Lumières d’Amérique (Sous le vent de la liberté #1), Christian Léourier

« 1780 : Jean de Kervadec est spolié de son héritage à la mort de son père par son oncle, armateur à Brest.
Celui-ci vend la propriété familiale à un négociant, Maxime Le Dantec. Afin d’annuler la vente du domaine, Jean doit retrouver son frère aîné, Yves, qu’il n’a jamais connu. Pour cela, il s’embarque comme matelot sous une fausse identité à destination de l’Amérique. Il compte bientôt revenir, tant pour se venger de ceux qui l’ont dépouillé que pour conquérir le cœur de Maria Le Dantec, dont il est secrètement amoureux… »


Genre : Historique, jeunesse   –   407 pages


Je suis toujours à la recherche de quoi remplir ma wish-list. Peut-être n’aurais-jamais le temps de tout lire, mais j’aime l’idée de découvrir de nouvelles envies de lecture. Alors il y a peu, je me suis employée à « stalker«  les profils de mes amis LivrAddict, en épluchant leurs lectures. C’est comme ça que je suis tombée sur ce roman jeunesse fort bien noté et écrit par un auteur ayant publié cette année le tome un d’une fantasy me faisant de l’oeil depuis le mois de mars : Le diseur de mots.

Chanceuse que je suis, le tome un était disponible à la bibliothèque. Je l’ai donc pris … et quelle bonne idée ! Voici un récit qui ne manque ni de souffle, ni d’émotions.

« Mon précepteur me jeta de biais un regard qui en disait long, mais il ne me trahit pas. Simplement, en m’embrassant avant de me quitter, il me souffla :

– Bonne chance, mon garçon. Sois patient et habile : souviens-toi que ce n’est pas la fougue d’Achille qui fit tomber Troie, mais l’astuce d’Ulysse. »

1780. Le jeune Jean de Kervadec, élevé comme un gentilhomme éclairé aux Lumières par son père marquis, vit une vie paisible dans la campagne bretonne. Pourtant, lorsque ce dernier meurt – et comme son frère aîné Yves n’a pas donné de nouvelles depuis bien longtemps – il se trouve exproprié et envoyé chez son oncle, un bourgeois qui veut en faire un prêtre.

Jean, bien décidé à retrouver son frère et à jouir de son héritage, s’embarque sous une fausse identité dans un navire à destination des Amériques. Là-bas s’y joue une guerre contre l’Angleterre, et la France y envoie de nombreuses troupes. Après une traversée lourde en épreuves, il débarque enfin, et entame une enquête dont il ignore encore qu’elle le fera rencontrer de nombreuses personnes : un esclave qui semble en savoir long, un trappeur bourru, ou encore des Algonquins et des Iroquois dont il va découvrir les mœurs et les coutumes.

« Chaque novice avait « son » matelot, qui s’employait à dégrossir le paysan ou le traîne-ruisseau embarqué par les recruteurs. Papegai m’initia à l’art de l’épissure et à la gamme subtile des nœuds. Un matin, par temps calme, il m’accorda le privilège de l’accompagner dans la mâture afin de montrer comment prendre un ris ; j’appris d’abord, ce jour-là, à lutter contre la peur du vide. « 

Comme j’ai aimé ce roman ! C’est par la plume d’un Jean plus adulte, plus mature, qui entreprend de raconter son histoire, que nous suivons ses aventures. Durant ma lecture, j’ai beaucoup pensé à Robin Hobb et particulièrement aux Aventuriers de la mer via le personnage de Hiémain, qui ressemble à mon sens beaucoup à Jean dans cette témérité ma foi toute personnelle. Jean est un jeune homme fort, courageux, parfois irréfléchi mais déterminé avant tout. Les progrès qu’il fait, la maturité qu’il gagne au fur et à mesure des  pages le rendent forcément intéressant à suivre, pour un jeune lecteur comme pour un adulte.

D’autres personnages vont croiser son chemin, souvent brièvement, avec à chaque fois une ouverture sur un monde différent à proposer. Jean a lu Voltaire, est éduqué et respectueux mais pourtant, il n’en demeure pas moins pétri de préjugés au sujet des « sauvages » – tels qu’il nomme les peuples natifs d’Amérique. Le procédé peut sembler un peu facile : il fait une rencontre qui fait forcément avancer sa quête de son frère et/ou vacouv73337944.gif lui sauver la vie. Pourtant, ça marche ! Car cette maturité intellectuelle va de paire avec celle plus personnelle ; en somme, une entrée violente dans le monde adulte – ô combien violent, lui aussi.

En conclusion … Ce roman historique et initiatique est une belle découverte, grâce à une intrigue et un rythme menés d’une main de maître par Christian Léourier. Vite, la suite !

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