Eldrid (#1), Camille Endell

couv16993374Genre : Roman historique

210 pages 🇫🇷


« Angleterre, XIe siècle. Les combats entre Saxons et Vikings ravagent le pays tout entier.

Eldrid est née saxonne, mais a été capturée très jeune par les hommes du Nord. Elle a grandi au sein d’un clan viking et nourrit depuis toujours un amour défendu pour Erling Bjarnason, le chef de la horde. Alors qu’un raid saxon approche, ceux qu’elle considère désormais comme les siens décident de partir pour le Danemark. Mais un affrontement sanglant survient, et seule Eldrid, du fait de ses origines, échappe au massacre. Elle est recueillie par Godwin, un soldat saxon. Pour lui, elle est une captive qu’il vient de libérer. Pour elle, il est l’homme qui a exécuté ceux qu’elle aime. Pour survivre, Eldrid devra choisir. Liens du cœur ou liens du sang ? Dans un pays déchiré par la guerre, il n’y a pas de compromis possible… »


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Les + : Lecture fluide et rapide.

Les – : Un cadre historique peu développé ; des personnages et situations incohérents ; trop peu de descriptions.


Je suis devenue récemment assez curieuse des romans historiques ayant pour cadre le Haut Moyen-Âge européen – c’est-à-dire (merci de tenir compte du fait que je ne suis pas une historienne chevronnée) entre la fin de l’Empire Romain d’Occident et les années 1000. Il y a énormément de livres tournant autour des XIV-XVème siècles mais pour le reste … L’impression m’est faite qu’on en trouve moins.

Eldrid, si on s’en tient strictement aux dates, prend donc place au début du XIème siècle, se situant donc un peu à la confluence des périodes. Eldrid, c’est le nom de la jeune fille de seize ans que nous allons suivre dans ce roman. Née Saxonne, elle a néanmoins grandi au milieu des Danois : elle est une prise de guerre, suite à un assaut, et est ainsi devenue esclave à l’âge de quatre ou cinq ans. Aucun souvenir de son ancienne vie ne subsiste donc, si bien qu’elle ne parle que le norrois.

 

« Erling Bjarnason avala une gorgée du liquide.

– Dis-moi, ambàtt, que fêterons-nous ce soir ?

Il la fixait à nouveau, avec une insistance qui la fit frémir.

– Nous … nous fêterons votre retour de raid, Jarl. »

 

À la suite de multiples invasions, beaucoup de Danois – à l’image du clan d’Eldrid – vivent dans le nord du royaume d’Angleterre. Cependant, le roi Æthelred choisit de les en chasser en commanditant diverses campagnes guerrières. C’est ainsi qu’Eldrid est arrachée à son camp, ainsi qu’à ce Jarl qu’elle idôlatre, par un jeune soldat idéaliste du nom de Godwin.

Godwin qui, à la tête de sa troupe, va devoir expliquer aux autres mais aussi à lui-même pourquoi il garde en vie cette jeune fille très clairement hostile. La consigne est pourtant claire : pas de prisonnier. Certes, elle a réussi à leur faire comprendre à tous qu’elle est saxonne, comme eux, mais il est flagrant pour tous que son allégeance est trouble. Tout est d’ailleurs très confus dans l’esprit d’Eldrid : folle amoureuse de son Jarl, tirée brutalement de la seule culture qu’elle ait réellement connue … Son rejet est total, mais il lui faudra pourtant faire un choix.

La lecture d’Eldrid n’a pas été à la hauteur de mes attentes. Autant avais-je reproché à la récente Saga des Vikings de Lynnea Hartsuyker de trop vouloir en dire du point de vue historique – au point de délaisser ses personnages – autant ici, c’est tout l’inverse. Si l’autrice semble avoir fait des recherches concernant le vocabulaire – elle distille ça et là quelques mots en italique – un manque flagrant de données historiques plus poussées nous donne la désagréable impression que ce « fond » de l’histoire est interchangeable, purement au service d’un triangle amoureux maladroit qui se dessine. J’ai bien conscience que ce n’est pas la vocation première de ce roman, mais cela m’a manqué lors de ma lecture. Certains petits éléments valent pourtant le coup, comme par exemple ce moment de discussion entre le moqueur souverain Danois – qui est chrétien – et le Jarl d’Eldrid, dont le clans longtemps isolé fait subsister les mythes nordiques. C’est vers ces petites touches rendant le récit plus plausible que j’aurais aimé voir le roman aller.

 

« Pouvait-il percevoir le fait qu’elle le haîssait de toute son âme, lui qui avait massacré tant d’innocents ? Se doutait-il qu’elle n’était saxonne que par son sang ? Qu’elle ne serait jamais des leurs ? »

 

Au lieu de cela, l’autrice recourt à des faits peu probables. Sans entrer dans les détails, beaucoup de rebondissements trop invraisemblables ont gâché mon plaisir de lecture, à commencer par le destin d’Eldrid, qui commet toutes les trahisons possibles sans jamais être inquiétée. Cela est improbable, quand bien même elle serait protégée par un éminent personnage, non ? Elle incarne de toute manière une protagoniste à laquelle j’ai peu cru, jusque dans ses hésitations. Il en va de même pour Godwin, le soldat saxon qui la constitue prisonnière. Son caractère est difficilement identifiable, de même que ses motivations. Jamais son histoire n’est parvenue à me toucher.

Au niveau du style, il me faut avant tout dire que ma lecture a été fluide. C’est un roman qui se lit extrêmement rapidement. Si j’ai été gênée par quelques répétitions – notamment en ce qui concerne les pensées des différents personnages – l’utilisation de la troisième personne du singulier permet de jongler facilement d’un personnage à un autre et de varier les points de vue. La plume de Camille Endell est malgré tout loin d’être désagréable, bien qu’il m’ait tout de même manqué quelques descriptions, notamment des divers environnements que nos personnages parcourent. Tout revient très vite à leurs pensées et leurs sentiments contradictoires, occultant ainsi le cadre, alors que le récit y gagnerait pourtant beaucoup en devenant plus immersif.

 

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En conclusion … Je pense clairement m’être trompée sur ma lecture en amont. J’attendais un roman historique teinté d’une romance compliquée, mais la faible exploitation du contexte m’a frustrée. J’arrêterai donc ici ma découverte de cette saga. Dommage !


Merci à NetGalley France & HLab pour ce partenariat.

6 réflexions sur “Eldrid (#1), Camille Endell

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