Tous les hommes du roi, Robert Penn Warren

couv55113991Genre : Drame 🇺🇸

639 pages


« AnnĂ©es trente, alors que dans la chaleur du Sud, ses ennemis manĹ“uvrent pour prendre sa place, Willie Stark, «l’enfant humilié» devenu gouverneur, se dĂ©couvre un nouvel adversaire : le vertueux Juge Irwin. Le Boss charge alors Jack Burden, narrateur cynique en quĂŞte de sens, du fardeau de dĂ©couvrir la vĂ©ritĂ©, car dans un monde de corruption « il y a toujours quelque chose Ă  dĂ©terrer ». Mais dĂ©jĂ  le Temps agit, les trahisons du passĂ© dessinent celles futur et tous les hommes du roi montent sur scène pour la tragĂ©die Ă  venir. De l’angĂ©lique Anne Stanton Ă  la diablesse Sadie Burke, en passant par Adam l’esthète et Sugar Boy le porte-flingue, chacun jouera son rĂ´le dans ce magistral roman Ă  l’écriture Ă©poustouflante, qui de la vie donne son image la plus juste et poignante : celle de la fragilitĂ©. »


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âś… La psychologie travaillĂ©e des personnages ; L’aspect politique ; L’ambiance poisseuse du Sud des USA dans les annĂ©es 30.

⛔️ RAS.


Au mois d’avril 2020 a Ă©mergĂ© l’idĂ©e sur LivrAddict “d’aider” – en ces temps de confinement – une petite/moyenne maison d’éditions, et plus particulièrement Monsieur Toussaint Louverture ; ils procĂ©daient en effet aux expĂ©ditions pour les commandes passĂ©es depuis leur site internet.

Nous avons donc lu en LC sur le mois de Mai/Juin Et quelquefois j’ai comme une grande idĂ©e de Ken Kesey (gĂ©nial, mais que je n’ai pas pris le temps de chroniquer sur le blog – il est Ă©galement l’auteur du plus connu Vol au-dessus d’un nid de coucou) et en Juin/Juillet le titre dont il est question dans cet article, Prix Pulitzer en 1947.

L’histoire se déroule dans les années 30, et va plus particulièrement s’attacher à deux personnages : il y a bien sûr le Boss dont il est question dans le résumé, figure centrale de ce livre, mais aussi Jack Burden, le personnage qui fera office de narrateur. D’abord journaliste, le jeune Jack sera tellement ébahi par sa rencontre avec le Boss, qu’il abandonnera tout pour travailler à ses côtés et le suivre au gré de ses pérégrinations politiques. C’est ce parcours qu’il va nous raconter ici : le sien, celui du fameux Boss, mais aussi ceux des personnages qui gravitent aux alentours, pour le meilleur et surtout pour le pire.

 

« La politique, c’est toujours une question de choix, et on ne dĂ©cide pas tout seul. Pour chaque choix, il y a un prix. Tu le sais bien. Tu as fait un choix, toi aussi, et tu sais ce qu’il te coĂ»te. Il y a toujours un prix Ă  payer. »

 

Deux choses font le sel de ce roman : l’ambiance poisseuse (vers la fin de la Prohibition) du Sud des États-Unis  – au sens mĂ©tĂ©orologique comme au sens figurĂ©, ainsi que ses personnages. Je ne reviendrais pas sur les secondaires ici, car ils se dĂ©couvrent, se dĂ©voilent au fur et Ă  mesure – certains n’intervenant que l’espace de quelques pages mais impactant le rĂ©cit considĂ©rablement. Je suis toujours un peu sceptique quand il y a une figure tutĂ©laire dans un roman : souvent, l’auteur.rice en fait des tonnes pour nous le faire comprendre, Ă  coup de points de suspensions et de “il/elle avait marquĂ© nos vies comme personne” et autres platitudes. RĂ©sultat, nous ne parvenons jamais Ă  nous mettre Ă  la place des personnages l’ayant cotoyĂ©s et ressentant cette fascination malsaine. Ici, l’auteur rĂ©ussit cela avec brio : le rĂ©cit est envoĂ»tant au possible, dĂ©roulant sa toile de mystères, de mensonges mais surtout d’humanitĂ©, grâce Ă  des protagonistes pas manichĂ©ens pour un sou.

 

« La loi, c’est une couverture pour une personne dans un lit deux places où sont couchés trois types par une nuit gelée. On aura beau tirer dans tous les sens, y aura jamais assez pour couvrir tout le monde et quelqu’un finira forcément par choper une pneumonie. »

 

CĂ´tĂ© style, il y a vraiment de très beaux passages. Moins Ă©poustouflant peut-ĂŞtre que Et quelquefois j’ai une grande idĂ©e – car le style de Ken Kesey est juste fou – mais brillants dans leur sobriĂ©tĂ© et leur immĂ©diatetĂ© : on est sur une très belle plume qui parvient Ă  maintenir une attention constante. Tous les versants du livre – que ce soient la politique, la vie familiale, la recherche de soi – m’ont passionnĂ©s.

 

Collage sans titre

 

En conclusion … Encore une excellente lecture chez Monsieur Toussaint Louverture, une maison d’éditions que je vous encourage vivement Ă  dĂ©couvrir car elle recèle de trĂ©sors !

2 réflexions sur “Tous les hommes du roi, Robert Penn Warren

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