Rozenn (#1), Laëtitia Danae

Genre : Fantasy/Jeunesse

328 pages

Note : 2.5 sur 4.

✅ De l’originalité ; Bel équilibre entre romantisme et action ; Le style de l’autrice est agréable.

🔴 Un univers riche mais trop peu exploité ; Manque cruel de descriptions ! ; La temporalité, surtout au début de l’histoire.

« Rozenn Kaplang est une djinn. Durant de longues années, son peuple a souffert de la domination des dagnirs, mais si l’esclavage est officiellement aboli, la liberté, elle, garde un goût amer. Et si une union entre princes et princesses de ces différentes tribus permettait de tirer un trait sur un douloureux passé ? »


Coup de coeur de beaucoup de lectrices et lecteurs sur les différents réseaux sociaux littéraires, couverture attirante et mystérieuse, promesse d’une fantasy qui s’échappe des carcans médiévaux européens au profit d’influences moyen-orientales, … J’attendais beaucoup de Rozenn. Il s’agit tout de même d’un roman à classer en catégorie jeunes adultes, avec ce que cela induit parfois non pas comme défauts, mais comme caractéristiques ; j’y reviendrai.

Rozenn est une jeune femme – il me semble qu’elle n’a pas loin de vingt printemps – particulière, puisqu’elle est une Djinn. Comme ses semblables, elle n’a guère que peu de pouvoirs puisqu’elle porte sur l’une de ses mains une entrave, symbole de la soumission des Djinns aux humains qui empêche sa puissance de se libérer. Si ces derniers avaient autrefois réduits les Djinns à l’esclavage, ils bénéficient d’une liberté désormais toute relative, puisqu’ils vivent entre eux pour les plus chanceux, et dans des conditions miteuses pour ceux évoluant sur les terres humaines.

Rozenn vit donc dans ce qu’elle nomme “la Bulle”, un enchevêtrement de forêt et de modestes demeures, avec son père et ses deux soeurs Odeleen et Daire. Leur père étant la figure régnante du lieu, ce sont toutes les trois des princesses de sang en âge de se marier ; dans un souci de paix, elles sont envoyées rencontrer les trois fils du sultan humain – dont un héritera du trône : les frères Maddy, de leurs doux prénoms Cayden, Callum & Cameron (des prénoms qu’on croirait sortis d’un épisode des frères Scott, pas des confins du désert. Mais bref.).


« Dois-je vous rappeler que nous sommes au palais de Prematia, un sultanat qui n’abrite que des familles dagnires depuis la nuit des temps ? Lorsque vous épouserez mon Callum, votre culture ne sera plus qu’un souvenir et vous pourrez embrasser la vie qui vous tendra les bras. Laissez-donc les rites sauvages et les danses du ventre à ceux que ça concerne, vous êtes une vraie princesse, maintenant.« 


Trois filles, trois garçons, trois mois pour se découvrir, plein de possibilités : il me faut avouer qu’il m’a été compliqué de m’abandonner aux cents premières pages. La rapidité d’enchaînement des différents évènements m’a au départ un peu gênée. Et pourtant … Ce livre a été dévoré en une journée, car malgré de nombreux défauts, il est ce qu’on peut appeler un page-turner

Les trois soeurs sont des jeunes femmes bien différentes, cela confinant presque à la caricature : l’aînée Odeleen est calme et mesurée. La cadette Daire rêve de princes, de richesses et de toutes les idées à la noix qu’on a pu lui fourrer dans le crâne quant à cette rencontre, telle une petite Sansa. Quant à Rozenn, elle est fougueuse, téméraire, bagarreuse. C’est en quelque sorte le poil à gratter de la fratrie. N’oublions pas immature, puisque ses rébellions ne sont souvent que des postures. Pour autant, c’est un personnage que j’ai apprécié suivre pour sa liberté : elle va aller de découvertes en découvertes et si ses différents “plans” ne sont souvent que le reflet de son immaturité, elle a au moins le mérite de ne pas attendre passivement – même si j’ai eu envie de lui secouer les puces un certain nombre de fois. Les trois frères Maddy sont en revanche plus difficiles à cerner, ne semblant montrer d’eux que ce qui les arrange.

C’est du point de vue de Rozenn, à la première personne, que l’histoire nous est racontée. D’autres oeuvres de fantasy plus “adultes” ayant usées de ce procédé nous ont prouvé qu’il était possible de mêler de manière digeste descriptions et actions (je pense à L’assassin royal par exemple) : et les descriptions m’ont ici cruellement manquées. Mis à part celles touchant aux vêtements, aux coiffures et plus largement aux physiques, aux combats également, il n’y a pas grand chose à se mettre sous la dent. Cela est regrettable de constater que l’autrice a entre ses mains un univers à fort potentiel, mais qu’elle « choisit » de ne pas l’exploiter davantage ; c’est assez souvent que la fantasy jeunes adultes me frustrent de ce point de vue-là. D’autant qu’ici, la “veine” fantasy orientale aurait mérité des descriptions plus poussées du palais où les soeurs vivent, des villes, des coutumes, etc … L’univers n’est pas pour autant interchangeable, mais il aurait gagné à avoir davantage de caractère.

Mais, comme pour d’autres lectures précédemment (Un palais d’épines et de roses de Sarah J. Maas par exemple), une fois cette “frustration” mise de côté, Rozenn m’a fait passer un bon moment. Un mot sur le style de l’autrice tout de même, qui est très bon : on sent que le texte a été travaillé pour éviter les répétitions et les lourdeurs ; de ce fait, c’est fluide et donc rapide à lire. Certes, de potentielles histoires d’amour sont au centre de l’enjeux, mais l’autrice parvient à garder un juste équilibre entre les différentes rencontres des trois princes et des trois princesses et les divers questionnement qui émergent dans l’esprit de l’héroïne au sujet des conditions de vie de ses semblables Djinns. Enfin, chose très appréciable : l’autrice ne termine pas son livre sur un cliffhanger mais sur un revirement de situation intéressant qui rabat les cartes et se joue à merveille de la naïveté d’une jeune héroïne qui a encore beaucoup à apprendre.


En conclusion … Rozenn est une fantasy jeunes adultes efficace de qualité, qui conviendra sans problème à ceux qui apprécient le genre. Ceux qui y sont totalement hermétiques peuvent en revanche passer leur chemin sans regret.

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