Sur le fil du cœur, Théo Lemattre

« Constance et Weaver, étudiants, sont amenés à travailler en binôme au sein du même stage. Le problème ? Ils se détestent, ou du moins ils en sont persuadés. Désormais contraints de se côtoyer chaque jour, les deux jeunes gens vont devoir apprendre à surpasser leur rivalité pour mieux s’entraider. Alors qu’un rapprochement semble se dessiner entre eux, un événement les amène à se perdre de vue. Cinq ans plus tard, ils se retrouvent par un curieux hasard. Parviendront-ils à se donner une chance de renouer le fil de leur destin ? »


Genre : Romance  –   271 pages


Constance place – comme beaucoup d’entre nous – l’amitié au sommet des valeurs qu’elle chérit le plus. Étudiante en master de psychologie, elle chérit plus que tout la relation qu’elle entretient avec trois de ses amies les plus fidèles, dont deux suivent le même cursus et dont l’une, surnommée « Tamalou » va être sa camarade de stage de mémoire.

La rentrée arrive à grands pas, mais Constance s’étonne de ne pas voir « Tamalou » plusieurs jours de suite dans l’amphithéâtre désormais clairsemé de leur quatrième année. Quand, tout à coup, la vérité éclate : son amie est partie faire un échange universitaire pour l’année en Australie, ne l’a dit à personne, et la laisse sans stage. Après négociation avec son professeur – pour lequel elle craque un peu – Constance se voit imposer un stage chez un psychologue du travail … en compagnie de Weaver (ce prénom !) , un étudiant odieux qu’elle a rencontré quelques jours plus tard et qu’elle déteste cordialement.  Puis, un bond dans le temps de cinq ans nous fait rencontrer les adultes qu’ils sont devenus, entre désillusions et nostalgie.

« Quand on est au collège, on se dit que l’école, c’est toute notre vie. Au lycée, on a plein de connaissances, on est entourés d’amis et puis, à l’université, c’est l’hécatombe. Plus personne. »

Il me faut l’avouer d’emblée : Sur le fil du cœur a été une lecture en demi-teinte, tant elle m’a semblé incohérente – ne serait-ce que dans sa présentation des études à l’université qui ne va pas DU TOUT ! – et m’a souvent donné l’impression de plonger les deux pieds dans tous les clichés possibles. Par exemple, Constance ne travaille pas et vit dans un bel appartement dans ce qui semble être une ville étudiante – donc une ville chère par définition – et entretient une relation improbable avec sa logeuse/propriétaire, une Russe qui la materne à coup de vodka. Il y a aussi quelque chose au niveau de la manière dont le récit est découpé et organisé qui m’a gêné, à savoir que parfois, on ne sait plus vraiment où on en est ni pourquoi des éléments qui nous semblaient essentiels sont soudain mis de côté voire plus du tout abordés.

« La bibliothécaire regarde Constance d’un drôle d’air. Ça y est, elle va commencer à l’attaquer à grands coups de « chhht » bien placés. Il paraît que si une bibliothécaire vous fait « chhht » juste dans le creux de l’oreille, vous pouvez devenir sourd. »

Pourtant, il me faut reconnaître un potentiel dans certaines thématiques. Si tout ce qui a trait au personnage de Weaver ne m’a pas touché, j’ai en revanche beaucoup aimé le regard de l’auteur sur l’amitié des filles, finalement plutôt toxique dans le sens où elles ne partagent pas grand-chose, si ce n’est un besoin constant de se vanner et de s’enfoncer sous le prétexte facile de l’humour et de la dérision. On est face à des personnages qui subissent, qui se plaignent mais qui n’agissent pas et s’embarquent donc dans un cercle vicieux constant qui fera d’eux tout sauf des adultes heureux. Tout ce côté29 assez désillusionné est bien mis en valeur par une plume agréable et assez mordante, qui garde la distance nécessaire face à cette histoire au final assez triste dans le fond.

En conclusion … Une lecture qui ne m’a pas convaincu dans son fond, mais dont j’apprécie la manière de restituer un certain état d’esprit assez actuel dans son ironie triste.

Merci à NetGalleyFrance et à Amazon Publishing pour ce partenariat.

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