La banlieue du 20 heures, Helkarava (d’après une enquête de Jérôme Berthaut)

couv53519112Genre : Sociologie 🇫🇷

160 pages


« Jeune journaliste, Jimmy fait ses débuts au service des faits divers du journal télévisé. On l’envoie couvrir la banlieue : il découvre alors comment on fabrique l’information sur ces quartiers populaires. »


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✅ Le ton désabusé ; Les coulisses d’une grosse machine ; Le dessin, étrangement, m’a plu (alors que ce n’est habituellement pas ce que j’aime).

⛔️ Moins d’ellipses aurait été mieux ; J’aurais aimé qu’une place plus importante soit accordée aux sentiments des différents journalistes (mais là encore, ça dépend aussi de ce qu’était l’enquête originelle).

Lues précédemment : TurbulencesPlus belle la série


Je continue mon exploration des bandes-dessinées de la collection Sociorama, avec ce titre qui nous propose d’explorer le bureau de rédaction d’un journal télévisé de grande chaîne national. Cette thématique me rendait particulièrement curieuse, puisqu’au lycée, j’avais effectué plusieurs stages dans l’idée de passer les concours des écoles de journalime, et avais notamment passé deux semaines au sein de la rédaction du journal de 13h00 de France Télévisions. Une expérience intéressante, mais qui m’avait fait profondément réfléchir aussi sur les changements que le métier connaissait (nous étions alors en 2008).

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Nous suivons donc ici le personnage de Jimmy, jeune journaliste en quête d’un boulot stable – aka le Grâal – après avoir enchaîné les piges précaires depuis sa sortie de l’école. Le voici donc en CDD au sein de la section « faits divers » du fameux rendez-vous quotidien du dîner. « Faits divers », comme il l’apprendra vite, c’est une équipe qui couvre beaucoup les banlieues alentours, qui doit être réactive et bouge beaucoup. Et couvrir les banlieues au sein de la rédaction de Jimmy, c’est avoir un « ton », voire clairement un « point de vue ». Il faut du sensationnel, qui satisfasse à la fois les téléspectateurs, les annonceurs, mais aussi les « aides » extérieures, tels que les policiers qui renseignent beaucoup les rédactions et qu’il ne faut pas se mettre à dos. Au passage, la BD nous permet aussi de nous faire une idée de qui sont les membres de la rédaction : parcours estudiantin, origines sociales, salaires, situation : tout y passe.
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Bref, la BD est hyper désillusionnante : on se dit qu’au final (et sans nier les problèmes sociétaux existants), ces journalistes ont une drôle de responsabilité sur les épaules. Vous l’aurez compris, si Sociorama mise souvent sur l’humour, ce volume-ci laisse un arrière-goût amer dans la bouche. Le trait de Helkarava n’est pas de ceux que j’apprécie réellement habituellement, mais ici il sert à merveille l’engagement dont ce volume fait preuve. J’aurais tout de même aimé, pour creuser un peu le propos de ma précédente phrase, en savoir plus sur les états d’âmes de ces différents journalistes qui semblent tous plus ou moins résignés à faire ce qu’on leur demande. 

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3 réflexions sur “La banlieue du 20 heures, Helkarava (d’après une enquête de Jérôme Berthaut)

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