Surface, Olivier Norek

« Noémie Chastain, capitaine en PJ parisienne, blessée en service d’un coup de feu en pleine tête, se voit parachutée dans le commissariat d’un village perdu, Avalone, afin d’en envisager l’éventuelle fermeture.

Noémie n’est pas dupe : sa hiérarchie l’éloigne, son visage meurtri dérange, il rappelle trop les risques du métier… Comment se reconstruire dans de telles conditions ?

Mais voilà que soudain, le squelette d’un enfant disparu vingt-cinq ans plus tôt, enfermé dans un fût, remonte à la surface du lac d’Avalone, au fond duquel dort une ville engloutie que tout le monde semble avoir voulu oublier… »


Genre : Policier   –   425 pages


Vous rappelez-vous des sagas de l’été qui passaient sur TF1 autrefois ? Dolmen, L’été rouge … Elles ont rythmé des étés (et parfois des siestes …) lorsque j’étais enfant et que mes grands-parents, chez qui je partais souvent, les suivaient avec attention. Surface, policier ultra-populaire depuis quelques mois déjà du non moins populaire Olivier Norek, nous y ramène à fond : fliquette mutée au fin fond de nulle part, histoires de villages et de familles … Et ça fonctionne !

« Avez-vous déjà réfléchi à la fonction du visage ? Avez-vous compris qu’il est le reflet de tous vos sentiments ? On y lit le chagrin, la joie, les peurs, les interrogations, la douleur comme la jouissance. Il parle, avant même les mots. »

La parisienne Noémie Chastain pensait effectuer une intervention classique lorsque notre roman commence : interpeller un dealer à six heures du matin en le surprenant dans son sommeil ? Presque de la routine. Pourtant, lorsqu’elle se prend une déflagration  en plein visage, sa vie bascule. Elle s’en sort bien, mais déjà, sa hiérarchie veut l’éloigner : sa blessure n’est qu’un rappel supplémentaire des risques du métier, et personne n’a besoin de cela sous les yeux. La voici donc mise au vert pour un mois. Son objectif ? Déterminer si le commissariat de Decazeville,petite ville de l’Aveyron, doit fermer ses portes.

« Pardon, mais on vous envoie où déjà ?
– Decazeville, dans l’Aveyron.
– L’Aveyron ? Ah oui. Quand même. »

Elle arrive là-bas bien déterminée à n’y rester que les trente jours promis et pas un de plus afin de mener sa mission à bien mais très vite, un corps d’enfant est découvert et réveille les vieilles blessures et l’histoire de ce village qui n’est pas si ancien, puisqu’il n’est qu’une réplique parfaite de celui qui se trouve sous le lac artificiel voisin, englouti  sous des tonnes d’eau pour la création d’un barrage.

De là, le roman nous délivre une enquête sans temps mort, sous la plume fluide et simple d’Olivier Norek, ex-policier désormais écrivain à plein temps. La grande réussite ici, est d’avoir fait de Noémie cette « gueule cassée« , une femme qui ne se reconnaît plus vraiment d’abord physiquement, mais aussi dans ses envies et besoins moraux. Plus que cela, chaque personnage est un appel à voir au-delà des apparences et du manichéisme ; même vis-à-vis de ce village qui n’est que réplique, tout est un appel à la thématique du reflet et du miroir, jusque la fin que j’avais pour ma part sentie venir (cela faisait cinquante pages que je m’étonnais d’un oubli d’interrogatoire qui me semblait capital dans la fin de son enquête !).

Je lis très peu de policier – c’est un genre auquel je suis particulièrement hermétique pour le coup – donc mon manque d’expérience en la matière est flagrant mais l’enquête30 et le cheminement de Noémie me semblent tenir la route, de même que sa logique, avec des ressorts assez simples, suffisamment pour en faire une lecture avant tout divertissante.

En conclusion … Une lecture entraînante, dotée d’une construction très habile, et de la promesse de passer un bon moment.

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