La fille dans l’écran, Lou Lubie et Manon Desveaux

Genre : Romance 🇫🇷

186 pages

Note : 3 sur 4.

✅ L’idée de partage des planches ; Bel équilibre entre les deux histoires.

🔴 Pas forcément le genre de dessin que j’affectionne ; Les univers des deux bédéastes sont trop similaires.

« Deux filles que tout opposent, prennent contact sur internet pour ensuite faire connaissance dans la « vraie vie ». Elles seront submergées par des sentiments troublants. Coline, 22 ans vit en France et souffre de troubles anxieux qui l’ont isolée du monde. Hébergée à la campagne chez ses grands-parents, elle rêve de devenir illustratrice. Ses recherches d’inspiration la conduisent à contacter Marley, une photographe installée à Montréal. De son côté, Marley, 28 ans vit au Québec a abandonné sa passion pour la photo pour se laisser porter par sa vie montréalaise trépidante. Elle a un job alimentaire, un amoureux québécois et un quotidien rythmé par des sorties. Les messages de Coline vont réveiller en elle un réel besoin d’authenticité. Coline et Marley vont tisser un lien capable de surmonter la distance et le décalage horaire et qui se révèlera de plus en plus dense jusqu’à la rencontre en France… »

Sur la page de gauche, il y a Coline, vingt-deux ans, jeune femme qui travaille en autodidacte à son premier album illustré avant de le soumettre à une maison d’édition. Elle vit en France, la majorité du temps chez ses grands-parents et souffre de récurrentes crises d’angoisses depuis quelques années. Sur la page de droite, il y a Marley, pas loin de la trentaine, Française expatriée au Canada vivant avec son petit ami québécois. Barista pour l’alimentaire, mais photographe pour la passion. Et de chacun de ses côtés, deux bédéastes qui se consacrent chacune à la mise en scène d’un personnage : Coline pour Manon Desveaux et Marley pour Lou Lubie.

Marley et Coline vont avoir l’occasion de faire connaissance lorsque la seconde souhaite s’inspirer d’une photographie de la première pour une illustration et souhaite lui demander l’autorisation. Des échanges de mails s’en suivent, durant lesquels elles apprennent à se connaître davantage, tout comme nous nous apprenons à chacune les connaître, avec (la couverture est on ne peut plus claire) à l’issue, la naissance de sentiments amoureux.

Ce sont deux personnalités différentes, avec pour point commun une passion pour l’art. Passion pas toujours prise au sérieux par l’entourage qui aimerait les voir exercer des métiers « sûres » – à l’image de l’égoïste petit-ami de Marley (alors lui 🤬). Leurs échanges vont donc rapidement abattre les banalités du formel au moment où elles vont se rendre compte que même avec les milliers de kilomètres de distance qui les séparent, il est possible de se soutenir avec bienveillance et d’enfin mettre fin à ce sentiment tenace de solitude qui les tenaille chacune de leur côté – sentiment d’ailleurs hyper bien retranscrit.

L’idée de séparer chaque double-page en deux avec chaque côté dévolu à un personnage/une illustratrice est géniale et derrière, le scénario (certes cousu de fil blanc) et la narration suivent au cordeau. Ça donne une lecture hyper rythmée, très fluide, qui joue très bien avec notamment la question du décalage horaire (six heures si je me souviens bien entre les deux pays). Personnellement, je trouve tout de même que les univers des deux autrices sont peu éloignés esthétiquement parlant, ce qui limite peut-être un peu l’intérêt de l’exercice. C’est même assez frappant sur les planches de fin qui mêlent les deux univers : les couleurs mis à part, rien ne permet réellement de faire le distinguo. Plus personnellement, ce n’est en plus clairement pas le genre d’esthétique à laquelle j’accroche, donc c’est un peu « double-peine ».

Si techniquement je reconnais donc la qualité du scénario, l’histoire en elle-même m’a laissée plutôt froide et ne m’a pas transmis d’émotions particulières – sauf peut-être l’intrigue autour de Marley et de son couple (course aux voyages, aux sorties, etc …) que j’ai trouvé bien fichue et qui résonne avec l’idée de la solitude moderne évoquée plus haut. Pour autant, tout n’est pas à jeter hein, c’est juste que j’aurais aimé je crois que le parallèle entre les vies de Coline et Marley soit davantage creusé, ça m’aurait moins donné l’impression de courir après une histoire d’amour prévisible à laquelle je n’ai pas cru (un peu comme dans le film Deux moi si vous l’avez vu).

En conclusion … Pas de coup de coeur pour moi ici ! Une BD aux qualités techniques indéniables mais émotionnellement … pas grand-chose.


6 réflexions sur “La fille dans l’écran, Lou Lubie et Manon Desveaux

  1. Lilly McNocann dit :

    Le concept me semble extrêmement intéressant, mais je crains que ce livre relève plus de l’exercice technique que narratif… Or, l’histoire, le scénario sont très importants pour moi dans une bande dessinée, voilà qui me fait donc hésiter… Je me laisserai tenter si je le trouve en bibliothèque, par exemple !

    Aimé par 1 personne

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