Le cri du loup (#1 Alpha & Oméga), Patricia Briggs

couv25170144Genre : Bit-Lit

363 pages

« Anna est un loup-garou.
Elle découvre un nouveau sens à son existence quand le fils du roi des loups-garous débarque en ville pour réprimer les troubles au sein de la meute de Chicago… et qu’il insuffle à Anna un pouvoir qu’elle n’avait jamais ressenti. »


 

 

 

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Les + : Des personnages – principaux comme secondaires – très travaillés, en apprendre plus sur les Loups, le récit à la troisième personne.

Les – : Quelques longueurs.

Avis précédent :

Alpha & Oméga, tome 0 : L’origine (novella)

[Chronologiquement, ce tome a lieu avant le tome 1 de la saga Mercy Thompson.]


Alpha & Oméga est une saga spin-off de la bien connue série bit-lit des Mercy Thompson. Si vous avez lu cette dernière – ou du moins une petite partie – des noms tels que ceux de Bran, Samuel ou Charles vous sont connus. Bran est le Marrok (chef) des loups d’Amérique du Nord, et Samuel et Charles sont ses fils. Si le premier vit en colocation avec la fameuse Mercy et n’est que de passage ici, le second en revanche prend la vedette.

Charles est bien plus jeune que son père et son frère ; mille années au moins les séparent. Il a environ cent-cinquante ans et est depuis longtemps l’exécuteur, l’assassin de son père. Celui qui gagne tous les combats qu’il doit mener contre les chefs de meute renégats, les loups solitaires déviants et autres problèmes qui pourraient s’offrir à cette communauté surnaturelle qui n’a pas encore révélé, au moment de ce tome 1, son existence au monde. L’Alpha du titre, c’est donc lui, un homme solitaire parce qu’il peut être amené à devoir tuer n’importe qui sans hésiter, pour le bien de son espèce.

« – Alors Mercedes a décidé de te pardonner ?
– Mercy ? (Samuel leva les yeux au ciel mais, pour la première fois depuis longtemps, les ombres disparurent de son regard.) NOTRE Mercy, qui ne se met pas en colère si elle peut te rendre la monnaie de ta pièce ? Bien sûr que non.
– Comment diable as-tu fait pour qu’elle accepte que tu emménage avec elle ?
– Elle ne l’a pas encore fait, dit-il, confiant. Mais ça ne va pas tarder. »

L’oméga, c’est Anna. Cela ne fait que quelques heures qu’elle connait Charles au début de ce tome, qui est la continuité parfaite de la novella considérée comme tome 0 L’origine, incontournable pour vraiment saisir les prémices de l’histoire de notre héroïne sur lesquels je ne reviendrai pas ici.

La citadine Anna quitte donc Chicago et déménage dans le Montana, un état particulièrement rural (deux habitants en moyenne/km²) où demeurent Charles, son père Bran ainsi que leur meute, majoritairement composée de loups fragiles et/ou âgés. Elle élit domicile chez Charles ; mais même si leurs loups semblent profondément liés, ils ne se connaissent que très peu. Ce qui leur arrive est inédit de mémoire de loups et effrayant pour chacun d’entre-eux, et c’est sous ce prisme que s’entame leur histoire.

Comme dans toutes bit-lit, il y a un fil rouge de fond, certes, mais aussi une enquête. Ici, elle concerne de mystérieux meurtres commis dans un parc naturel du Montana. Un garde-forestier blessé en est certain : il a vu un loup-garou. Un solitaire, suppose Charles et son père, qu’il va certainement falloir exécuter. Voici donc Anna et Charles partis raquettes aux pieds en randonnée punitive. Le mystère exposé est plutôt intéressant, puisqu’il implique notamment deux personnages de loups particuliers : un vétéran (comme Adam dans Mercy Thompson, c’est une autre des thématiques avec les violences sexuelles qui tiennent à coeur à Patricia Briggs, l’autrice) et un loup européen très âgé surnommé Le Maure

La résolution est réussie,  mais soulignons tout de même que le milieu du roman aurait sans problème pu être amputé d’une trentaine de pages au moins. Il y a en effet beaucoup de longueurs et de répétitions sur un moment précis aux alentours des deux-cents pages, avant que le récit ne retrouve son rythme de croisière.

« Son jugement, après la débâcle de la nuit dernière, prit totalement Charles par surprise. Il la regarda, mais elle avait fermé les yeux et s’était pelotonnée pour faire un somme…son Anna, qu’il avait terrifiée même pas cinq minutes auparavant. Dormir n’était pas la réaction habituelle quand il expliquait qu’il tuait des gens. »

Ce qui importe dans Alpha et Omega, ce sont avant tout les personnages : Charles a sa solitude, Anna a ses traumatismes. Foncièrement différents, ce sont deux lycanthropes qui se sont beaucoup reposés sur leurs loups. Est-ce pour cela que ce sont d’abord eux qui se lient, avant que ce ne soit les sentiments qui s’en mêlent ? C’est ce que je comprends à l’issue de ma lecture, et c’est passionnant d’explorer plus en profondeur ces deux entités forcées de trouver un équilibre entre elles : loup et humain, partageant la même enveloppe.

Ainsi, l’emploi de la troisième personne est un vrai plus ; cela nous sort des canons de la bit-lit (donc de la première personne) et nous permet de prendre plus « d’altitudes » sur le vécu de chacun, d’aborder par exemple avec habileté et tact la question des violences sexuelles, que ce soit le point de vue de la victime – ici Anna en l’occurence – mais aussi de l’entourage – ici Charles. Tous les deux se posent des questions sur la sexualité, le couple ou encore le désir. La relation au Loup est également beaucoup plus détaillée ; celle que Charles entretient avec le sien m’a d’ailleurs lointainement évoqué Fitz Chevalerie et son Loup dans L’assassin Royal de Robin Hobb.

Ce choix d’écrire à la troisième personne permet aussi de donner la parole à des personnages secondaires passionnants. Les créatures surnaturelles sont quasi-immortelles et pleines de mille histoires ; elles ont traversé les époques et j’aime quand la bit-lit s’intéresse à cela. En apprendre plus sur Bran par exemple, mais aussi suivre Le Maure, alias Asil, un loup extrêmement âgé qui est certain de devenir fou, comme cela arrive parfois. Un personnage ni bon ni mauvais semblant déconnecté du monde – mais attaché à ses roses qu’il entretient avec une rigueur obsessionnelle – qui m’a touché, là où l’emploi de la première personne donne souvent l’impression de rester en surface dès qu’il ne s’agit plus du personnage principal.

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En conclusion … Plus « psychologisant » que les Mercy Thompson, ce tome 1 d’Alpha et Omega nous démontre que Patricia Briggs est une des meilleures autrices de bit-lit sur bien des aspects. Malgré un petit passage à vide en milieu de lecture, la qualité est au rendez-vous.

11 réflexions sur “Le cri du loup (#1 Alpha & Oméga), Patricia Briggs

  1. tampopo24 dit :

    Effectivement même s’il partage l’univers de Mercy, l’ambiance est très différente et peut-être plus mature et sombre ici, ce qui a fait que j’ai aimé la série malgré les ressemblances ^^’
    Il faudra que je reprenne et me mette à jour cet été 🙂

    Aimé par 1 personne

  2. Souffleuse de mots imaginaires dit :

    Je ne connaissais pas du tout cette saga, mais elle m’a l’air intéressante, avec cet aspect psychologique et ses personnages qui semblent assez bien travaillés ! Je le garde en mémoire, merci pour cette découverte !

    Aimé par 1 personne

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