L’enfance de l’art (#1 Miss Charity), Loïc Clément et Anne Montel (d’après l’oeuvre de Marie-Aude Murail)

Genre : Jeunesse 🇫🇷

120 pages

Note : 4 sur 4.

♥️ COUP DE COEUR ♥️

« En 1880, Charity est une petite fille de la bonne société anglaise. Endeuillée par la mort de ses petites soeurs, sa famille lui accorde peu d’attention ; aussi se réfugie-t-elle auprès de sa bonne, Tabitha. Elle élève également des souris dans la nursery, dresse un lapin, étudie des champignons au microscope et apprend Shakespeare par coeur, espérant qu’un jour quelque chose rompra sa solitude. »


L’enfance de l’art est le premier tome de l’adaptation en BD du roman Miss Charity de Marie-Aude Murail paru en 2008. Un des derniers romans que j’ai lu d’elle avant de la retrouver quelques années plus tard grâce au premier tome de Sauveur et fils (dont vous pouvez d’ailleurs lire la chronique en suivant ce lien), et pour lequel elle s’est librement inspirée de la vie de l’autrice pour enfants Beatrix Potter.

Que vous ayez lu ou non le roman importe peu, car la BD en restitue parfaitement l’ambiance et s’adresse à tous : novices comme confirmés, jeunes lecteurs ou adultes curieux. Dans ce premier tome, on y brosse l’enfance de Miss Charity, une jeune fille de bonne famille qui vit à Londres dans la plus grande des solitudes, à la fin du XIXème siècle. Solitude car ses parents, après la perte consécutive de deux petites filles, se montrent bien distants. Son père ne semble guère savoir comment se comporter avec elle ; quant à sa mère, elle paraît trouver un réconfort tout à fait relatif dans la dévotion religieuse. Alors Charity sort dans le petit jardin de sa belle demeure, flanquée de sa bonne Tabitha, une écossaise nourrie aux légendes les plus macabres et superstitieuse comme pas deux. Elle entraîne la jeune servante dans sa passion pour la faune et la flore, à laquelle elle s’intéresse de manière tout à fait scientifique et va peu à peu développer un don pour l’aquarelle tout en grandissant.



Charity, c’est un peu un personnage à la « Anne » de La maison aux pignons verts . Elle déborde d’une imagination qui est peut-être un poil plus macabre que celle de la Canadienne car très souvent tournée vers l’idée de la mort – mais dans une approche extrêmement enfantine. En revanche, ses cousines et cousins mis à part, elle ne côtoie que bien peu d’enfants et ne connaît guère leurs jeux et leurs codes et se sent plus à son aise auprès des adultes – et des animaux ! Ainsi, de planches en planches, nous suivons des petites tranches de sa vie étalées sur dix années (de ses cinq à ses quinze ans) où ses passions et son caractère vont s’affiner et s’affirmer. Elle vivra des joies comme de grosses déconvenues et commencera à comprendre que ses passions et son statut de femme ne feront pas forcément bon ménage à l’avenir.

Le graphisme est un régal pour les yeux. Le fait de ne pas avoir ce format classique de la case carrée mais plutôt des sortes de bulles d’aquarelle ajoute un charme certain et fait joliment écho à la passion de l’héroïne pour cette technique artistique. C’est quelque chose que j’ai réellement adoré, le dessin et le scénario sont hyper complémentaires et insuffle à l’oeuvre dans sa globalité une … tendresse ? – bref, un sentiment de nostalgie très prégnant. Toute la qualité de cette œuvre (que ce soit la BD ou le roman), c’est de parvenir à nous faire voir le monde à travers les yeux d’une enfant – mais aussi à insuffler de nombreux détails plus « adultes » qui parlent à notre interprétation et à notre sensibilité.


En conclusion … Coup de cœur pour ce premier tome qui tout en parvenant à trouver son ton propre, rend un hommage merveilleux à ce joli roman jeunesse (que j’ai du coup très envie de relire). Vivement la suite !

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Dans le même genre, il y a de grandes chances que vous appréciez Anne ♥️ (L’image est un lien, n’hésitez pas à lire la chronique correspondante !) :

6 réflexions sur “L’enfance de l’art (#1 Miss Charity), Loïc Clément et Anne Montel (d’après l’oeuvre de Marie-Aude Murail)

  1. tampopo24 dit :

    Je l’ai lu sans savoir que c’était inspiré de la vie de Béatrix Potter et j’ai eu un vrai coup de coeur pour cette héroïne/enfant atypique et l’ambiance générale du titre ainsi que ses dessins charmants. Ravie de voir que c’est aussi ton cas 🙂

    Aimé par 1 personne

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