La prisonnière du Diable, Mireille Calmel

« Mai 1494, en Égypte.
Une roue de pierre tourne, gardée par un ordre secret. Lorsqu’elle s’arrête, le nom de celui qui doit mourir apparaît sur la tranche. Celui dont le diable s’est emparé et qui sera exécuté par l’Ordre. La volonté de Dieu…

Juin 1494, à Utelle, sur les hauteurs de Nice. Hersande règne sur le sanctuaire de Notre-Dame. Elle reçoit enfin le billet délivré par la roue. Mais lorsqu’elle lit le message, elle vacille. Jamais ce nom n’aurait dû apparaître…

Un thriller médiéval vertigineux … dans les flammes de l’enfer. »


Genre : Historique, fantastique   –   416 pages


Comme indiqué dans le résumé, c’est en Egypte que l’aventure commence lorsqu’une jeune femme chargée de surveiller une roue délivrant l’identité de personnes à abattre – dans des conditions évoquant les cloîtres – voit le mécanisme s’actionner : un nouveau nom en sort, immédiatement envoyé sur les terres concernées, auprès de l’Ordre local.

Puis, nous voici près de Nice, au petit village d’Utelle, où tout le monde se connaît et démontre une solidarité à toute épreuve. C’est ce qu’expérimente depuis peu la jeune Myriam, déjà veuve alors qu’elle n’a même pas trente ans. Son mari, tailleur de pierres de son état, est décédé sur un chantier il y a peu. La voici seule, enceinte jusqu’aux yeux, devant s’occuper de ses deux autres bambins tout en assumant un travail de serveuse à l’auberge du village, tout en tentant de ne pas trop compter sur l’aide des autres, elle qui déteste cela.

Toujours à Utelle, sœur Hersande, membre de l’Ordre, reçoit le nom, et voit son monde s’écrouler et sa foi vacillée. Comment ce nom a-t-il pu se retrouver là ? Pour la première fois, elle décide de patienter avant de lancer l’exécution, prise d’un affreux doute.

« Comme elles, comme sa sœur, elle était l’une de ces filles recueillies aux quatre coins du monde par des prêtresses, des nonnes dans le seul but de lire un jour le message que le Tout-puissant inscrirait sur cette pierre. Avoir été choisie parmi tant d’autres pour l’attendre avait fait sa fierté. 

Même si cela avait impliqué d’être emmurée dans cette pièce dont la seule ouverture était un étroit rectangle par lequel chaque jour on lui déposait à boire et à manger. 

L’essentiel.

À l’aube de ses quatorze ans, elle n’avait besoin de rien d’autre, sinon d’évacuer en retour les eaux usées, les déchets organiques, afin que rien ne souille ce temple. Jamais. 

Allons, il est temps. 

Combien de fois avait-elle appelé le miracle de ses vœux, malgré l’effroi qu’une part d’elle ressentait ? »

Démarre alors un thriller sans temps mort, au rythme haletant et aux multiples fausses pistes – j’avoue m’y être laissée entraînée plus d’une fois ! – avec d’abord une pointe d’ésotérisme assez habituelle chez l’autrice, puis un balancement dans le fantastique pur, fantastique qui convient parfaitement à ce cadre rural, entre Moyen-Âge et époque moderne mais aussi entre chrétienté et superstitions de toujours.

Comme chaque fois, Mireille Calmel n’écrit pas à la légère : c’est un roman fantastique, oui, mais chaque élément du quotidien retranscrit ici a fait l’objet de recherches : repas, habitat, travail de chantier, géologie… Si bien que le tout est très immersif et dépaysant, et en même temps très familier.

« Elle n’en voulait à personne. Et moins encore au tailleur de pierre qui l’avait remplacé quelques jours après, refusant de croire à ce vieil adage selon lequel, pour combattre le mauvais sort, il fallait se tenir éloigné de celui qui remplaçait un mort sur un chantier. »

L’histoire autour de l’Ordre est tout aussi intéressante, bien qu’il aurait été appréciable de la voir plus développée : je suis restée sur ma faim de ce point de vue-là, avec une intrigue que je n’ai pas trouvé assez approfondie sur ce plan-là, alors que son départ – les premiers mots du roman ! – est absolument spectaculaire (c’est de ce spectaculaire là que vient ma frustration d’ailleurs).

Bien que la narration se fasse parfois du point de vue d’autres personnages, c’est avec Myriam que nous vivons cette histoire. Figure attachante et forte, cette jeune femme qui a perdu il y a peu celui qui était l’amour de sa vie se montre malgré le deuil une femme déterminée et indépendante, afin de maintenir sa famille à flot. Si elle se bat pour gagner suffisamment d’argent afin de leur permettre de vivre décemment, elle n’en oublie pas sa vie de femme et se montre farouchement décidée à continuer à avancer. Sa force de caractère m’a beaucoup plu, ainsi que son intelligence et son acuité. Nous avançons à travers l’histoire avec ses yeux et nous laissons entraîner à son côté, heureux de ne pas la voir sombrer alors que le sort s’acharne sur elle.

En conclusion … Un bon thriller historique, sans temps mort mais qui prend le temps d’installer son histoire et ses personnages, et de conclure chacune de ses intrigues, tout cela servie par la plume d’une Mireille Calmel très en forme. Très recommandable !

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Merci à NetGalley et aux éditions XO pour ce partenariat.

2 réflexions sur “La prisonnière du Diable, Mireille Calmel

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