Le roman de Malemort – intégrale, Éric Stalner/Jean-Jacques Chagnaud

Genre : Fantastique/Historique 🇫🇷

304 pages

Note : 3 sur 4.

« Au coeur de la forêt des Hautes-Pierres, en territoire Cathare, trente ans après la croisade contre les Albigeois, Anthéa, jolie blonde éprise de liberté, lutte contre l’arbitraire. Poursuivi par la haine d’Aymond de Montgarac, le comte Colbus de Malemort choisit les ténèbres. Maudit de Dieu et des hommes, il n’a plus sa place parmi les vivants. Amoureuse du comte, la belle Anthéa choisit de suivre Colbus, à la fois être maléfique et vampire. »

C’est un peu au hasard que j’ai emprunté cette BD en bibliothèque. Je me souvenais vaguement avoir lu un tome, il y a de nombreuses années (sûrement emprunté à mon père, qui avait lui-même dû l’emprunter à la bibliothèque) et la forme d’intégrale – qui compile à la suite les six volumes de la série – était le moyen idéal d’avoir enfin … le mot de la fin.

L’histoire prend place au XIIIᵉ siècle, au sein d’un royaume qui réprime le Catharisme, via l’Inquisition, dans le sang. Nous sommes dans le Sud évidemment et la belle Anthéa – tout juste dix-sept ans – découvre au gré d’une ballade sous un soleil radieux le corps blessé d’un noble Chevalier. Elle le ramène sans plus attendre à l’auberge/maison de plaisirs de sa mère Dame Agnès, où il est soigné non sans crainte … En effet, tôt ou tard, Dame Agnès s’attend à ce que les poursuivants se manifestent. Et elle a raison, car il leur faut peu de temps avant de mettre à sac la vénérable Maison pour retrouver le fameux blessé. Ce dernier se nomme Le chevalier de Malperthuis, et est depuis longtemps au service du mystérieux Comte Colbus de Malemort, un homme sur qui le temps n’a plus de prise. Le Comte Corbus est un Cathare ayant réchappé des massacres et est surtout LA proie qui obsède l’homme à la tête de l’Inquisition. Dès lors, Anthéa doit prendre la fuite flanquée du Chevalier, d’un Nain aventureux et d’un Comte Colbus qui apparait quand bon lui semble la nuit, afin de trouver une solution à la damnation vampirique dont ce dernier est affligé.

Le roman de Malemort est une BD de facture hyper classique ; mais nous parlons ici d’un classicisme élégant. Des planches découle une ambiance très particulière, dans laquelle il est facile de tomber pour peu qu’on soit un amoureux de ces périodes moyenâgeuses à la fois sombres et lumineuses que sont celles des différents conflits religieux. Des sociétés où les régionalismes sont encore omniprésents, un Royaume et une religion qui tentent de tout lisser, des cultures qui s’entrechoquent et se rencontrent, des paysages sauvages et des bourgs animés, une odeur de Croisades lointaine … Nous plongeons, grâce au trait et aux nombreux détails apportés par Eric Stalner, dans une époque plus vraie que nature. Ajoutez à cela une touche fantastique induite par la présence du Comte Colbus et qui se font parfaitement avec les superstitions de la période … J’ai été personnellement une lectrice comblée (de toute façon, il suffit en général de me dire « Croisades » pour que j’accoure 😆) !

Anthéa est un personnage intéressant. Sa beauté (parce qu’elle est réellement magnifique, une des plus belles femmes de BD que j’ai pu voir) et son impétuosité font des merveilles, elle a une fougue terrible et prend réellement vie entre les pages. J’ai aimé suivre sa destinée assez compliquée, même dans le tome 6 qui est pourtant le moins bon de l’ensemble. Globalement, les visages sont riches en expressions, les corps également, les paysages nous font voyager en ces terres Occitanes d’une beauté absolue. À noter que toutes les femmes sont magnifiques et plantureuses … mais que les personnages masculins demeurent assez laids.

Mais on a beau être dans une intégrale, le fait est que chaque tome ne dépasse pas la cinquantaine de pages réglementaires de la BD « traditionnelle ». Et donc, forcément, ce qui aurait pu être un petit-chef-d’œuvre (scénaristique j’entends, car au niveau visuel je n’ai rien à redire) pâtit quelque peu de ces restrictions sur certains points. Ainsi, certains arcs sont trop vite conclus, comme celui concernant Colbus : j’aurais tant aimé avoir des détails sur son passé, sur ses sentiments, mais aussi sur ceux naissants d’Anthéa envers lui, car on nous sous-entend bien qu’il y a une sorte de romance qui s’installe. Tout est cependant trop maladroit et dénué de tension, de sensualité … Un comble pour un vampire !

En conclusion … Une BD médiévalo-fantastique au souffle épique, d’une grande beauté. Dommage que l’aspect romantique ne soit pas à la hauteur, sinon la lecture aurait été en tout point parfaite.

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