Terrain de chasse (#2 Alpha & Oméga), Patricia Briggs

couv40599322Genre : Bit-Lit

346 pages 🇺🇸


« Anna et Charles assistent à un conseil sur la proposition controversée de Bran : révéler l’existence des loups-garous. Mais l’Alpha le plus redouté d’Europe, la Bête du Gévaudan, est contre ce projet… et il n’est pas le seul. Les vampires, eux non plus, ne considèrent pas ce coming out d’un très bon oeil. Et lorsqu’ils attaquent Anna, Charles entre dans une rage folle. Anna et lui doivent alors découvrir au plus vite qui se cache derrière tout ça … avant de perdre tous ceux qu’ils aiment. »


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Les + : La relation Charles/Anna et toutes les réflexions qui en découlent ; l’insertion de légendes connues.

Les – : Quelques petits manquement niveau clarté.

Avis précédents : Tome 0Tome 1


Je continue ma découverte d’Alpha & Oméga, cette saga dérivée de la série des Mercy Thompson coexistant sur la même chronologie. D’ailleurs, si vous souhaitez adopter le bon ordre de lecture, je vous conseille de vous référer à cette page Wikipédia.

Il s’est passé quelques semaines depuis le tome 1. Nos loups-garous Charles et Anna sont mariés, mais la vie de couple ne va pas d’elle-même quand on ne se connaît que depuis deux mois. Anna s’ouvre puis se referme ; quant à Charles, sa maîtrise légendaire menace de vaciller à chaque instant. Cela d’autant plus que son père Bran, le Marrok, va bientôt se rendre à une conférence réunissant les loups européens à Seattle. L’objectif est simple : les loups américains vont révéler leur existence au grand public, et les loups européens seront bien forcés de faire de même.

Charles finit par convaincre son père de ne pas y aller car il sent le danger imminent au loin, et s’y rend donc à sa place en compagnie d’Anna.


« Charles s’emporta contre son père, oubliant sa résolution de cesser le combat pour l’empêcher de partir.

– La Bête sera là, et tu me poses la question ?

– Qui ? demanda Anna.

– Jean Chastel, la Bête du Gévaudan, lui répondit Charles. »


Pas de montagnes enneigés et de randonné dans les montagnes du Montana ici. Nous quittons le no man’s land qui entoure la meute du Marrok pour la vie citadine trépidante de Seattle. Un changement de cadre qui en a décontenancé plus d’un.e d’après les différentes chroniques que j’ai pu lire ; pourtant (et étrangement), ce cadre permet à l’autrice de mieux développer les difficultés de la relation Charles/Anna, marquant ainsi des points gagnants en abordant des sujets tels que le consentement d’une manière très habile.

Car Charles et Anna, c’est d’abord un coup de foudre entre deux Loups, puis deux êtres humains qui ont senti qu’ils pourraient aussi s’aimer avec un peu de temps. Mais si les loups sont animal et agissent à l’instinct – ils ne sont quasiment qu’ancrés dans le présent – Charles et Anna ont eux besoin de réfléchir à leur relation plus profondément, de trouver leurs marques. Anna a été traumatisée par les multiples agressions qu’elle a subit dans sa précédente meute, et Charles tente de faire au mieux pour la laisser venir à lui, pour comprendre qui de la louve et qui de la femme a telle ou telle réaction.

Ce n’est pas la première fois que Patricia Briggs aborde ces notions, puisqu’il sera aussi question de viol et de consentement dans les Mercy Thompson. La bit-lit (sans faire de généralités !) se plante parfois un peu sur le sujet voire carrément (cf. ma critique de l’abominable tome 1 des Ombres de la nuit de Kresley Cole) ; Patricia Briggs ne fait pas qu’aborder : elle s’engage, apportant réflexions et points de vue ô combien intéressants.


« Sa louve prit alors le dessus. Pas avec son corps de loup, mais sous forme humaine, Anna apprit à la femme ce qu’elle aurait déjà dû savoir : Omega ne veut pas dire paillasson. Cela ne voulait pas dire faible. Cela voulait dire assez fort pour faire exactement ce qu’il devait pour triompher, que cela signifie se soumettre en présence de loups dominants ou déchiqueter son ennemi. »


Revenons-en à l’essence même des personnages, que l’on apprend encore à connaître. Il était déjà établi qu’Anna – sous couvert d’une faiblesse qui se trouve plutôt être une mauvaise maîtrise de ses différentes capacités – dégageait une force tranquille assez redoutable. Nous apprenons aussi à mieux appréhender la sauvagerie de Charles dans ce tome, car si son statut particulier d’exécuteur doit faire de lui un être redouté, il existe aussi réellement en lui une part de férocité qui n’est pas négligeable et qu’il ne semble pas toujours accepter. C’est un personnage touchant dans ses doutes et son histoire.

L’intrigue en elle-même est intéressante, elle se déroule de manière continuelle, mettant en filigranes les mêmes enjeux que ceux développés chez Mercy, à savoir principalement la menace fae. Les loups-garous ou les vampires sont des êtres transformés qui ont eu un passé d’humains – mais les faes eux sont nés ainsi, donc indéchiffrables et semblent poursuivre des objectifs qui empêcheront à terme toute cohabitation pacifique.

Quant à la plume de l’autrice, rien à redire. Elle est toujours très efficace, même si un ou deux développements sur la fin m’ont parus particulièrement confus. J’ai tout de même bien aimé dans ce tome les clins d’oeil à des légendes telles que celle du roi Arthur ou encore à la bête du Gévaudan. C’est malin cette manière de jouer avec notre imaginaire collectif.

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En conclusion … Un second tome efficace et prenant. Anna et Charles sont des personnages complexes qu’il est plaisant de suivre au gré de leurs aventures.

2 réflexions sur “Terrain de chasse (#2 Alpha & Oméga), Patricia Briggs

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