Cordelia Vorkosigan (#1 La saga Vorkosigan), Lois McMaster Bujold

« La guerre… Stupide, inévitable.
Mauvais endroit, mauvais moment, mauvaise cause. Même l’uniforme n’est pas le bon : Cordelia Naismith, des forces expéditionnaires de Beta, se retrouve en pleine bataille interplanétaire, alors qu’elle a toujours sur le dos sa vieille combinaison d’astronaute.
Et voici qu’elle est tombée entre les mains des Barrayarans. Qui plus est, entre celles de son pire ennemi, lord Vorkosigan, alias le « boucher de Komarr ». Cet homme, elle devrait le haïr ; pourtant, elle est troublée. Que va-t-il faire ? La tuer ? Non. Alors que le conflit fait rage, il lui propose… le mariage !
De ces deux êtres que tout oppose dépend l’avenir de deux peuples. Et de l’univers. Mais quel est le vrai moteur du monde ? L’amour, ou la guerre ? »


Genre : Science-fiction   –   317 pages


Cela démarre fort : une femme scientifique, Cordelia, et un homme militaire, Aral, elle de la planète Bêta et lui de Barrayar, doivent s’allier pour survivre, alors que le deuxième a attaqué le campement de la première. Ils ont tout pour se détester – puisque Cordelia est sa prisonnière – mais apprennent à se connaître, échangent des points de vue, et l’impensable se produit : le coup de foudre.

Plus qu’un roman d’amour sur fond d’espace, ce tome un de la saga Vorkosigan est l’occasion d’opposer deux conceptions du monde, l’une libérale et l’autre conservatrice, avec beaucoup d’humour, d’impertinence et une qualité dans les dialogues épatantes.

« S’avouant vaincu, Vorkosigan, renonçant à se lever, avala à nouveau la moitié d’une de ses pilules analgésiques. Mais il ne put s’endormir. Il était trop nerveux. Ses yeux brillaient de fièvre. Finalement, il se dressa sur un coude quand Cordelia, après avoir fait une première ronde, s’assit en tailleur à côté de lui. 

– Je … commença t-il – mais il n’alla pas plus loin. Vous ne ressemblez pas à l’idée que je me faisais d’une femme officier.

– Ah bon ? Eh bien, vous ne ressemblez pas, vous non plus, à l’idée que je me faisais d’un officier Barrayaran. Comme ça, nous sommes quittes. (Mais la curiosité fut la plus forte et elle ajouta 🙂 Et à quoi vous attendiez-vous ?

– Je … je ne sais pas au juste. Vous êtes aussi professionnelle que tous les officiers avec qui j’ai eu l’occasion de servir et vous ne cherchez pas à passer pour un … un succédané d’homme. C’est extraordinaire. » 

Le point fort, évidemment, ce sont les personnages. Les personnalités de Cordelia et Aral sont foisonnantes de détails, de convictions fièrement affichées mais aussi de zones d’ombres. Les quelques deux-cents kilomètres à parcourir ensemble sont l’occasion de faire tomber les barrières entre deux personnes pleines de préjugés l’une face à l’autre.

Par exemple, Cordelia est le produit d’une société égalitaire et « moderne », forcément opposé au cadre militariste et rigide de celle d’Aral, à la tête de laquelle se trouve un empereur. Pourtant, les discussions entre eux et le fil du récit tendent à mettre à mal nos préjugés -et les leurs. Cordelia fera face à une récupération politique de son statut de prisonnière par un Président  qui ne pense qu’à être réélu, alors qu’Aral aura l’heureuse surprise de découvrir qu’il est encore possible de venir à bout de la corruption. Rien n’est donc tout noir ou tout blanc . 27

C’est du point de vue de Cordelia que la plupart de l’histoire nous est racontée. Sa curiosité et sa capacité à l’auto-critique font qu’il est impossible de prendre parti pour l’un ou l’autre, et cela est très habile de la part de Lois McMaster Bujold, l’autrice de ce livre. On trouve de toute façon des points communs aux deux sociétés, comme ces éléments ridiculement carriéristes et prêt-à-tout qu’elle nous dépeint avec une ironie particulièrement mordante.

Le style d’écriture est simple, sans temps mort. Amour, action, réflexion, questions d’éthique et humour font donc définitivement bon ménage lorsqu’ils sont associés dans une histoire de cette qualité, et si le reste de la saga est du même acabit, elle risque d’être particulièrement agréable à lire !

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3 réflexions sur “Cordelia Vorkosigan (#1 La saga Vorkosigan), Lois McMaster Bujold

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