Grand prix des lectrices ELLE : retour sur mes lectures d’Octobre et de Novembre

Cette année, je suis jurée pour le Grand Prix des lectrices ELLE ! Les lectures s’étaleront, si je ne dis pas de bêtises, de Septembre 2019 à Avril 2020. Chaque mois, nous recevons trois catégories de lectures : Roman, Policier et Documentaire, et remplissons pour chaque livre une fiche de lecture, sur laquelle nous indiquons la note – sur 20 – que nous attribuons à notre découverte. Voici mes lectures et mes notes des deux mois correspondants.


LE GHETTO INTÉRIEUR, SANTIAGO H. AMIGORENA

couv72094975« Vicente Rosenberg est arrivé en Argentine en 1928. Il a rencontré Rosita Szapire cinq en plus tard. Vicente et Rosita se sont aimés et ils ont eu trois enfants. Mais lorsque Vicente a su que sa mère allait mourir dans le ghetto de Varsovie, il a décidé de se taire.
Ce roman raconte l’histoire de ce silence – qui est devenu le mien. »

Mon avis : Ça a été une lecture forte – je pense que le très beau titre de cette œuvre est d’ailleurs bien choisi. Le sujet n’est pas évident, d’autant plus qu’il s’agit de l’histoire d’un membre de la famille de l’auteur. Malgré tout, sur un aspect purement « littéraire », ce n’est pas un coup de cœur en raison de quelques longueurs et répétitions rendant le tout redondant. Cependant, c’est une œuvre que j’encourage à découvrir : son faible nombre de pages (191) en font une lecture rapide, qui démontre bien que l’émotion passe quelle que soit la longueur d’un texte.

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19 FEMMES, SAMAR YAZBEK

« 19 femmes est le fruit d’une série d’entretiens que j’ai menés avec des Syriennes dans couv68419740leurs pays d’asile, ainsi qu’à l’intérieur du territoire syrien. À chacune j’ai demandé de me raconter ‘‘leur’’ révolution et ‘‘leur’’ guerre. Toutes m’ont décrit le terrible calvaire qu’elles ont vécu. Je suis hantée par le devoir de constituer une mémoire des événements qui contrerait le récit qui s’emploie à justifier les crimes commis, une mémoire qui, s’appuyant sur des faits incontestables, apporterait la preuve de la justesse de notre cause. Ce livre est ma façon de résister. »

Avec ce document unique, capital, sur le rôle des femmes dans la révolution, Samar Yazbek rend leur voix aux Syriennes, la voix de la résistance, la voix de l’espoir.

Mon avis : Une compilation de témoignages de femmes à la fois forte, émouvante mais aussi révoltante. La situation Syrienne est complexe et dure depuis trop d’années, et ce livre nous permet aussi de peut-être mieux comprendre le difficile quotidien des peuples de ces villes soumises à la guerre. Il était franchement difficile de mettre une note sur 20 à cette lecture.

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MON TERRITOIRE, TESS SHARPE

couv46604989« À 8 ans, Harley McKenna a assisté à la mort violente de sa mère. Au même âge, elle a vu son père, Duke, tuer un homme. Rien de très étonnant de la part de ce baron de la drogue, connu dans tout le nord de la Californie pour sa brutalité, qui élève sa fille pour qu’elle lui succède. Adolescente, Harley s’occupe du Ruby, un foyer pour femmes en détresse installé dans un motel, fondé des années plus tôt par sa mère. Victimes de violence conjugale, d’addictions diverses, filles-mères, toutes s’y sentent en sécurité, protégées par le nom et la réputation des McKenna.

Mais le jour où une des pensionnaires du Ruby disparaît, Harley, en passe de reprendre les rênes de l’empire familial, décide de faire les choses à sa manière, même si elle doit, pour cela, quitter le chemin qu’on a tracé pour elle. »

Mon avis : Le prix ELLE des lectrices me pousse dans mes retranchements en ce qui concerne le genre policier/polar, qui est vraiment celui auquel je reste le plus fermé. Lire du point de vue d’un tueur me met horriblement mal à l’aise, et les personnages de flics me laissent froides. La sélection polar/policier n’est donc pas celle dans laquelle j’ai eu pour l’instant beaucoup de coup de coeur ! Jusqu’à ce Mon territoire. Il vaut mieux se contenter du résumé avant de le lire et le découvrir sans trop en savoir, pour se laisser porter par le merveilleux personnage d’Harley et l’écriture fine et enchanteresse de l’autrice. Pour l’instant, il reste mon favori de la catégorie policier (et je pense qu’il le restera et qu’il a même toutes ses chances de gagner) !

[À noter : ce n’est pas un élément auquel je m’attache habituellement (hors fantasy en tout cas) mais la couverture est l’une des plus belles et évocatrices que j’ai pu voir.]

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DÉVORER LE CIEL, PAOLO GIORDANO

« Chaque été, Teresa passe ses vacances chez sa grand-mère, dans les Pouilles. Une nuit, ellecouv3711106 voit par la fenêtre de sa chambre trois garçons se baigner nus dans la piscine de la villa. Ils s’appellent Nicola, Bern et Tommaso, ce sont « ceux de la ferme » d’à côté, jeunes, purs et vibrants de désirs.

