Un palais d’épines et de roses (#1), Sarah J. Maas

« En chassant dans les bois enneigés, Feyre voulait seulement nourrir sa famille. Mais elle a commis l’irréparable en tuant un Fae, et la voici emmenée de force à Prythian, royaume des immortels.
Là-bas, pourtant, sa prison est un palais magnifique et son geôlier n’a rien d’un monstre. Tamlin, un Grand Seigneur Fae, la traite comme une princesse.
Et quel est ce mal qui ronge le royaume et risque de s’étendre à celui des mortels ?
A l’évidence, Feyre n’est pas une simple prisonnière. Mais comment une jeune humaine d’origine aussi modeste pourrait-elle venir en aide à de si puissants seigneurs ?
Sa liberté, en tout cas, semble être à ce prix. »


Genre : Fantasy/Romance/Young-adult  –   525 pages


Cela fait des années que je lis des articles sur les livres de Sarah J. Maas, articles se concluant bien souvent sur des coups de cœur. Forcément, ma curiosité s’est éveillée et j’ai donc (enfin) jeté mon dévolu sur sa série phare – son autre saga, Keleana, n’ayant été traduite me semble-t-il que partiellement en VF – & dont le premier tome est éponyme : Un palais d’épines et de roses.

Présenté comme une réécriture du bien connu conte de La Belle et la Bête, ce premier tome orienté young-adult rend à certains moments des hommages sous forme de clins d’œil appuyés à des situations bien connues de contes emblématiques, sans pour autant se poser comme une nouvelle version de l’histoire à proprement parler.

Nous y suivons le destin de Feyre, une jeune femme de dix-neuf ans, qui vit sur une île avec ses sœurs et son père, dans une pauvreté extrême. Ils résident en lisière de forêt, au sud de l’île, une partie qui est réservée aux humains. En effet, au nord vivent des Faes, des créatures magiques, puissantes et immortelles, dont les humains étaient autrefois les esclaves. Ces derniers, après une guerre dévastatrice, on réussit à gagner leur indépendance ainsi qu’un territoire où ils peuvent désormais vivre en liberté  protégés par un pacte de non-agression. Une frontière magique et réputée infranchissable les sépare des territoires Faes.

« C’était tout ce que je faisais depuis des années : consacrer toute mon énergie à survivre à la semaine, au jour, à l’heure qui venait. »

Autrefois, la famille de Feyre avait tout. Désormais, ils n’ont plus rien et vivent à l’étroit, dans une chaumière. Si les deux sœurs de Feyre se languissent de leurs richesses d’autrefois en lui exprimant un mépris appuyé, son père passe ses journées assis, le regard vide, à attendre on ne sait quoi. La jeune femme se trouve donc être la seule à prendre leur survie en main : elle chasse, dépèce le gibier, vend les peaux, fume la viande, et passe ses journées en forêt à relever des pièges. Ses seules instants de répit, elle les passe avec un jeune homme du village, Isaac, qu’elle retrouve parfois dans une grange isolée – grange où les deux amants tentent d’oublier un peu leur vie rude et austère.

Au détour d’une chasse, Feyre est surprise par la présence d’un loup. Un loup énorme, à la fois magnifique et terrifiant, qu’elle parvient à abattre d’une flèche dans l’oeil. Mais ce loup était un Fae et le soir-même un représentant de l’espèce vient la chercher chez elle : si elle ne veut pas mourir et sauver sa famille, elle doit le suivre dans son royaume où elle sera condamnée à rester toute sa vie.

La voici donc enfermée dans une bâtisse magnifique, entourée d’un merveilleux et immense jardin. Ses geôliers sont deux Faes : Tamlin, régnant sur le territoire, et Lucian son émissaire … et ils n’ont absolument rien de terrifiants, si ce n’est qu’ils portent tous les deux un étrange masque qu’ils sont incapables de retirer.

« -Réjouissez-vous de posséder ce cœur humain, Feyre, répondit-il enfin. Et plaignez ceux qui ne ressentent rien. »

Une fois ces bases posées, nous allons suivre la découverte par le personnage de Feyre du royaume des Faes, que ce soient son histoire ou son fonctionnement politique. Ce tome un, même s’il déroule une histoire dont le mystère se résout à la fin, est un tome tout à fait introductif, c’est-à-dire qu’il nous pose les bases d’enjeux qui courront sur toute la saga. Le monde n’est ni d’une richesse, ni d’une originalité jamais vues, cependant nous nous rendons vite compte lors de la lecture qu’il s’agit surtout de mettre en valeur le cheminement de personnages sans pour autant que le cadre semble interchangeable : il s’agit d’une romance ayant pour cadre un univers fantasy simple – voire presque simpliste – & à peu près cohérent. Il faut vraiment garder cela en tête : si ce n’est pas du tout votre tasse de thé, n’hésitez pas à passer votre chemin.

