Nouvelle lune (#1 Luna), Ian McDonald

« 2110. Sur une Lune où tout se vend, où tout s’achète, jusqu’aux sels minéraux contenus dans votre urine, et où la mort peut survenir à peu près à n’importe quel moment, Adrianna Corta est la dirigeante du plus récent des cinq «Dragons», ces familles à couteaux tirés qui règnent sur les colonies lunaires. Elle doit l’ascension météoritique de son organisation au commerce de l’Hélium-3. Mais Corta-Hélio possède de nombreux ennemis, et si Adrianna, au crépuscule de sa vie, veut léguer quelque chose à ses cinq enfants, il lui faudra se battre, et en retour ils devront se battre pour elle…
Car sur la Lune, ce nouveau Far West en pleine ruée vers l’or, tous les coups sont permis. »


Genre : Science-fiction   –   464 pages


Ian McDonald est un auteur que j’aime beaucoup (spécialement Roi du matin, Reine du jour & Le fleuve des Dieux), mais bizarrement, j’étais un peu passée à côté de sa saga Luna, dont le premier tome est sorti en 2017 chez Lunes d’Encre. Décrite comme un Game of Thrones sur la Lune, il est vrai que la comparaison semble pertinente, particulièrement après avoir lu – fébrilement – la fin du tome 1 hier soir. Georges R.R. Martin et Ian McDonald … Qui sera le plus cruel avec ses personnages ? Le duel est lancé.

Nous sommes dans plus ou moins 150 ans après notre ère, et Adriana Corta se souvient de son arrivée sur la Lune. A peine âgée de trente ans, auréolée d’un diplôme d’ingénieure, elle vient échapper à la misère de la Terre et de son Brésil natal. Depuis quelques années déjà, la Lune est exploitée et colonisée par quatre grandes familles, chacune spécialisée dans une industrie particulière. Ce sont les quatre Dragons, auxquels Adriana se fera un devoir d’ajouter une cinquième tête, celle des Corta.

Désormais âgée de 80 ans, elle doit laisser les rênes de son empire à ses enfants. Des enfants empêtrés dans les guerres intestines, mais qui savent faire front commun lorsque c’est toute leur famille qui est menacée. Ainsi, nous jonglons entre les points de vue d’Adriana et de sa descendance : chacun a sa personnalité bien développée, et habilement, Ian McDonald profite de chacun pour dérouler un aspect de son monde. Ainsi, Adriana est reliée au côté historique de la conquête lunaire, ainsi qu’à l’émotion. Rafa et Lucas, ses fils, à l’aspect dynastique, entrepreneurial et « scandaleux » de la famille. Ariel, sa fille – un personnage que j’ai adoré, nous en apprend plus sur l’organisation de cette société sans lois, totalement régie par le droit des contrats, et ainsi de suite. Chacun aborde également des thèmes comme la sexualité, l’éclatement de la simple cellule familiale, du couple, l’avènement de nouvelles croyances, etc …

« C’était une fille habitée de fantômes, Achi. Celui de l’absence de racines. Celui de l’exil depuis un pays mort. Celui du privilège : Papa était ingénieur logiciel, maman venait d’une famille riche. Londres accueillait à bras ouverts les réfugiés comme eux. Celui de la culpabilité : elle était vivante quand des dizaines de milliers d’autres avaient succombé. Son fantôme le plus sombre était celui de la réparation. Elle ne pouvait rien aux circonstances de sa naissance, mais elle pouvait se les faire pardonner en se rendant utile. Ce fantôme-là ne la lâchait jamais, lui criait à l’oreille : Rends-toi utile, Achi ! Pendant toutes ses études à l’University College de Londres puis son troisième cycle au MIT : Règle les problèmes ! Expie ! Le fantôme de l’utilité l’a envoyée combattre la désertification, la salinisation, l’eutrophication. C’était une guerrière des trucs en « -ation ». Il a fini par l’envoyer sur la Lune. Quoi de plus utile que de protéger et nourrir un monde entier ? »

La lecture est un peu ardue : cette Lune n’est pas séduisante, ses 150 ans d’existence en font déjà un monde avec sa propre culture et en même temps sans identité réelle, ses habitants – bien que n’ayant jamais connu la Terre – la détestent la plupart du temps. La Lune est en fait surtout un personnage à part entière de cette œuvre, tant et si bien qu’on comprend ce qui aura sûrement une plus grande place dans la suite de la saga : son 35influence, l’influence de cette gravité moindre sur les corps, les perceptions et les esprits.

Le style haché et très direct de l’auteur en déroutera plus d’un, de même que la présence de points de vues multiples au sein d’un même chapitre. Il ne va pas à la facilité en choisissant de dérouler son récit lentement, en enchevêtrant les intrigues, les détails techniques et les concepts – mais c’est une belle récompense en fin de lecture quand on prend la mesure de l’ampleur des sujets abordés. Pour ma part, je lirai la suite avec grand plaisir !

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