La marque du fleuve (#6 Mercy Thompson), Patricia Briggs

« Avec toutes leurs responsabilités, Mercy et Adam n’ont pas une minute à eux. Alors quand ils parviennent enfin à prendre quelques jours de vacances dans ce charmant camping au bord de la Columbia, ils n’ont qu’une idée en tête : être au calme et ensemble. Mais le repos est de courte durée pour les amoureux, car une menace rôde dans les eaux troubles du fleuve et Mercy est la seule à pouvoir la contrer.
Une mission qui pourrait bien jeter une lumière nouvelle sur les origines de la jeune femme… »


Genre : Bit-lit   –   378 pages

Chroniques des tomes précédents : Le grimoire d’argent (#5)

[Chronique d’une suite, attention aux spoilers !]


En avril dernier me semble-t-il, je remettais le nez dans cette saga que j’avais un peu laissé de côté depuis trois ans, pour finalement découvrir un excellent tome cinq, qui se finissait étrangement : alors que Mercy avait eu la sensation de rester prisonnière du royaume des Faes une journée durant, il s’était en fait écoulé, dans la réalité, presque un mois pour ses amis et son compagnon, Adam, le chef de la meute locale de Loups. Une donnée difficile à prendre en compte pour elle. Néanmoins, sa vie semble avoir repris son cours au début de ce tome six, au plus grand bonheur des amateurs.trices de la série, puisqu’un moment que nous attentions particulièrement arrive …

« — Et pourquoi le Grand Esprit ne s’occupe-t-il pas de tout ceci ?
— Pourquoi le ferait-il ? répliqua Coyote. Ce ne sont que des mortels. La mort n’est pas une si mauvaise chose. Ce qui serait mauvais, ce serait de vivre sans défis à affronter. Sans connaître la défaite, il est impossible de savourer la victoire. Mais il n’y a pas de vie sans mort. « 

Ce tome six est placé sous le signe du voyage : Adam embarquent Mercy dans un magnifique et rutilant camping-car en direction d’un terrain rien que pour eux deux, exclusivité dont ils profitent en toute quiétude pour changer de peaux à loisir. Les problèmes leur semblent bien loin, quand tout à coup, ils entendent au bord du fleuve attenant un cri venant d’un bateau.

L’action commence alors, pour ne plus vraiment s’arrêter : pourtant ici, ni Faés frappées, ni vampires affamés. Nous partons sur le terrain bien plus intrigant des légendes amérindiennes, qui, vous le devinez, vont enfin nous en apprendre plus sur les origines de notre héroïne, un des gros points d’interrogation de la saga depuis son départ.

« Il me caressa la joue de la pulpe du pouce et fit étinceler la larme qu’il avait recueillie dans un rai de lumière.
— Tu fuis, Mercy. Tu as peut-être besoin de quelques points de suture supplémentaires ?
Je ris et m’essuyai les joues. « 

Sauf que … je n’ai pas eu vraiment l’impression d’avancer, paradoxalement, la faute à une narration qui m’a semblé un peu fouillis. L’intrigue, bien qu’intéressante, ne m’a pas vraiment emporté et m’a même semblé un peu longue. Heureusement, le dernier tiers se montre plus haletant.

Nous y retrouvons une Mercy forte, mais pleine de doutes, soucieuse avant tout des autres ; ceux qu’elle aime, bien sûr, mais aussi toutes ces personnes qu’elle ne connaît pas, et qu’elle appréhende par le biais d’une nouvelle capacité. Elle veut à tout prix faire les bons choix et démontre une propension au sacrifice incroyable. Quant à Adam, très présent dans ce tome, nous le découvrons sous un autre angle. Nous le connaissions père soucieux, chef de meute impliqué, mais ignorions le patron surchargé de travail et méconnaissions le vétéran encore marqué par les horreurs de la guerre. Des aspects très intéressants, qui donnent de la profondeur à ce personnage qui tente de lier au mieux ces multiples identités, cohabitant elles-mêmes avec son Loup et son aspect public, puisqu’il est un des emblèmes du coming-out des Loups ; ce qui, en gros, ne lui laisse pas le droit à l’erreur. Les deux personnages, jusque-là quand même fortement indépendants, apprennent à compter l’un sur l’autre et à se soutenir au mieux.

Le style de Patricia Briggs est toujours égal à lui-même dans la majeure partie du roman : fluide, très facile à lire, presque un peu « parlé » puisqu’elle nous restitue souvent les pensées de Mercy telles qu’elles lui viennent. Malgré tout, la complexité de l’intrigue proposée ici aurait peut-être méritée, pour plus de clarté, quelques paragraphes plus construits et mieux ordonnés : à voir si cette limite, puisque l’intrigue est appelée à prendre de l’ampleur, se fait à nouveau ressentir dans les tomes suivants.

En conclusion … Un volume un peu en deçà, dont l’intrigue décolle un peu tard, mais une réussite sur l’aspect ‘humain », avec un approfondissement des personnages agréables à lire.

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