J’ai appris à aimer suivre Feyre ; si dès le départ, j’ai compris que ma lecture ne serait pas un coup de cœur, cheminer avec elle a été plaisant. C’est une héroïne YA peut-être un peu plus âgée que celles des autres YA que j’ai pu lire : elle a dix-neuf ans, est suffisamment mature pour comprendre qu’elle en fait trop pour une famille qui ne lui apporte rien et pour se morigéner à ce sujet & a une vie sexuelle qu’elle assume malgré les moqueries répétées de ses sœurs. Alors bien sûr, quelques points m’ont un peu fait lever les yeux au ciel, comme le fait que ce soit une beauté qui s’ignore ou qu’un triangle amoureux va certainement pointer son nez … Mais c’est acceptable, grâce aussi à des personnages secondaires suffisamment intéressants et mystérieux (qui sont eux aussi, d’après les descriptions beaux à se damner, mais bref).

En revanche, ça a un peu pêché pour moi au niveau de l’écriture. Le style de Sarah J. Maas m’a posé quelques difficultés. J’y ai ressenti un aspect très fan-fiction dans le déroulement de l’histoire, que ce soit dans les choix narratifs de l’autrice, ou dans certains évènements (hors de son choix de s’inspirer des contes) : on retrouve un peu d’Hunger Games par-ci, de Twilight par-là … Heureusement, Sarah J. Maas possède un univers suffisamment différent pour que cela soit facile à mettre de côté, et surtout, sans user d’un cliffhanger outrancier à la fin, elle parvient plutôt, malgré ce qui ressemble à un happy-end en sucre, à rabattre les cartes d’une façon assez maligne dans une dernière partie qui – tout en souffrant des défauts précédemment cités – se révèle haletante et assez inédite dans ce genre de littérature. Mais tout-de-même, je m’attendais au vu des multiples coups de cœur, a quelque chose de plus qualitatif à ce niveau-là. (Par contre, pour celles et ceux qui l’ont lu, on est d’accord sur le fait que l’énigme d’Amarantha était très facile non ? La réponse m’est venue immédiatement ! :-D)couv48210024

En conclusion … Un premier tome en demi-teinte, qui m’a quand même entraîné à mesure que l’histoire avançait et s’affranchissait un peu de ses encombrants modèles… Mais aussi un roman YA plus mature, qui augure tout de même du bon pour la suite. À réserver aux amateurs du genre, les aficionados d’une fantasy plus « pêchue » n’y trouveront pas leur compte !

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10 réflexions sur “Un palais d’épines et de roses (#1), Sarah J. Maas

  1. entournantlespages dit :

    Je n’ai pas tellement vu le côté fan-fiction, par contre pour le futur triangle amoureux et les personnages tous plus beaux les uns que les autres… Ça devient systématique dans le genre.
    Après, j’ai adoré l’univers magique, les escapades de Feyre dans la forêt où elle découvre différentes créatures. L’énigme d’Amarantha est effectivement trop simple mais bon, dans l’ensemble, j’ai vraiment aimé ce premier tome.
    J’ai trouvé le second plus qualitatif au niveau des personnages et de l’intrigue même si la romance prend une très grande place et que le côté revisite de conte est complètement balayé.

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  2. LadyButterfly dit :

    Je suis très mitigée à propos de Sarah J. Maas, en général. Je la trouve très immature avec des personnages féminins neuneu au possible (avec Keleana, c’est insupportable : on a nous montre une jeune assassin qui ne pense qu’à aller au bal ! ). Et les intrigues sont complètement prévisibles.

    Aimé par 1 personne

    • MahaultMots dit :

      Je vais quand même tenter le 1er tome de Keleana pour voir. Je vois tout à fait ce que tu veux dire pour les intrigues, mais après la lecture du 2ème tome d’ACOTAR et concernant les personnages féminins, je pense qu’elle fait cela pour mieux mettre en valeur leur évolution. Ce qui est maladroit au possible, on est d’accord 🙂

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  3. plumesdelune dit :

    Je suis d’accord sur le ressenti général, j’avais pas trop aimé mais pas détesté non plus. Par contre, Feyre m’avait un peu soulée sur les bords et l’univers m’avait pas intéressée du tout. J’avais pas trop vu le côté « fanfiction » par contre.
    Kin

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    • MahaultMots dit :

      Oui, le côté fan-fiction moi ça m’a sauté aux yeux mais effectivement, je n’ai pas retrouvé cela dans beaucoup de chroniques. Du coup, tu avais tenté le tome 2 quand même ? Et j’ai été lire ta chronique du coup. Tu parles de Rhysand à un moment, et de féminisme entre parenthèses : tu avais un point à soulever là-dessus (si tu te souviens, je vois que la chronique date de deux ans :-)) ?

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      • plumesdelune dit :

        Ah bin que Rhys et la relation qu’il entretient avec Feyre est très très loin d’une relation saine basée sur le respect mutuel et que le « non », il s’en balance un peu. Bref tout ça. Et comme tout le monde en faisait un foin en disant que c’était trop un gars hyper chouette et bin ça m’a un peu fait tiquer lol. Ca s’arrange peut être par la suite mais là c’est non. Et du coup, non, j’ai pas lu la suite ^^tu vas la lire toi ?

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