fruit du hasard ; Lardin est soupçonné de duplicité, et Nicolas est bien décidé à éclaircir ce mystère et à se faire une place au sein de la police royale.

N’étant pas spécialiste de l’Histoire moderne française, je m’abstiendrais de louer la véracité et l’authenticité de ce dont l’auteur a fait son récit, même si les multiples annotations tendent à me faire penser qu’ils s’inspirent au moins de faits avérés ; en revanche, c’est un cadre d’intrigue parfait  ! Nous sommes dans un Paris en pleine ébullition et en pleine mutation, à la fois vieille capitale et ville qui change peu à peu de visage. La ville et ses banlieues ne font plus qu’une lorsqu’on y circule (il me semble que la ville n’était composée que de ses arrondissements centraux, donc finalement très petite) et Nicolas, natif d’une Bretagne calme, goûte ce lieu qui ne s’endort jamais. Sans compter que finalement, trente petites années à peine nous séparent de la Révolution Française, donc si la saga s’étale sur plusieurs années, cela promet pas mal de rebondissements.

Le personnage de Nicolas est intéressant, car il est encore en pleine formation, pétri de26 doutes mais en même temps très sûr de lui et guidé par son désir de bien faire. Il a un respect pour la royauté, le Roi, très haut, très naïf aussi, qui s’il ne change pas vraiment, sera tout de même plus nuancé par des points de vue différents. Alors, il n’est pas forcément des plus attachants, tout semble relativement facile pour lui mais d’un autre sens, c’est une bonne manière aussi de faire ressortir les privilèges de l’époque : avec suffisamment d’argent et de connaissances, il était possible d’exercer presque toutes les charges. A côté de lui se tient un fidèle adjoint, Bourdeau, qui est celui par qui les nuances, les critiques et le recul arrivent. Les deux hommes apprennent à se connaître et se nourrissent de ces différences, pour former un tandem très agréable que j’aurais bonheur à observer évoluer.

L’intrigue en elle-même n’est pas vraiment un sac de nœuds, puisqu’on devine très facilement le dénouement (sauf quelques détails), mais on a plaisir à voir Nicolas tirer ses conclusions avec les maigres moyens de l’époque. Le balbutiement de la médecine judiciaire, par le biais du bourreau Sanson est également une partie bien plaisante de l’ouvrage. Si j’ai ressenti un petit ralentissement aux alentours des trois-quarts du livre, il faut aussi garder en tête qu’il s’agit d’un premier tome et que forcément, toute une galerie de personnages est à présenter.

Premier essai parmi les policiers historiques 10/18 et c’est donc un succès, dont je continuerai la lecture avec plaisir.

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