L’oeuf de Tanglemhor (#1 Chroniques des secondes heures de Tanglemhor), Azaël Jhelil

Genre : Fantasy 🇫🇷

511 pages

Note : 3 sur 4.

✅ Cette impression délicieuse de se retrouver plongée dans la fantasy « traditionnelle » des romans qui m’ont amenés au genre ! ; Un rythme mené tambour battant ; De beaux personnages.

🔴 J’ai besoin d’en savoir plus ! ; Des dialogues parfois un peu longs à mon goût.

[Service presse émanant de la plateforme Simplement.pro. Un grand merci à l’auteur.]

« Rejeté de tous, Krûl le semi-lacertys est devenu le prophète du dieu de la Vengeance pour tous les opprimés des cités du Bassin ctasharre et des terres indomptées du Grand Aghar. Ayant libéré par le fer et la sorcellerie les nations en colère, il règne sur un empire à la mesure de sa rancœur. Par la puissance de ses légions et le contrôle exercé par ses prêtres, le Premier vindicateur – dont la rumeur prétend même qu’il commande aux démons – impose désormais sa loi à ceux qui, jadis, l’avaient humilié. La répression est impitoyable… Les peuples « libres » apprennent à leurs dépens que la vengeance est la plus lourde des chaînes.
Il ne reste plus à l’empereur du Levant qu’à soumettre le duché de la Marche, dernier flambeau d’une résistance à l’agonie.
Tout espoir est vain. Il ne reste rien.
Il paraît cependant qu’un audacieux s’est introduit dans la Citadelle noire et en a dérobé l’un des biens les plus sacrés du Très Saint Libérateur. Toutes les forces de l’Empire ont pour ordre de le ramener… vivant. »

Je n’ai aucun a priori envers les auto-édités, mais il est vrai que jusque là, je n’en avais encore jamais lu et chroniqué. Il y a donc de cela quelques mois, j’ai décidé de m’inscrire sur la plateforme de service-presse simplement.pro – et de surtout jeter mon dévolu sur un titre que je voyais pas mal passer, à savoir cet Oeuf de Tanglemhor qui semble susciter tant d’enthousiasme chez ses lecteurs. Et dès les premières pages, j’ai su que c’était un choix à mettre dans la catégorie « bonne pioche« . Du coup, go pour une chronique à la fois sur le fond et la forme.

L’introduction – à l’image du reste du livre – est cinématographique au possible. Nous voici donc plongé dans les méandres d’un monde que je situe (pour vous donner une idée) à la croisée de plein d’univers que personnellement j’adore : Warcraft, Warhammer, DragonLance … – avec tout de même un côté bien plus moderne et approfondi et qui (et c’est ce qui est génial) parvient d’emblée à exister. Dès le départ, il y a pas mal d’éléments à prendre en compte : une géographie, des noms, une situation politique compliquée. Pour les plus effrayés d’entre nous, un lexique vous attend en fin d’ouvrage mais globalement, ce sont des dynamiques qui n’ont rien de compliquées.

Pour résumer assez simplement, les autrefois paisibles Terres du Levant sont envahies par les légions du Premier Vindicateur, un être despotique qui s’est auto-proclamé empereur. Cette région de duchés voit ses provinces tomber une à une sous le joug d’un gouvernement barbare aux traditions effrayantes. Certains chefs de territoires tentent de résister, d’autres se laissent convaincre, trop effrayés par une défaite annoncée. De cette situation n’émane que bien peu d’espoir, mais pourtant quelques personnes – dont nous allons suivre le point de vue – vont continuer à y croire. Il y aura tout d’abord Oriana, la fille d’un Duc lâchement battu, qui va s’exiler et tenter de rencontrer des réseaux de résistance – souvent maladroitement, elle qui connaît encore bien peu le monde extérieur. Elle fera tout de même la connaissance de l’Ombre, un individu mystérieux bien plus important dans toute cette histoire qu’il ne veut bien l’admettre (il a tout de même un « rapport » avec l’oeuf du titre !). Presqu’au même moment, deux autres personnages vont sympathiser : un nain fin bretteur et un jeune moine réchappé d’un massacre. Ils vont se mettre en route ensemble, avec une idée en tête : faire tomber ce régime de terreur.

« – Trouves-tu juste d’avoir tous les droits, sans aucune limite ?

– Bien sûr, c’est la loi du plus fort, la loi la plus naturelle du monde. »

Si le résumé juste au-dessus peut évoquer un monde relativement manichéen, tout n’est pas si simple puisque le fameux Vindicateur en question est un être autrefois rejeté par ceux qu’il combat désormais, et qui s’est basé sur le mal-être de différentes factions/origines pour asseoir sa réussite. Il faut donc garder en tête que si les personnages principaux paraissent « gentils », ils sont aussi le fruit des erreurs du passé. Sans que le livre ne ressemble à un tract politique (quelque chose que j’apprécie peu, je préfère largement qu’on soit amené à réfléchir plutôt qu’à ingérer des idées prémâchées), il y a donc un volet un peu « social » dans ce premier tome extrêmement plaisant et bien amené, sans provoquer d’empathie ou de pitié feintes pour « l’adversaire ».

Le cœur du roman, ce sont tout de même ces personnages qu’on suit chapitre par chapitre. Je crois d’ailleurs que la narration 1 chapitre/1 point de vue ne me lassera jamais : ça donne tellement de dynamisme et de profondeur à un récit ! Chaque protagoniste est agréablement conçu : on a une description physique claire, un fil rouge vis-à-vis de l’histoire qui est travaillé, un caractère, des qualités et des défauts. Le tout forme une plaisante relecture des canons habituels de la fantasy : oui le Nain est petit mais costaud ; oui le jeune Moine cache sûrement bien des aptitudes ; oui la princesse et son voleur vivent un flirt un peu clichouille (mais dans l’humour !). Mais, un peu comme dans le cas du Prieuré de l’oranger de Samantha Shannon il y a quelques mois, le classicisme fait à nouveau merveille dans le sens où il nous enrobe et nous fait plonger dans une histoire avec efficacité en se basant sur nos habitudes et nos acquis (pour peu qu’on soit lecteur de fantasy).

À ce titre, il faut aussi dire que la plume de l’auteur y fait beaucoup. Azaël Jhelil a un style très chouette, à la fois hyper moderne (des passages davantage « parlés » que d’autres) et soutenu – le tout toujours en adéquation avec le ton du narrateur tel qu’on peut se l’imaginer. Pas un point négatif, mais plutôt une question de goût : les dialogues sont abondants et parfois longs. Fort heureusement, ils sont bien écrits, mais je ne suis pas réellement une amatrice du ping-pong verbal (#TeamDescription) d’autant que certains moments auraient gagné à mon sens à être en discours indirect pour revêtir davantage de force. Surtout que l’auteur gère super bien les parties plus descriptives, comme par exemple les scènes de combat – bien « chorégraphiés » (impression m’est faite que c’est très difficile à écrire ce genre de scènes) ou de sièges (une de mes marottes !).

Pour finir, j’ai lu çà et là que ce premier tome et le second formaient autrefois un tout. Eh bien, un peu à l’image des découpages bizarres des éditions françaises de L’assassin royal, il m’a ici manqué quelque chose. J’ai « senti » la coupe ! Il est clair que les gros pavés peuvent intimider, mais je suis convaincue que le second tome sera davantage porté sur l’action – là où celui-ci se vit davantage comme une introduction – et que rassembler le tout équilibrerait davantage le roman puisqu’il s’agissait de l’intention initiale de l’auteur.

En conclusion … Et donc, en trois mots : vite, la suite !

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