Grand Prix ELLE des lectrices 2020 : Bilan et mes favoris

Ça y est, c’est terminé ! J’ai envoyé aujourd’hui mes derniers retours mensuels de la sélection du prix ELLE des lectrices … Alors, j’ignore comment la remise des prix se déroulera cette année, mais ça a été une très belle aventure. « Livresquement » parlant, je me suis poussée dans mes retranchements en lisant du coup chaque mois un roman policier – ce qui n’était pas évident pour moi ! ; en m’obligeant à prendre des notes ou encore à terminer des romans que je n’appréciais pas.

Bref, ça a été une expérience de lecture qui a bouleversée mes habitudes. Voici un petit récapitulatif de mon année, ainsi que mes favoris par catégorie …


 

ROMAN

C’est la sélection la plus « équilibrée » en ce qui me concerne, puisque je les ai quand même tous trouvés plutôt bons. Le problème, c’est qu’aucun ne s’est vraiment dégagé : je n’ai pas eu UN gros coup de cœur. Le plus décevant a sans conteste été Un mariage américain, de Tayari Jones que je voulais lire avant même de savoir qu’il faisait partie de la sélection. Si j’aimé l’idée de fond (parler du racisme aux US, ainsi que du système judiciaire), la forme ne m’a pas du tout plu en raison notamment d’un style un peu faible (deux narrateurs qui ne se distinguent nullement). Je garde de beaux souvenirs du livre Le ghetto intérieur de Santiago Amigorena, qui était peut-être le plus touchant de la sélection.

Et mon gagnant est …

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DÉVORER LE CIEL, PAOLO GIORDANO

« Dix ans après La Solitude des nombres premiers, un adieu à la jeunesse, un bouleversant roman d’amour et d’amitié.

Chaque été, Teresa passe ses vacances chez sa grand-mère, dans les Pouilles. Une nuit, elle voit par la fenêtre de sa chambre trois garçons se baigner nus dans la piscine de la villa. Ils s’appellent Nicola, Bern et Tommaso, ce sont « ceux de la ferme » d’à côté, jeunes, purs et vibrants de désirs.

Teresa l’ignore encore, mais cette rencontre va faire basculer sa vie en l’unissant à ces trois « frères » pour les vingt années à venir, entre amours et rivalités, aspirations et désillusions. Fascinée par Bern, personnage emblématique et tourmenté, viscéralement attaché à la terre somptueuse où il a grandi, elle n’hésitera pas, malgré l’opposition de sa famille, à épouser ses idéaux au sein d’une communauté fondée sur le respect de la nature et le refus du monde matérialiste, à l’image de la génération des années quatre-vingt-dix, tiraillée entre le besoin de transgression et la soif d’appartenance, mais entièrement tendue vers l’avenir, avide de tout, y compris du ciel. »

J’ai beaucoup hésité entre ce titre et Et toujours les forêts de Sandrine Collette. Néanmoins, je dois avouer que Dévorer le ciel est celui qui a le plus « rempli les cases » : une belle histoire, un style franchement parfait, des réflexions intéressantes sur le mince filet qui sépare l’amour de la haine et des personnages cassés, presque marginaux. Je me suis sentie d’autant plus à l’aise en le lisant que je connais assez bien l’auteur pour avoir lu deux autres de ses romans. En revanche, je ne pense pas qu’il recevra le prix, car les avis d’autres jurées n’étaient pas spécialement tous positifs. Je parierai plutôt sur Rien n’est noir de CLaire Berest


 

POLICIER

C’était la sélection qui me faisait le plus peur ! En effet, je lis très peu de romans policier/polar : c’est un genre, peut-être même LE genre avec lequel j’ai beaucoup de difficultés. Alors, il y a des titres que j’ai franchement trouvé en-dessous : Le couteau de Jo Nesbo (des Harry Hole, je n’ai lu que Le bonhomme de neige), Notre part de cruauté d’Araminta Hall ou encore Une famille presque normale de M.T. Edvardsson. Eeeeeeet, à mon grand étonnement … J’y ai aussi fait deux de mes meilleures lectures fictionnelles de ce prix ; tout d’abord, Sacrifices de Ellison Cooper – classique mais très efficace, tellement que j’en ai fait une chronique à lire >>ICI<< – ainsi que le merveilleux Mon territoire de Tess Sharpe. Les autres étaient plutôt classiques : de bonnes lectures, mais vite oubliées.

