Moitiés d’âme (#1 Chroniques des Cinq Trônes), Anthelme Hauchecorne #plib2020

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Genre : Fantasy

524 pages

« La mägerie n’obéit qu’à un seul principe : elle ne peut s’exercer qu’à deux. Liutgarde le sait. Elle a pourtant fui Ortaire, l’époux qui lui avait été imposé, renonçant ainsi à son pouvoir. Exilée au nord des terres, elle serait morte sans l’aide des caravaniers et de Rollon, un mäge à l’esprit torturé. Epris l’un de l’autre, Liutgarde et Rollon se déplacent en roulottes avec leur communauté dans l’hostile forêt de la Sylverëe, ancien royaume des Faëes de l’Hiver. Mais l’équilibre de cette vie en cavale va complètement basculer, les obligeant à régler les dettes de leurs vies antérieurs. Car dans ce monde tout se sait et tout se paie un jour. Leur pouvoir et leur amour suffiront-ils à les protéger ? »

Sélectionné pour le PLIB 2020  –   #ISBN9782354887117


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Les + : Un univers original & âpre, des personnages aux relations complexes, le style de l’auteur.

Les – : Quelques longueurs.


Il m’a fallu quelques chapitres de Moitiés d’âmes pour me rendre compte qu’il ne s’agissait pas d’un livre fantasy jeunesse, mais d’un titre se situant à la limite entre le YA et l’adulte. Fantasy féérique, avec des éléments proches du conte – qui m’ont d’ailleurs évoqués un de mes précédentes lectures : L’ours et le rossignol de Katherine Arden ; sauf qu’ici, il ne s’agit pas de folklore russe mais de mythologie germanique. 

Nous suivons une caravane de roulottes de voyageurs qui errent dans la Sylverëe, l’historique forêt royaume des Faëes d’hiver, aujourd’hui présumé disparues suite à une longue guerre contre les hommes. Et c’est plus particulièrement sur l’histoire de deux des voyageurs de cette compagnie que nous nous penchons : Liutgarde et Rollon. Ces deux personnages forment un couple, bien qu’ils soient radicalement différents. Là où la jeune femme est positive, solaire et combative, Rollon est renfermé sur lui-même, torturé et résigné. Pourtant, ils s’aiment ; tous les deux mages, ils pratiquent, comme tous les humains, la mägerie à deux. En solitaire ? Seules les Faëes en sont capables, mais elles ont emporté ce secret dans la tombe. 

« Seuls, nous dérivons. Ensemble, chacun devient l’ancre de l’autre. »

Pour autant, il y a une chose que Rollon n’a jamais confié à Liutgarde : s’ils vivent dans cette forêt et son incapables de s’en éloigner, c’est parce qu’il a passé un pacte, il y a bien des années, avec un dangereux personnage. Mais à quelle(s) promesse(s) cela le condamne-t-il ? Liutgarde, loin de se résigner, va faire des pieds et des mains pour le découvrir, et vite se rendre compte que tout cela dépasse largement ce qu’elle avait pu imaginer.

Et c’est sur ce postulat de départ que ce petit bout de femme, plutôt portée sur une magie de la guérison – donc jugée peu puissante par ses confrères et consoeurs – va nous entraîner à sa suite. Soyons honnêtes : sa quête est longue, peut-être un peu trop sur certains points, mais l’univers d’Anthelme Hauchecorne est si dense qu’aucun détour, aucune explication ne semblent inutiles. Les informations arrivent à nous comme elles arrivent à Liutgarde : au compte-goutte, avec difficultés et maintes réflexions préalables. Tout cela nous rend la jeune femme inévitablement sympathique, car rares sont, dans le monde où elle évolue, les personnes droites d’esprit, fidèles et empathiques. Son monde est plutôt du genre dur et sans pitié avec les plus faibles – qui sont souvent les forts d’hier tombés entre temps – et prompt à toujours trafiquer la vérité pour la rendre plus audible. Son histoire d’amour avec Rollon en est elle-même l’incarnation parfaite : galvaudée, toxique à souhait. Pour tout ça, Moitiés d’âmes est un roman de fantasy bien plus sombre que ce à quoi je m’attendais au départ. 

« Les interprétations étaient infinie. Comme les réactions des soldats.
La plupart regardaient. Certains bâillaient, d’autres critiquaient. Une minorité restait médusée, bouche bée, absorbée dans la contemplation. Un homme se mit à hurler, à prétendre que les écailles se mouvaient, que les angles se tordaient, que la pierre vivait. Un soldat le fit taire d’une gifle et l’assomma d’un bourre-pif. Nul n’y prêta attention. Le hurleur était un artiste. Chacun sait combien ces gugusses-là avaient les nerfs fragiles. »

Ce tome très introductif – mais doté d’un fil rouge hyper intéressant – a donc bien titillé ma curiosité. L’autre point très positif, c’est le style de l’auteur. C’est la toute première
fois que je me confronte à l’une de ses oeuvres, donc je ne gagerai pas de juger son style global ; mais ici, j’ai aimé sa simplicité, ses phrases courtes du type sujet/verbe/complément/point. Son refu
s quasi-catégorique des mots de liaisons et des virgules est très rafraîchissant et étonnamment agréable à lire ;
soulignons aussi que la subtilité dont il fait preuve lorsqu’il dépeint ses différents personnages (principaux comme secondaires).

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En conclusion … Nous avons donc une histoire inventive, un style travaillé, des personnages réussis et la promesse d’une histoire ample et dense : un bon premier tome !logoplib2020

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