L’étoile flamboyante (#1 Le réveil des Légendes), Sophie Ginisty

Genre : Fantasy 🇫🇷

330 pages

Note : 1 sur 4.

✅ Une piste low fantasy plutôt intéressante en toute fin.

🔴 Des longueurs ; Des difficultés à trouver une identité propre.

[Lecture effectuée dans le cadre d’un service-presse pour les éditions 404, via NetGalley France.]

Quatrième de couv‘ : « Derrière son regard flamboyant et son statut de rebut de la société, Ieven le demi-elfe n’a qu’un but depuis son enfance : retrouver le jumeau à qui on l’a arraché, faisant prévaloir ainsi la loi de l’enfant unique qui règne sur l’Empire de Gaïa.
En attendant que ce jour vienne, Ieven loue ses services en tant que guide pour tous ceux qui voudraient s’aventurer dans les Bas-Fonds, une dangereuse région isolée du reste du monde.
Se préparant pour une nouvelle mission, le demi-elfe n’a alors aucune idée de ce qui l’attend. Entre tempêtes de neige, assassinats et trahisons, il va se faire entraîner dans une véritable course contre la montre qui l’amènera peut-être jusqu’au bout de sa quête… »


L’étoile flamboyante est le premier tome d’une saga de fantasy française lauréate du prix 404 factory, permettant chaque année à un auteur d’être publié par les éditions 404. Vous en trouverez les modalités, si cela vous intéresse, en suivant ce lien.

L’autrice Sophie Ginisty – dont il s’agit je crois de la première publication – nous propose dans ce tome de découvrir le héros de sa série, Ieven. Ce dernier évolue dans un monde compliqué et profondément injuste, où règne la terreur et l’intolérance. Lui qui est à moitié Elfe, à moitié Humain subit d’ailleurs nombres de regards noirs chaque fois qu’il sort de chez lui dans Les Bas-Fonds, une terre plutôt médiévalisante gouvernée par les Hommes. Chaque jour, on y brûle des femmes soupçonnées de sorcellerie. Lui gagne sa vie en servant de guide à qui en a besoin – et celui qui l’embauche lorsque commence le récit, le chef de la Garde locale, exige qu’il remette en un mois une lettre très importante à un dignitaire éloigné.

Un périple commence donc, et il ne sera pas de tout repos.


« C’est une bien jolie monture que tu as là. 

— Il a été dressé par le meilleur éleveur que je connaisse. 

— Mais il n’est pas sauvage, et ne l’a jamais été. Cela se voit dans son regard. Il lui manquera toujours une partie de lui-même. 

— Quelque chose que tu n’as jamais connu ne peut pas te manquer. 

— Est-ce donc vrai ? Un orphelin qui n’a jamais connu ses parents ne souhaiterait donc jamais en avoir ? » 

Je restai silencieux, pensant à mon frère. Il disait vrai.


L’idée est bonne : voyager au côté d’un héros qui va être amené à croiser des personnes de sa connaissance, nous éclairant chaque fois un peu plus sur son histoire passée ; Ieven est en effet un orphelin, séparé très jeune d’un frère jumeau (à cause d’une politique de l’enfant unique) dont il ne se rappelle guère – une pensée qui l’accompagne à chacun de ses pas.

Un personnage torturé en somme, qui nous raconte son histoire à la première personne. Il a une drôle de personnalité ce Ieven, à mi-chemin entre le taiseux et le grand naïf comme lorsqu’il fait des déclarations d’amitiés maladroites au fourbe barde qui l’accompagne un temps, Gaël. Je ne saurais dire si j’ai aimé le suivre car j’ai parfois eu du mal à le comprendre, mais je l’ai trouvé intéressant, bien que parfois trop porté sur l’atermoiement.

J’ai en revanche eu de grandes difficultés avec l’univers développé.

D’abord, parce qu’il n’est pas évident à saisir. On part, le concernant, un peu dans tous les sens : la société médiévalisante d’inspiration Européenne dans laquelle évolue Ieven n’est en soit pas des plus originales, mais d’accord. En revanche, on apprend très vite qu’il existe un Empire (celui dont il présume venir) très moderne, où il y a des armes à feu, des réfrigérateurs (!), des trains et même le métro. En gros, ces « technologies » n’ont jamais atteintes – ou peu – les Bas-fonds. L’idée pourrait être intéressante en soit, mais elle est mal articulée et maladroitement exploitée ; j’imagine bien qu’il s’agit d’invoquer des inégalités sociétales, simplement les deux univers ne parviennent jamais à se connecter. Du moins, je n’y ai pas cru un instant.

Ensuite, le fait est que l’autrice est trop encombrée par ses influences. C’est quelque chose qui ne me gêne pas lorsque ça a lieu dans le cadre de la fan-fiction (il s’agit du principe même). En revanche, lorsqu’on est édité et qu’on a l’ambition de proposer son propre univers, il est de bon ton d’affirmer sa patte, son « truc ». Malheureusement, j’ai pensé de manière flagrante à de trop nombreux univers en lisant ce tome un, que ce soit à travers des noms de lieux (Gilead et sa société matrilinéaire en guise de revanche ?), de personnages (Iorveth et Gérald le guerrier mystérieux aux yeux safran par exemple pour le Sorceleur/Witcher en JV ; Pistolero ; …) et d’autres détails encore. Si bien qu’en fermant la dernière page, malgré un dernier chapitre plus intéressant et original – quoique confus, il m’a semblé que ce livre manquait cruellement d’une identité claire.

Le style en revanche est tout à fait correct. Il y a quelques petites choses au niveau de la mise en page que je n’ai pas forcément comprises (les tirets alors qu’il s’agissait de revenir à une phase narrative par ex.) et un langage parfois trop familier, trop moderne à mon goût, qui dénotait un peu dans l’ensemble – et particulièrement dans les dialogues.

En conclusion … Ma découverte de cette saga, vous l’aurez compris, s’arrêtera là. Si l’autrice a quelques bonnes idées, elles ne sont pas assez exploitées à mon sens pour faire de ce Réveil des Légendes un univers dans lequel j’ai envie de revenir.

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