Mon gagnant sera donc …

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MON TERRITOIRE, TESS SHARPE

« À 8 ans, Harley McKenna a assisté à la mort violente de sa mère. Au même âge, elle a vu son père, Duke, tuer un homme. Rien de très étonnant de la part de ce baron de la drogue, connu dans tout le nord de la Californie pour sa brutalité, qui élève sa fille pour qu’elle lui succède. Adolescente, Harley s’occupe du Ruby, un foyer pour femmes en détresse installé dans un motel, fondé des années plus tôt par sa mère. Victimes de violence conjugale, d’addictions diverses, filles-mères, toutes s’y sentent en sécurité, protégées par le nom et la réputation des McKenna.

Mais le jour où une des pensionnaires du Ruby disparaît, Harley, en passe de reprendre les rênes de l’empire familial, décide de faire les choses à sa manière, même si elle doit, pour cela, quitter le chemin qu’on a tracé pour elle. »

Que vous soyez amateurs.rices de polar ou pas, lisez-le ! J’espère sincèrement qu’il remportera le prix, il le mériterait grandement.


 

DOCUMENT

La sélection documentaire a été un vrai bonheur de lecture. Aucun d’entre eux ne m’a déplu. Le consentement de Vanessa Spingora a été une lecture forcément très puissante, de même que Des hommes justes d’Ivan Jablonka – qui nous parle de féminisme et de masculinité avec érudition et bienveillance. Jonathan Safran Foer nous fait réfléchir sur notre consommation – végétalien convaincu, il prend soin de parler à tout le monde sans violence ni jugement, mais avec une réthorique implacable. 19 femmes de Samar Yazbek … Il m’a à vrai dire été très difficile de donner une note à ce document qui recueille le témoignage de dix-neuf femmes syriennes qui nous racontent l’horreur, mais aussi l’espoir. Le roman des Goscinny par Catel m’a fait découvrir un homme illustre, Jouir de Sarah Barmak chez la géniale maison d’édition ZONES ainsi qu’Honoré et moi de Titiou Lecoq m’ont fait rire tout en m’apprenant énormément de choses. Le courage des autres d’Hugo Boris et ses instantanés des transports franciliens m’ont fait plongé dans un état étrange, alors que je me tiens loin de ces mêmes transports depuis quelques semaines.

Et après un choix cornélien, je désigne …

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HONORÉ ET MOI, DE TITIOU LECOQ >>lire ma chronique<<

J’ai adoré cette biographie (qui se dévore !) à la fois hilarante et érudite, qui m’a transportée auprès de Balzac et sa fantastique vie ; mais ce que j’ai particulièrement aimé, c’est le recul que prend l’autrice sur les différents portraits qui ont été faits de l’auteur et de ses proches – notamment sa mère – en nous faisant réagir sur la « fiction » dont Balzac semble avoir lui-même entouré sa vie. Je pense qu’il a de grandes chances de victoires d’ailleurs, au coude-à-coude avec Le consentement de Vanessa Springora (prix qu’elle mérite amplement).


Et si à votre tour, vous vous inscriviez ? Les candidatures – si cela se passe comme l’année dernière – seront ouvertes début mai. Il faudra répondre à quelques questions et soumettre deux critiques sur deux livres de son choix, dont un paru dans l’année écoulée. L’année dernière (2019), les lectrices avaient distingué ces quatre titres (les deux premiers sont ex-æquo dans la catégorie ROMAN) : 

L’empreinte a été d’ailleurs été un de mes coups de cœur en 2019 : lire mon article.

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