Undercover : Avoir 20 ans à la CIA, Amaryllis Fox

couv70498356Genre : Mémoires

300 pages

« À vingt et un ans, Amaryllis Fox est recrutée par la CIA. Sa première mission est d’analyser des centaines de communications top-secrètes transmises par des sources du monde entier, et de les synthétiser pour le rapport journalier que fournit l’Agence au Président des États-Unis. Elle est ensuite affectée au centre antiterroriste dédié à l’Irak. À vingt-deux ans, elle intègre, plus tôt que l’âge minimum requis, le célèbre centre d’entraînement des officiers opérationnels de la CIA, « la Ferme », où pendant six mois elle va apprendre à se servir d’un pistolet Glock, à se débarrasser de ses menottes quand elle est enfermée dans un coffre de voiture, à résister à la torture et découvrir les meilleurs moyens de mettre fin à ses jours au cas où elle se retrouverait prisonnière. À la fin de cette formation intensive, elle est envoyée sur le terrain comme agent opérationnel clandestin. En se faisant passer pour une marchande d’art ethnique, elle va infiltrer des réseaux terroristes au fin fond du Moyen-Orient et en Asie.
Undercover retrace le parcours hors-norme d’Amaryllis Fox où se mêlent à parts égales courage héroïsme et une compassion infinie pour le genre humain… Captivant, jubilatoire, intime et brillant. »


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Les + : Un texte très humain, une trajectoire de vie forcément intéressante.

Les – : Certains moments survolés (mais cela paraît logique, non ?).


Quand on arrive sur la fin de sa vingtaine – comme c’est un peu mon cas désormais – il y a forcément un moment où l’on se prend à faire le bilan de sa vie. Et lorsque Amaryllis Fox fait le sien, elle se rend compte d’une chose : elle ne sait pas qui elle est, mais sait qui elle aimerait devenir. Alors, elle démissionne de son premier emploi : agent de terrain … à la CIA. Vous l’aurez compris : ses débuts dans l’âge adulte ne sont pas vraiment ceux du tout à chacun.

Elle a vingt-deux ans lorsque l’Agence la recrute. Si elle se fait remarquer, c’est pour plusieurs raisons qui, misent bout à bout, parviennent à attirer l’attention des services secrets : une année de volontariat à la frontière Birmane marquée par un coup d’éclat, des études brillantes couronnées par la mise au point d’un algorithme destiné à déjouer les attentats et un intérêt poussé pour les pays du Moyen-Orient. Et si elle accepte, c’est parce que dans son pays viennent d’avoir lieu les attentats du 11 septembre 2001.

« Mais avant que les toits de Rangoon ne disparaissent de notre vue, notre gardien s’endort, calé entre le dossier et la fenêtre. C’est la première fois que j’ai l’occasion d’étudier vraiment son visage. Il paraît fatigué, même dans son sommeil. Qui est-il ? Quelle est sa famille ? Quels sont ses démons, les choix qu’il a dû faire et qui hantent la nuit ? Ma rancœur à son égard diminue. Et moi, me serais-je insurgée contre les militaires dans mon propre pays ? Ou aurais-je opté pour la survie, une fois convaincue que résister signifiait la mort ou des horreurs pires encore pour ma mère, mes soeurs, mon père et mon frère ? Dans la pénombre de ce wagon, je m’aperçois que je n’ai pas la réponse. Nous sommes pleins de certitudes quand on connaît la liberté, et qu’on peut la respirer à pleins poumons, mais c’est une autre affaire ici, dans cette atmosphère suffocante . Comment être sûr qu’on aurait tous pris les armes ? »

Elle travaillera toujours sous son identité réelle, mais taira son activité, se faisant passer pour une experte en négoce d’art ; elle exercera aux USA, mais aussi à Shanghai et se déplacera souvent dans plusieurs pays du Moyen-Orient au gré de ses ordres de mission. Son principal objectif demeurera le même : flairer des alliés potentiels, les approcher et les faire travailler pour les USA. Un travail de longue haleine, pas dénué de risques, mais bien loin de l’imaginaire collectif et du mythe de l’espion qui court les aventures.

« Être une femme à la CIA, c’est appartenir à un petit cercle – un groupe qui déjeune rarement dans les belles salles du septième étage, réservées aux pontes, qui va rarement se détendre après le boulot dans les clubs pour hommes qui pullulent à McLean. Certes, les femmes cadres dans un monde du travail classique doivent, elles aussi, combattre le diktat de leurs homologues masculins. Mais cette discrimination n’est rien comparée à celle imposée par les patrons de l’Agence, ces vieux de la vieille qui ont servi ensemble pendant la grande époque de la guerre froide. »

Amaryllis Fox n’occulte pas des sujets plus personnels. Il se trouve qu’elle a même écrit ce livre plutôt dans cette idée ; car si elle revient sur ses différentes opérations, elle aborde surtout le sujet de l’identité et de la construction – compliquée – de sa personnalité d’adulte alors que son quotidien se résume à faire semblant. Le récit qu’elle nous offre est donc certes haletant, mais également porté sur l’émotion et les sentiments. Jusqu’où le patriotisme permet-il de renoncer à soi ? Mêlant situation politique et observations bien plus personnelles, son livre est surtout un appel à plus d’humanisme dans la relation à l’autre, même si cet autre est l’ennemi.

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En conclusion … Une lecture intéressante, qui a le mérite de défendre un point de vue auquel je ne m’attendais pas en commençant ce livre. Nul besoin d’être passionné.e de relations internationales pour se plonger dans cette tranche de vie accessible au plus grand nombre.


Merci à NetGalleyFrance et aux éditions J.C. Lattès pour ce partenariat.

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