Murmures d’outre-tombe (#1 Les mystères de Harper Connelly), Charlaine Harris

« Harper Connelly a été frappée par la foudre à 15 ans et est depuis capable de retrouver des cadavres et de déterminer la cause de leur mort. Familles de disparus et forces de l’ordre font appel à elle. Harper et son demi-frère, avec qui elle a des relations complexes, sillonnent ainsi les Etats-Unis. »


Genre : Fantastique   –   280 pages


Autrefois, à la grande époque de la bit-lit, j’avais compulsé tous les tomes de La communauté du sud (dont la série True Blood est adaptée). D’une qualité souvent inégale, il m’avait tout de même permis de passer un bon moment et de découvrir Charlaine Harris, autrice qui mine de rien n’avait pas son pareil pour écrire sur l’Amérique profonde des états du sud et les déclassés d’une manière à la fois tendre et caustique. Bon, entre-temps je l’avais un peu mise de côté et c’est à la bibliothèque, en parcourant les rayonnages, que je suis tombée sur le tome 1 de cette série fantastique, lu d’une traite – ce qui ne m’était pas arrivé depuis longtemps.

« -Vous…vous les sentez, tout simplement ? Les morts ?
-Je vois leurs derniers instants. Comme un mini-clip vidéo. »

Nous y faisons la connaissance des personnages de Harper et de Tolliver, son demi-frère (avec lequel elle a grandi mais n’a aucun lien biologique), qui vivent d’un business pour le moins original : chercher des cadavres jamais retrouvés. Sollicités par les familles, moins souvent par les autorités (qui en sont plutôt au stade de chercher des noises), ils mènent une existence totalement nomade, allant de motels en « missions », à travers les États-Unis, grâce au « don » exceptionnel d’Harper, qui – frappée par la foudre à l’âge de quinze ans – voit son corps réagir à la présence de dépouilles à proximité ; tremblements, fourmillements, nausées mais aussi une conscience aigüe des causes de la mort.

Une sollicitation les amène en Arkansas, dans la petite ville de Sarne, touristique à la belle saison car elle fait vivre l’esprit sudiste d’une Amérique fantasmée. Harper et Tolliver arrive alors que le centre-ville ôte doucement cette parure pour retrouver son allure de basse saison. Leur tâche est assez simple : retrouver le corps d’une jeune femme de seize ans dont on dit qu’elle aurait fuguée, alors que son petit-ami d’alors – disparu au même moment – a été retrouvé une balle dans le crâne dans une forêt non loin. Après une rapide battue, elle trouve le corps et le verdict est sans appel : la jeune fille a été assassinée. Sa part du travail est fait et ils prévoient donc de s’en aller. Cependant, il s’avère assez vite que s’ils veulent partir dans de bonnes conditions, il va falloir que l’affaire se résolve au plus vite, et cela ne se fera pas sans qu’ils y mettent un peu du leur …

« – Ça vous intéresse sans doute d’apprendre que le cadavre d’un homme appelé Chess, ou Chester, gît dans les décombres du Lavomatic incendié rue Florida, à six pâtés de maison de la place principale?
– Quoi?
Il resta muet une bonne minute, le temps de digérer l’information.
– Darryl Chesswood? Il est chez sa fille. Ils lui ont construit une chambre l’an dernier quand il a commencé à perdre la raison. Comment osez-vous prétendre une chose pareille? explosa-t-il, sincèrement offensé.
– C’est mon métier, répondis-je tout bas avant de raccrocher en douceur. »

Nous sommes donc face au premier tome d’une tétralogie oscillant entre fantastique (les morts, forcément) et polar (pour le côté enquête), avec peut-être un soupçon de romance (à confirmer dans la suite de la saga), soit un mélange pas spécialement original, mais efficace car mené habilement par l’autrice. Elle réussit avec brio à faire de ce tome introductif une histoire intéressante, avec en fil rouge une enquête idéale pour mettre en scène les capacités d’Harper.

Harper, d’ailleurs, est un personnage qu’il m’a été agréable de suivre. Certaines critiques n’ont pas été forcément tendres avec elle & sa fragilité particulièrement exacerbée, mais cet aspect m’a plu. C’est une jeune femme au final assez instable, sujette à des crises de panique excessives et incontrôlables – notamment en cas d’orages – qui a sans cesse besoin de son demi-frère pour se sentir en sécurité. Les deux entretiennent une relation ambigüe et ne savent pas fonctionner autrement que dans ce rapport de dépendance qui les caractérise depuis des années. Je comprends que cela puisse gêner car ça n’en fait pas des protagonistes « idéaux » mais justement, c’est ce qui pour moi a fait le « sel » de ces personnages lors de ma lecture, même si on cerne peut-être moins bien Tolliver qu’Harper – l’histoire se déroulant de son point de vue.

Et justement, ce qui constitue l’histoire m’a tout autant plu. Il est souvent possible de reprocher à ce genre de littérature de positionner une éventuelle enquête trop en arrière-plan, avec une rapide résolution à la fin. Ce n’est pas le cas ici. Le mystère se déroule petit à petit au fur et à mesure des pages, lorsque Harper apprend à connaître les habitants de cette petite ville où tout le monde se connaît et entretient un lien vague avec l’autre. Les fils se démêlent, nous partons parfois sur de fausses pistes et il faudra 51ccfUgKLYLfinalement toute la détermination de la jeune femme pour comprendre ce qui gangrène les relations des locaux.

En conclusion … Un premier tome facile à lire, dans lequel je me suis immergée sans problème. C’est un plaisir de retrouver le style fluide de Charlaine Harris, et je lirai la suite avec intérêt.

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