Clémente nous soit la pluie (#4 Récits du Demi-Loup), Chloé Chevalier

couv12749930Genre : Fantasy 🇫🇷

544 pages


« Au fond d’elles-mêmes, elles le savaient déjà. Depuis le début. Elles s’étaient juste efforcées de l’oublier, pendant toutes ces années. Pourtant la solution se tapissait là, patiente, attendant son heure dans le plus sombre recoin de leur mémoire.
L’unique et dernier espoir du Demi-Loup. Mais aussi le plus fondamental, le plus douloureux, de tous leurs devoirs de Suivantes. Nersès et Lufthilde ne peuvent plus feindre de l’ignorer. L’heure est venue de l’ultime sacrifice. Une question, toutefois, demeure en suspens : à quoi bon ? Cet Empire qui se dresse, immense, tout puissant, face au Demi-Loup moribond, faut-il le craindre ou l’espérer ? »


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Les + : Une noirceur amplifiée ; La structure du récit ; Une fin réussie.

Les – : RAS !

Avis précédents :

#1 : Véridienne

#3 : Mers brumeuses


Après la très grosse impression (positive, cela va sans dire) que le troisième tome m’a laissé il y a de cela quelques semaines, il m’était décemment impossible de ne pas succomber aux sirènes du quatrième – et dernier, paru au moi d’avril précédent en numérique.

Force est de constater – j’y reviendrai plus en détail ensuite – que Chloé Chevalier emmène son récit là où en tant que lecteurs, nous nous attendions à aller ; elle avait si bien ménager son terrain auparavant ! Ce n’est donc pas la surprise qui accroche le lecteur  à cette saga, mais l’attente de l’inéluctable Empire. Comment ? Quand ? À quel point ? Et de côté là, il n’y a clairement pas de quoi être déçu !

« Malvane, toutefois. Malvane inflexible, Malvane égoïste, Malvane terrorisée pour son règne (…). »

Le récit reprend immédiatement là où nous l’avions laissé, et nos narrateurs.rices restent les mêmes que précédemment : la suivante Nersès, la suivante-Chat Lufthilde et enfin Sieur Crassu.

Nersès, effrondrée par la mort de son mari Firment et celle de Crassu (qu’elle ignore être vivant) prend la fuite. Oppressée par une existence et des responsabilités qui lui pèsent, elle part à travers le vaste et ravagé Demi-Loup. Cependant, elle se retrouve très vite traquée par les femmes en rouge de la reine Malvane.

Lufthilde veut se rendre en urgence à Véridienne, pour informer la royauté du possible retour de l’ancienne suivante déchue Cathelle. Cependant, Malvane a fait fermer les frontières et Lufhtilde se retrouve bloqué.

Quant à Crassu, réfugié (et caché) auprès d’une communauté de poètes et de musiciens menant la vie de bohème, il est tiraillé entre ses devoirs et son désir égoïste de mener une existence loin des jeux de pouvoir.

Voici où nous en sommes donc pour les personnages prenant la plume dans ce dernier opus.

« Je quittais Nül-Noch la poitrine oppressée de mauvais pressentiments. D’une façon ou d’une autre, les choses allaient mal tourner. Elles ne pouvaient que mal tourner. Quelles choses, impossible à dire. »

Si les trois premiers tomes des Récits du Demi-Loup mettait déjà un accent conséquent sur la psychologie des personnages, elle est ici fouillée à l’extrême. Le nombre important de pages en regard des tomes précédents notamment permet d’offrir un récit approfondi par le biais de ce qui a toujours été l’identité de cette saga, plus que l’action pure par exemple. Et cela rabat les cartes ! Un visage plus noir se dessine pour Nersès (personnage que j’ai détesté du début à la fin de ce tome) – qui était alors jusque-là pour moi la voix d’une certaine raison ; pour l’adulte que devient progressivement Crassu également, qui ne se montre finalement pas très différent de ce retors renard qui l’effraya tant dans le troisième tome. Lufthilde, quant à elle, est peut-être celle qui dégagera le plus d’humanité au final, elle la descendante de ceux pris pour des bêtes ; elle prendra certes des décisions cruelles, mais se laissera guider par son cœur et par ce lien si particulier qu’elle a avec ses Chats.

Il n’y a également jamais eu autant d’instant de « climax ». Certains moments m’ont véritablement tordu le cœur, d’autant plus que la majorité étaient, comme je le disais au début, prévisibles. Les voir enfin se dérouler avait quelque chose de jouissif (car l’attente est comblée) mais de tout autant terrifiant ! Rien que pour ça, ces Récits du Demi-Loup touchent à quelque chose d’unique, en parvenant, tout en nous impliquant auprès de ses personnages plus que de raison, à nous faire réfléchir sur le pouvoir et surtout l’égoïsme de celui-ci et que la fin fait parfaitement transparaître. On en ressort avec une vision très noir de l’ensemble, avec l’impression d’avoir surtout assisté à un jeu d’égo sous couvert d’amour du peuple – alors qu’il ne s’est toujours s’agit que de deux reines et trois suivantes qui s’opposent et se brisent. Je crois n’avoir jamais eu autant d’empathie pour Calvina, et surtout pour Malvane, qui m’est apparue après coup sous un tout autre jour. Très sérieusement, c’est une fantasy qui fait énormément travailler les méninges, d’autant que l’autrice laisse quelques points ouverts en fin de récit mais jette aussi un bon nombre de pistes qui éclaircissent suffisamment les futurs possibles.

Une atmosphère, des questions qu’il est difficile de quitter immédiatement une fois le livre terminé.

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En conclusion … Une conclusion plus qu’à la hauteur. Les Récits du Demi-Loup sont à mon sens une oeuvre majeure de la fantasy française ainsi qu’un plaisir de lecture énorme.

Note globale de la saga : png-3

5 réflexions sur “Clémente nous soit la pluie (#4 Récits du Demi-Loup), Chloé Chevalier

  1. Sia dit :

    Entièrement d’accord ! Jusque-là, les personnages que je préférais suivre étaient Nersès et Lufthilde, mais c’est vrai que la première change radicalement dans ce tome. Et je me suis curieusement plus attachée à Calvina et Malvane que précédemment. Bref, une excellente saga 🙂

    Aimé par 1 personne

    • Les Mots de Mahault dit :

      Elle change radicalement et en même temps, en y repensant … pas si soudainement que ça. Elle a toujours été frustrée par son propre caractère il me semble et enviait finalement beaucoup Lufthilde (et donc le pouvoir qu’elle semblait exercer à la place de Calvina ?).
      Je pourrais en débattre des heures ^^ C’est une saga avec tellement de profondeur et de thématiques différentes !

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      • Sia dit :

        Oui, c’est vrai ce que tu dis sur l’envie d’une place comme celle de Lufthilde, qui a clairement la main et est beaucoup plus libre que Nersès. Mais effectivement, c’est perceptible depuis plusieurs tomes, ça n’est pas arrivé subitement. Et en plus j’ai trouvé ça hyper logique dans l’évolution de l’univers.
        (Je crois que je pourrai en disserter des heures aussi, tout est tellement bien fait !).

        Aimé par 1 personne

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