Dans l’abîme du temps, Gou Tanabe – D’après l’œuvre de H.P. Lovecraft

Genre : Fantastique 🇯🇵

362 pages

Note : 4 sur 4.

« En 1935, au fin fond de l’Australie, le Pr Nathaniel Peaslee recherche avec frénésie les traces d’une civilisation inconnue. Il ne comprend pas pourquoi, mais il connaît ces lieux, comme si un autre avait implanté des souvenirs en lui. Il sait que quelque chose d’aussi mystérieux que terrifiant se tapit, là, dans les profondeurs du sable du désert…
Son monde a été chamboulé près de 30 ans plus tôt. À l’époque, il enseigne à la prestigieuse université de Miskatonic. Il mène une vie paisible, entouré de sa femme et de ses enfants… jusqu’au jour où il s’effondre en plein cours. À son réveil, personne ne le reconnaît. Il a toujours la même apparence, mais semble avoir perdu la raison ! Il parle un dialecte inconnu et se comporte comme un étranger. Pire, il se prend de passion pour les sciences occultes, allant même jusqu’à se plonger dans l’étude du Necronomicon, ouvrage maudit entre tous… »

L’année dernière, j’avais découvert avec un grand intérêt l’adaptation manga en deux tomes par Gou Tanabé du chef-d’œuvre de H.P. Lovecraft Les montagnes hallucinées. Une adaptation sage, mais fidèle, qui se démarquait par la volonté d’instaurer une part de mystère – et donc d’angoisses ! – dans les graphismes. Rebelote avec cette fois-ci une adaptation tirée d’une nouvelle que je n’ai jamais lue : Dans l’abîme du temps. Mon avis ici présent ne pourra donc pas réellement donner dans la comparaison ou la fidélité au matériau d’origine, bien évidemment.

Le professeur Daniel Peaslee avait jusque-là une vie sans remous : une femme aimante, deux grands fils brillants et un poste envié de professeur d’économie à l’université du Miskatonic d’Arkham. Puis, lors d’un cours, une étrange crise le foudroie. Il se réveillera quelques heures plus tard radicalement différent. Sa personnalité change du tout au tout, tout comme ses centres d’intérêts et même ses expressions faciales. Il va se noyer sous les connaissances et les passions, engrangeant toujours plus de lectures et allant même jusqu’à rompre avec sa famille. De nombreuses années plus tard, il redevient lui-même soudainement et n’aura de cesse d’enquêter sur ce qu’il lui est arrivé – tout en tentant de comprendre pourquoi il est assailli par de mystérieux rêves qui lui semblent aussi réels que des souvenirs.

L’adaptation des Montagnes hallucinées, j’avais trouvé ça chouette – le côté découverte – mais il y avait à mon sens un manque de lisibilité visuelle (à trop vouloir laisser l’imagination du lecteur « interpréter »), ainsi qu’une tension qui ne décollait jamais vraiment. Est-ce parce que je n’ai pas lu au préalable Dans l’abîme du temps que je ne ressens pas cela ici ? Je suis tentée de répondre que non, que c’est davantage la nouvelle d’origine qui semble mieux convenir à cette transposition visuelle. En effet, là où Les montagnes hallucinées suivait le parcours d’un groupe (avec certes quelques personnages mis en avant, dont un qu’on retrouve d’ailleurs ici) dans un vaste paysage, Dans l’abîme du temps s’attache davantage à l’intime et au « combat » contre soi-même dans (quelques scènes exceptées) un quotidien urbain. Et même si l’histoire ne se déroule pas de nos jours, la force du manga est de faire en sorte que l’on parvienne à s’identifier, à se projeter et à avoir une certaine empathie pour cet homme qui va – grâce à son profil universitaire – tenté de trouver une explication rationnelle à tout ce qu’il a vécu.

Le dessin est une énorme réussite. Le visage du héros principal a une importance capitale ici, et Gou Tanabe parvient à jouer avec nos peurs (quelles que soient nos croyances, etc.) en instillant une ambiance un peu à la limite du film de possession avec rictus effrayants et démarche dégingandée. J’ai aussi apprécié le fait qu’il aille davantage dans la représentation visuelle du monde de H.P. Lovecraft, là où je l’avais senti trop dans la retenue précédemment comme je le disais au-dessus.

J’hésite un peu concernant le prochain : L’appel de Cthulhu ou La couleur tombée du ciel (que j’adore) ?

En conclusion … Une belle réussite.

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Une « Lovecrafterie » à la démarche intéressante (cliquez ! L’image est un lien :-)) :

7 réflexions sur “Dans l’abîme du temps, Gou Tanabe – D’après l’œuvre de H.P. Lovecraft

  1. tampopo24 dit :

    Je n’avais pas ressenti cette retenue personnellement dans Les Montagnes Hallucinées, j’avais au contraire trouvé que ça collait bien aux écrits mystérieux pour ne pas dire flous de l’auteur. Du coup, j’avais beaucoup aimé et ce fut encore le cas dans ce titre là dont l’histoire m’a tout particulièrement plu pour son côté « psychédélique » et torturée.

    Aimé par 1 personne

    • Les Mots de Mahault dit :

      Oui c’est ce que j’ai beaucoup lu au sujet des Montagnes hallucinées mais je sais pas, je pense que ce « flou » ne colle simplement pas à ce que j’aime au final. 🙂
      Je te rejoins pour le côté « psychédélique », l’histoire a tout d’une sorte de mauvais « trip » !

      Aimé par 1 personne

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