Un palais de colère et de brume (#2 Un palais d’épines et de roses), Sarah J. Maas

« Après avoir survécu aux défis d’Amarantha, Feyre est devenue une Fae et a hérité de pouvoirs qui échappent à son contrôle. Mais son cœur est resté celui d’une humaine, et elle ne peut effacer ce qu’elle a dû commettre pour sauver Tamlin et la Cour du Printemps…

Elle ne peut non plus oublier qu’elle a conclu un marché avec Rhysand, le redoutable Grand Seigneur de la Cour de la Nuit. Une semaine par mois, elle doit séjourner à ses côtés, dans son palais. D’abord réticente, Feyre découvrira pourtant qu’il est loin d’être le Fae cruel et manipulateur qu’elle croyait connaître. Avec lui, elle va apprendre à dompter ses pouvoirs. Et douter de ce qu’elle ressent pour Tamlin…

Mais au-delà de la Cour de la Nuit, une menace se profile. Car les desseins du roi d’Hybern pourraient bien ébranler tout le royaume des immortels. »


Genre : Romance/fantasy   –   719 pages   –   Chronique du tome 1   –

⊗Attention aux spoilers⊗


Si ma lecture du tome 1 de la série – Un palais d’épines et de roses – avait été assez laborieuse, elle avait tout de même le mérite d’avoir suscitée une envie assez pressante de découvrir la suite. Une suite dans laquelle j’ai retrouvé tous les défauts du tome 1, mais avec cette fois-ci un rythme plus soutenu au niveau de l’action, ce qui en fait malgré tout un bon moment de lecture

Nous retrouvons Feyre quelques temps après son retour à la Cour du Printemps, Cour qui retrouve peu à peu sa beauté suite à la défaite cinglante d’Amarantha et à la fin du maléfice qui touchait ses habitants. Feyre est désormais Fae, et si elle s’habitue bien à ce corps plus long et moins humain, elle sent bouillir en elle une puissance magique qu’elle ne comprend pas, d’autant plus que son moral est à moins que zéro ; le meurtre des deux Faes innocentes qu’elle a dû commettre pour libérer toutes les autres la hante – et l’idée qu’il s’agit d’un moindre mal la fait très sérieusement cogiter. N’y avait-il pas une autre solution ? 

D’autant plus que le couperet du marché qu’elle a passé avec Rhysand flotte au-dessus de sa tête. Si cela fait trois mois que ce dernier ne s’est pas manifesté, elle a le loisir de penser à lui chaque fois qu’elle regarde l’énorme tatouage la rattachant à la Cour de Nuit sur son avant-bras. Puis les comportements respectifs de Tamlyn et Lucien sont pour le moins étranges : ils ne pensent qu’à la cloitrer et la priver de toute liberté au nom de sa sécurité, alors qu’elle s’est battue pour que tous puissent vivre libre. Se sentant oppressée et à même de faire quelque chose d’irréfléchi et dangereux, Feyre, sans le vouloir, va demander le secours de la Cour de Nuit, mettant ainsi enfin en route le marché passé trois mois plus tôt, sous la montagne …

« Ce que je veux de vous ? Tout d’abord, que vous appreniez à lire. »

Malgré son score honorable de 719 pages (c’est pour le coup une belle brique !), la lecture de ce tome 2 m’a paru beaucoup plus rapide et agréable que celle du premier. Je l’avais déjà dit dans ma chronique d’Un palais d’épines et de roses : suivre Feyre est plaisant, et le tournant que prend son histoire dans ce second opus m’a plu, puisqu’elle va progressivement prendre conscience de la manière dont elle s’est laissée happer dans une relation abusive dès les premières pages. Donc, si Un palais d’épines et de roses nous laissait sur ce qui semblait un happy-end digne des plus beaux contes de fées, Un palais de colère et de brume nous donne l’étrange impression – tout comme Feyre ! – de nous être complètement fait avoir ! Et même si Sarah J. Maas ne possède à mon sens pas la plus subtile des plumes, elle pose les bases de cette toute nouvelle situation avec un certain brio (et quelques grosses ficelles). 

Le départ de Feyre vers la Cour de Nuit marque une étape importante pour l’évolution du personnage, qui va se battre pour regagner en tant que Fae l’indépendance qu’elle avait sous sa forme humaine. C’est donc – malgré un fil rouge exploitant toujours la guerre à venir entre Faes – avant tout une bataille pour elle-même et sa destinée que Feyre va devoir mener, portant ainsi un discours féministe plutôt agréable. Et même si la romance est toujours présente (et ce tome ne lésine pas sur les scènes érotiques, ce qui m’a beaucoup étonné !), elle n’entre jamais en collision avec les velléités d’indépendance de la jeune femme.

Parmi les autres personnages, rien de nouveau sous le soleil de Tamlyn et Lucien, toujours bornés à agir de manière irrationnel ; mais le plaisir vient d’ailleurs. Sans trop en dire sur Rhysand, l’autre protagoniste très présent dans ce tome est un personnage dont les motivations sont nobles, bien qu’il ait sa propre manière de mener ses plans jusqu’au bout (préparez-vous à devenir fans ;-)).

« Je n’étais pas un animal, sauvage ou apprivoisé, ni une marionnette. J’étais une survivante et j’étais forte. Je ne serais plus jamais faible et désemparée. Je ne plierais plus jamais. Je ne me laisserais plus jamais domestiquer. »

Tout n’est cependant pas parfait dans ce tome, loin de là. D’abord, le style de Sarah J. Maas, bien que moins plat, manque toujours d’un certain caractère. Si elle choisit de tout miser sur ses personnages – ce qu’elle fait bien – le cadre global et l’enchaînement de certaines actions ne parviennent qu’à mettre en valeur la faiblesse du monde dans lequel évolue Feyre, particulièrement quand certains personnages jouent à la girouette en ce qui concerne des décisions importantes. J’ai aussi souvent relevé quelques anachronismes assez pénibles : le cadre évoquant plutôt une époque comme la Renaissance, les mentions de contraception orale médicamenteuse et facile à obtenir ou de toilettes modernes, ainsi que la présence de salles de bain dotées d’eau courante dans tous les palais et maisons visités m’ont fait lever un sourcil plus d’une fois – on est chez les Faes, certes, mais tout de même !couv54094660

Lire cette saga et y prendre plaisir, c’est donc aussi mettre de côté ces petits détails qui font que tout de même, le coup de cœur n’est pour moi pas là.

En conclusion … Un deuxième tome agréable et fluide, dont on lit les 719 pages avec avidité mais qui souffre toujours de défauts bien trop flagrants sur lesquels il faut savoir passer. Frustrant !

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8 réflexions sur “Un palais de colère et de brume (#2 Un palais d’épines et de roses), Sarah J. Maas

  1. entournantlespages dit :

    J’ai adoré cette suite, bien plus que le premier tome, même si je n’ai pas trouvé l’auteure très subtile au sujet du triangle amoureux. Un devient totalement détestable pour que l’on puisse plus librement s’extasier sur l’autre (comme s’il y avait besoin de ça), ça m’a particulièrement dérangé.

    Aimé par 1 personne

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