Waterwitch, Alex Bell

couv57377057Genre : Fantastique

272 pages

« Certaines malédictions deviennent de plus en plus puissantes avec le temps…
Suite à un accident, Emma a perdu l’usage de ses jambes. Sept ans plus tard, l’adolescente revient en Cornouailles, sur les lieux du drame : l’auberge familiale du Waterwitch, gérée par sa grand-mère mourante. Ce bâtiment a été construit avec le bois d’une épave, celle d’un navire au passé trouble, maudit raconte la légende.
Parmi les sombres secrets qui hantent l’auberge se cachent des fantômes du passé.
Et l’un d’eux est particulièrement en colère. »


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Les + : Une ambiance travaillée, un personnage d’adolescente original.

Les – : Le manque d’interactions entre les personnages principaux, la fin trop brutale.


La collection Cheshire des éditions du Chat noir, de laquelle Waterwitch est issu, propose des titres jeunesse/jeunes adultes brassant tous les genres SFFF, de la science-fiction au fantastique. J’avais lu il y a quelques années les très bons De l’autre côté du mur (d’Agnès Marot, plutôt à classer du côté de la dystopie) et Les herbes de la lune (d’Anne Laure, orienté fantasy), mais ne m’était pas spécialement penchée sur le catalogue de la maison d’édition depuis (exceptée Comment le dire à la nuit de Vincent Tassy, de la collection Griffe Sombre, plutôt orientée vers les récits gothiques). 

Waterwitch nous déroule dès son début un récit fantastique classique. Trois narrateurs vont se partager la parole. 

Tout d’abord, il y a Emma. Elle a dix-sept ans et se déplace en fauteuil roulant depuis quelques années, aidée par son chien Bailey. Titulaire du permis de conduire depuis peu, elle décide sur un coup de tête de partir en Cornouailles – région où elle a grandi avant d’en déménager – (l’histoire prend place en Angleterre, de nos jours) voir sa grand-mère en hospice. Une grand-mère avec laquelle les liens sont rompus depuis trop d’années. En cause ? L’accident qui a handicapé Emma a eu lieu dans l’auberge de cette aïeule, réputée maudite.

« – Mais mamie, dis-je gentiment, tu as toujours raconté que les aubergistes de Cornouailles inventaient des histoires de fantômes pour attirer les touristes.
– La plupart font sans doute ça, répondit-elle, peut-être tous, je ne suis plus si sûre. Mais je sais que le Waterwitch est différent. Il y a… une présence mauvaise. Oh, je sais à quel point ça doit paraître fou, je sais vraiment. Mais si tu avais vu ce que j’ai vu ces derniers mois, Emma, tu ne douterais pas un seul instant. »

Elle retrouvera sur place deux personnes présentes lors de son accident – s’avérant être également nos deux autres narrateurs. Jem a le même âge qu’Emma. Meilleurs amis autrefois, ils ont perdu le contact suite au départ de la jeune femme – ce dernier ignore même qu’elle est en fauteuil roulant. Shell, quant à elle, est sa jeune sœur ; une adolescente qu’on dit habitée par une folie douce, puisqu’elle est depuis toujours sensible aux manifestations paranormales. Mais à ce sujet malheureusement, personne ne la croit. 

La particularité du Waterwitch, c’est qu’il a en parti été construit avec le bois d’un bateau homonyme, il y a des centaines d’années de cela. Un bateau maudit, qui a enchaîné les catastrophes de sa construction à sa brève mise en service. Le tourisme local joue à fond la carte des légendes marines et des rumeurs de sorcellerie, mais pour les anciens clients du Waterwitch, le phénomène semble avoir pris bien trop d’ampleur. L’auberge se traîne une réputation désastreuse sur Internet et est à l’arrêt depuis l’hospitalisation de sa propriétaire. Malgré tous ses indices, Jem et Emma restent – chacun pour des raisons qui leurs sont personnelles – très terre à terre et peinent à croire Shell. La jeune femme vit pourtant plus d’une manifestation inquiétante, tout comme eux. 

« Une fois que vous avez vu la sorcière, il n’y a pas de retour possible. Une fois que vous avez vu son visage, tout est fini. »

Un récit tout à fait classique se dessine donc. La “sensible”, les sceptiques, un village marqué par une vieille histoire … L’autrice le fait cependant habilement, et nous suivons l’avancée de ce petit monde avec intérêt. Si Emma et Jem ne sont pas des personnages surprenants, il en va autrement de Shell, qui se voit dessiner au fur et à mesure du récit une personnalité ambivalente et surprenante, doublée d’un aspect “vieille âme” qui lui confère une maturité et une résilience appréciable. Les deux autres, et particulièrement Jem, font un peu pâle figure à côté d’elle, d’autant plus que les liens de ce dernier avec Emma sont peu/mal retranscrits. Ils étaient certes amis auparavant, mais à aucun moment nous n’avons l’impression d’assister à des retrouvailles. C’est l’aspect raté/frustrant du roman : l’impression qu’il manque des scènes est vivace et nuit à la fluidité du récit. Cela donne l’impression que l’autrice n’a pas su marier l’intrigue fantastique et les aspects plus personnels du récit. Notons également la fin abrupte, qui a renforcée cette impression.

L’utilisation des superstitions marines est déjà vue, mais confère au récit un aspect familier. Ainsi, on y entre très facilement ; la plume de l’autrice est agréable, parfois dérangeante. Nous sommes dans un roman pour adolescents, donc la violence est réellement mesurée mais elle est tout de même présente, sans que cela soit choquant ou effrayant. Waterwitch ne vous procurera donc pas un grand frisson ni une grande plongée dans l’inconnu, mais c’est somme toute un roman fantastique correcte et divertissant.

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En conclusion … Waterwitch ne remplit que la moitié du contrat ; si certains aspects du récit sont efficaces et surprenants, d’autres semblent bâclés et/ou inaboutis. Reste un récit divertissant, qui malheureusement ne me laissera pas un grand souvenir.

4 réflexions sur “Waterwitch, Alex Bell

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