The Hundredth Queen (#1), Emily R. King

« Orpheline de dix-huit ans confiée à la communauté des sœurs dans l’antique empire Tarachand, Kalinda a une destinée toute tracée : une vie d’isolement et de prière. Sujette à des fièvres, elle ne peut envisager d’être servante, encore moins courtisane ou de trouver un époux. Mais contre toute attente la visite du rajah Tarek va changer son existence à jamais. Du jour au lendemain, elle sera choisie pour devenir la centième épouse du tyran et forcée à se battre pour sa place parmi les quatre-vingt-dix-neuf autres épouses et nombreuses courtisanes.

Pour bousculer la tradition, renverser un empire et devenir maîtresse de sa propre vie, Kalinda devra faire appel à un grand courage aux côtés de son garde Deven Naik dont la compagnie est sa seule consolation. Saura-t-elle puiser la force qui l’aidera à échapper à l’emprise du Rajah ? Osera-t-elle faire appel au pouvoir magique interdit qui sommeille en elle et bouleverser les fondements d’une société ancestrale ? »


Genre : Fantasy   –   387 pages


Dans le royaume de Tarachand, les orphelines et enfants abandonnées sont confiées aux bons soins de la communauté des Sœurs. Isolées du monde extérieur et des hommes, entraînées à se battre en vue de la Confrontation – un genre de tournoi de combat – elles sont destinées si elles sont choisies à devenir courtisanes, épouses ou servantes d’éminentes personnalités. Et si elles ne le sont pas, elles deviennent à leurs tours des Sœurs, s’occupant ainsi de la nouvelle génération de pupilles.

Kalinda est l’une de ces pupilles. Âgée de dix-huit ans, elle n’est depuis quelques années que l’ombre d’elle-même. De fortes fièvres l’accablent très souvent et l’empêchent de s’entraîner correctement, lui faisant redouter le pire si une Confrontation avait lieu. Un jour pourtant, elle surprend des voix d’hommes au détour d’un couloir, et découvre un peloton de soldats semblant escorter une personnalité importante. Elle le devine rapidement, une Confrontation va avoir lieu.

Après son départ, je contemple la porte fermée à l’entrée du temple. Je pourrais l’entrebâiller et jeter un dernier coup d’œil aux hommes, mais je sais que j’ai eu de la chance de ne pas me faire punir par la prêtresse Mita. Je ne veux pas la tenter davantage.

Et à sa plus grande surprise, elle la remporte : la voici propulser centième (et dernière) femme du Rajah Tarek – rien de moins ! – un homme qui règne en tyran sur Tarachand. Ce dernier suit des préceptes religieux dont il a une lecture tout à fait personnelle, l’autorisant à avoir cent femmes et pas une de plus, ainsi que de nombreuses courtisanes, qui ont le droit de défier Kalinda au combat afin de prendre sa place en tant que centième épouse.

Elle part sur les routes escortée de soldats et d’une autre pupille choisie pour être courtisane, pour douze journées d’un voyage vers le palais, dans une confortable calèche qu’elles partagent toutes les deux, et avec dans l’idée le long parcours de combat qui l’attend et auquel elle ne se voit pas survivre. Seulement, à force de discussions et de contacts, Kalinda et l’un des soldats – Deven – tombent amoureux, au péril de leurs vies.

Le rajah Tarek prend à nouveau la parole.
– Après d’inlassables recherches, j’ai réclamé ma dernière Viraji. Kalinda, lève-toi.
Je me mets debout et l’un des frères apporte un pot de henné. Il ajoute de la teinture à la ligne à demi-effacée sur mon nez, réaffirmant mon statut de fiancé réclamée.
– Les frères approuvent cette jeune femme, déclare-t-il. Nous prions pour que votre union soit heureuse.
– Votre soutien est noté Frère Shaan, dit Tarek.

Inutile de dire que Kalinda va vite déchanter au palais, où règnent mensonges et violences. Elle va découvrir que la religion qu’elle chérit depuis son enfance a été tronquée sur de nombreux points et que le Rajah est en guerre contre un peuple de mages, les Buthas. Décidé à en faire les ennemis d’un peuple qui vit déjà dans la misère, les faits vont pourtant s’avérer bien plus compliqué, tandis que les guerres internes entre courtisanes et épouses démontrent un manque de solidarité évident que Kalinda a du mal à encaisser.

C’est auprès de Deven, à nouveau, qu’elle trouvera une oreille attentive. Kalinda est un personnage intéressant ; c’est à la fois une jeune femme très mature sur certains points, et totalement enfantine sur d’autres. Enfantine en amour par exemple, ou encore vis-à-vis de la possibilité de retourner en arrière, de retrouver sa vie d’avant – la seule qu’elle ait connue. À côté de cela, elle est aussi décidée à se faire une place : d’abord pour survivre, puis une fois son horizon élargie, pour défendre au mieux les causes auxquelles elle croit. Bref, la suivre, c’est assister à l’éclosion d’un personnage qui évolue agréablement. Les autres personnages secondaires sont tout aussi intéressants, moins subtils que Kalinda pour certain peut-être mais ils jouent leur rôle comme il le faut.

– Cherches-tu à m’exaspérer ?
– Je cherchais à vous les attacher, Votre Majesté.
Mon mensonge a un goût de poussière. D’autres soldats s’arrêtent pour écarter la foule.
– Tu n’as pas besoin de leur jeter des joyaux pour attirer leur dévotion. Mon peuple m’aime. Tu sais pourquoi ?
Le rajah Tarek m’embrasse le lobe de l’oreille, ses lèvres s’y attardant. Pour le reste du monde, nous sommes des amants partageant une conversation intime.
– Je leur donne ce qu’ils désirent le plus. Pas du pain, des vêtements ni de l’argent.
Sa voix intrusive m’emplit la tête.
– Je leur donne les tournois de rang. Je leur donne du sang.

Le monde qui entoure notre héroïne est assez intéressant. Très honnêtement, je pensais qu’il serait assez peu développé et pourtant … C’est très correct. Nous sommes dans une fantasy moyen-orientale (l’autrice évoque au début la Mésopotamie pour les inspirations) – notons qu’il est toujours agréable de sortir du médiéval européen – avec un cadre assez travaillé, notamment en ce qui concerne la vie au palais du Rajah, la religion ou encore l’histoire récente du pays.

C’est peut-être au niveau du style de l’autrice que j’émettrais une petite réserve. Il est 51zEZE8nu3L._SX195_simple et fluide, elle prend le temps de faire suffisamment de descriptions pour nous immerger et n’abuse pas des dialogues (et ça c’est très important pour mon plaisir de lecture). Cependant, trop de simplicité tue la simplicité. C’est agréable à lire mais le tout manque de fulgurances, d’une petite flamme qui aurait pu en faire un excellent roman avec un ton un peu plus adulte, quand il n’est que « bien » avec un ton qui lorgne plutôt sur le dynamisme d’un YA sans jamais vraiment parvenir à se l’accaparer. En revanche, j’ai bon espoir pour les trois tomes suivants dont les notes sont croissantes à chaque volume !

En conclusion … Un premier tome plaisant et agréable à découvrir !

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[Merci à NetGalleyFrance & à Amazon Publishing pour ce partenariat.]

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