Teresa l’ignore encore, mais cette rencontre va faire basculer sa vie en l’unissant à ces trois « frères » pour les vingt années à venir, entre amours et rivalités, aspirations et désillusions. Fascinée par Bern, personnage emblématique et tourmenté, viscéralement attaché à la terre somptueuse où il a grandi, elle n’hésitera pas, malgré l’opposition de sa famille, à épouser ses idéaux au sein d’une communauté fondée sur le respect de la nature et le refus du monde matérialiste, à l’image de la génération des années quatre-vingt-dix, tiraillée entre le besoin de transgression et la soif d’appartenance, mais entièrement tendue vers l’avenir, avide de tout, y compris du ciel. »

Mon avis : Voilà un roman que j’ai beaucoup aimé. Son ambiance, particulièrement lente et capiteuse, m’a emporté dès le départ. On est face à une histoire qui en somme pourrait paraître peu intéressante ou anecdotique vue de l’extérieur, mais c’est l’habileté de l’auteur à nous restituer l’importance de cette histoire pour les protagonistes qui fait que le roman fonctionne. Bref, une excellente découverte. 

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NOTRE PART DE CRUAUTÉ, ARAMINTA HALL

couv45064225« Leur histoire d’amour est terminée. Le jeu ne fait que commencer.

Traumatisé par une enfance difficile, Mike Hayes menait une existence paisible, bien que solitaire, jusqu’au jour où il a fait la connaissance de Verity Metcalf. Verity lui a tout appris de l’amour et, en échange, Mike a consacré sa vie à la rendre heureuse. Il lui a trouvé sa maison, son travail, et il s’est sculpté le physique que Verity considère comme idéal. Il sait qu’ensemble ils connaîtront le bonheur.

Peu importe si elle ne répond pas à ses e-mails ou à ses appels. Peu importe qu’elle soit mariée à Angus. Cela fait partie du jeu secret auquel ils avaient l’habitude de jouer. »

Mon avis : Pas bon. Je n’ai pas vraiment aimé ce roman qui manque d’originalité et de réels enjeux. Les personnages sont bien dépeints mais le tout reste déjà-vu et caricatural.

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LE ROMAN DES GOSCINNY, CATEL

Raconter René Goscinny en bande dessinée. Et lui donner la parole, au fond, pour la couv71803035première fois. Tel est le projet de cet album exceptionnel. Un événement artistique. Et un livre de tendre amitié.
Catel, célèbre dessinatrice, travaille depuis quatre ans, avec l’appui et l’amitié d’Anne Goscinny, à ce « Roman des Goscinny » – un roman graphique où tout est vrai. 320 pages magnifiques, en trichromie, où Catel nous raconte la vie de René Goscinny. Sa naissance, dans le Paris des années 20, au cœur d’une famille juive, exilée de Pologne et d’Ukraine. Son père, chimiste, fils de rabbin. Sa mère, née en Ukraine, ayant fuit les progroms. Son grand-père, imprimeur de journaux yiddish. Son grand-frère moqueur, Claude. L’enfance en Argentine, bientôt. Et les passions de René : le dessin, le rire, puis l’écriture.
Catel nous emmène dans un voyage familial marqué par l’histoire, entre l’Amérique et l’Europe. Tandis que le jeune René cherche sa voie, lui le « paresseux contrarié », une partie de la famille meurt dans les camps d’extermination. René part à New York, frappe à toutes les portes, dessine et vit dans la pauvreté avec sa mère. A Bruxelles puis à Paris, il trouvera peu à peu sa vocation : non pas dessiner, mais écrire, scénario, sketchs, histoires. Goscinny crée, avec Uderzo, le personnage d’Astérix, qui devient très vite célèbre dans le monde entier ; mais aussi le Petit Nicolas avec Sempé. Et il est le grand scénariste de Lucky Luke et de Iznogoud.
C’est aux portes du « célèbre village gaulois » que s’arrête le premier tome du « Roman des Goscinny » : alternant avec force et tendresse des épisodes de la vie de « René » ; et ceux racontés par sa fille Anne à son amie – donnant une vérité, une drôlerie et une émotion à ce projet fondateur.

Mon avis : J’ai trouvé ça très bien de proposer une bande-dessinée parmi la sélection documentaire. Surtout car le choix était vraiment le bon : les biographies dessinées de Catel sont toujours un plaisir de lecture, et celle-ci ne déroge pas à la règle, d’autant plus qu’elle nous dépeint un homme par le biais des souvenirs de sa fille. Ainsi, l’album est très émouvant et le trait de Catel rend la lecture d’autant plus agréable. Je l’ai lu au début de mes vacances de Noël, et n’ai ouvert aucune page de roman sur les presque trois semaines qui ont suivies ; je n’ai lu que de la bande-dessinée ! On peut donc dire que c’est une réussite, non ? Parmi la sélection document en tout cas, il fait course en tête dans mes votes pour l’instant.

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