Prix des lectrices ELLE 2020 : Les résultats !

Après quelques semaines de suspense, les gagnantes du Prix des Lectrices ELLE 2020 ont enfin été révélées au public la semaine passée. Et force est de constater que dans mon précédent article revenant sur mon expérience en tant que jurée, telle une Nostradamus des temps modernes, j’avais TOUT deviné.


ROMAN

Rien n’est noir, Claire Berest

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« A force de vouloir m’abriter en toi, j’ai perdu de vue que c’était toi, l’orage. Que c’est de toi que j’aurais dû vouloir m’abriter. Mais qui a envie de vivre abrité des orages ? Et tout ça n’est pas triste, mi amor, parce que rien n’est noir, absolument rien. Frida parle haut et fort, avec son corps fracassé par un accident de bus et ses manières excessives d’inviter la muerte et la vida dans chacun de ses gestes.
Elle jure comme un charretier, boit des trempées de tequila, et elle ne voit pas où est le problème. Elle aime les manifestations politiques, mettre des fleurs dans les cheveux, parler de sexe crûment, et les fêtes à réveiller les squelettes. Et elle peint. Frida aime par-dessus tout Diego, le peintre le plus célèbre du Mexique, son crapaud insatiable, fatal séducteur, qui couvre les murs de fresques gigantesques ».

✍︎ C’était une victoire attendue ! Le roman avait d’emblée toutes les chances de gagner : Frida Kahlo est un personnage fascinant, la couverture est magnifique, le roman est bien écrit, à la fois doux et plein d’emphase : il parle, je pense, à tout type de public. Il était dans mon TOP 3 en catégorie roman, donc je suis ravie.


POLICIER

Mon territoire, Tess Sharpe

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« À 8 ans, Harley McKenna a assisté à la mort violente de sa mère. Au même âge, elle a vu son père, Duke, tuer un homme. Rien de très étonnant de la part de ce baron de la drogue, connu dans tout le nord de la Californie pour sa brutalité, qui élève sa fille pour qu’elle lui succède. Adolescente, Harley s’occupe du Ruby, un foyer pour femmes en détresse installé dans un motel, fondé des années plus tôt par sa mère. Victimes de violence conjugale, d’addictions diverses, filles-mères, toutes s’y sentent en sécurité, protégées par le nom et la réputation des McKenna.

Mais le jour où une des pensionnaires du Ruby disparaît, Harley, en passe de reprendre les rênes de l’empire familial, décide de faire les choses à sa manière, même si elle doit, pour cela, quitter le chemin qu’on a tracé pour elle. »

✍︎ Il était mon gagnant, ainsi que ma prédiction … Je ne m’étais pas trompée ! Ce livre a été un joli coup de cœur, porté par une héroïne magnétique & complexe. Je n’avais pas pris le temps d’en faire une chronique complète, et pense le relire cet été pour remédier à cela.


DOCUMENTS

Le consentement, Vanessa Springora

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« Au milieu des années 80, élevée par une mère divorcée, V. comble par la lecture le vide laissé par un père aux abonnés absents. À treize ans, dans un dîner, elle rencontre G., un écrivain dont elle ignore la réputation sulfureuse. Dès le premier regard, elle est happée par le charisme de cet homme de cinquante ans aux faux airs de bonze, par ses œillades énamourées et l’attention qu’il lui porte. Plus tard, elle reçoit une lettre où il lui déclare son besoin « impérieux » de la revoir. Omniprésent, passionné, G. parvient à la rassurer : il l’aime et ne lui fera aucun mal. Alors qu’elle vient d’avoir quatorze ans, V. s’offre à lui corps et âme. Les menaces de la brigade des mineurs renforcent cette idylle dangereusement romanesque. Mais la désillusion est terrible quand V. comprend que G. collectionne depuis toujours les amours avec des adolescentes, et pratique le tourisme sexuel dans des pays où les mineurs sont vulnérables. Derrière les apparences flatteuses de l’homme de lettres, se cache un prédateur, couvert par une partie du milieu littéraire. V. tente de s’arracher à l’emprise qu’il exerce sur elle, tandis qu’il s’apprête à raconter leur histoire dans un roman. Après leur rupture, le calvaire continue, car l’écrivain ne cesse de réactiver la souffrance de V. à coup de publications et de harcèlement.
« Depuis tant d’années, mes rêves sont peuplés de meurtres et de vengeance. Jusqu’au jour où la solution se présente enfin, là, sous mes yeux, comme une évidence : prendre le chasseur à son propre piège, l’enfermer dans un livre », écrit-elle en préambule de ce récit libérateur. »

✍︎ J’en aurais mis ma main à couper. Ce n’était pas mon gagnant personnellement (mon favori ayant été la biographie de Balzac par Titiou Lecoq) mais Le consentement mérite amplement cette distinction, ne serait-ce que pour les questions et les contradictions que l’œuvre est parvenue à mettre (enfin) sur le devant de la scène et/ou à soulever que ce soit justement sur les notions abordées, ou encore le petit monde littéraire. Après, il est difficile de noter ce genre de lecture : on ne peut pas dire distinctement si on l’a aimé ou non. Il s’agit plutôt de questionnements et d’opinions.


Être jurée du Prix ELLE des lectrices 2020 a donc été une excellente expérience. Attention, cela demande quand même beaucoup d’investissement, puisqu’il faut au minimum lire 3 livres chaque mois, qu’on a de ce fait pas choisis. Pour autant, si l’aventure vous tente et que vous y avez mûrement réfléchi, je n’aurais qu’une chose à dire : lancez-vous ! 

4 réflexions sur “Prix des lectrices ELLE 2020 : Les résultats !

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