L’odyssée du Liokûmkän (#2 Chroniques des secondes heures de Tanglemhor), Azaël Jhelil

Genre : Fantasy 🇫🇷

437 pages

Note : 3.5 sur 4.

✅ Des personnages hyper travaillés et aboutis ; Captivant de bout en bout ! ; L’auteur n’hésite pas à aller dans « l’horreur ».

🔴 C’est vraiment pour pinailler, mais j’attends d’être davantage convaincue par l’histoire entre Oriana et Meldaïn.

[Lecture émanant d’un service-presse obtenu via la plateforme simplement.pro, un grand merci à l’auteur pour sa confiance !]

« « Tandis que le rire du Fléau de Feen se perdait dans la tourmente, le Liokûmkän fendait les flots, propulsé par toutes ses rames, ses voiles gonflées à craquer. Guidé par l’homme de bossoir et la vigie, le capitaine était concentré sur la navigation, cherchant son chemin parmi les hauts-fonds, hurlant des ordres auxquels l’équipage répondait avec une incroyable discipline. »

Afin de libérer les terres du Levant, la Conjuration de Tanglemhor doit traverser les mers et rejoindre les terres glacées d’Australie. Avec toutes les forces de l’Empire à ses trousses, le périple ne sera pas de tout repos… »

Mon avis sur le premier tome juste là ↩ ⚠️ Spoilers ⚠️

J’aurais aimé publier cette chronique plus tôt, car ce second tome compte parmi mes meilleures lectures du mois de janvier. Mais la vie étant ce qu’elle est … 🙃 Bref.

Comme ce deuxième tome et le premier ne formaient autrefois qu’un, nous reprenons l’action là où nous l’avions laissée. Orianna, Meldaïn, le Fléau de Feen, Elperïn, l’ogre, Yarheem-Rhoor et Serpent de Lune embarquent – après quelques péripéties – à bord du fameux Liokûmkän du titre, direction l’Australie. Une terre lointaine sur laquelle chacun à l’espoir de trouver de quoi avancer dans sa quête ; quant à Orianna, il faut ajouter qu’elle espère y rencontrer une aïeule et découvrir davantage ses racines maternelles. Mais la traversée sera longue et périlleuse, car le semi-Lacertys est bien décidé à ne pas leur faciliter la tâche – lui qui a été suffisamment humilié par leurs innombrables fuites spectaculaires. D’autant plus que du côté de l’Empire, la conquête avance : s’il peine parfois à trouver des alliés, Krûl peut toujours compter sur la lâcheté de certains, et le bagout des autres. Non content de s’adonner aux pires cérémonies qui soient pour maximiser ses chances de victoires, voilà que ses sbires partent à la conquête de l’esprit du peuple.

J’avais passé un bon moment de lecture en découvrant le premier tome de cette saga à l’automne dernier. Un récit de Fantasy assez introductif (un sacré monde à mettre en place tout de même), classique mais efficace, posant la base d’enjeux prometteurs pour la suite. Mon envie d’enchaîner avec le second tome était d’autant plus vive qu’autrefois le premier et le second volume formaient un seul et même ensemble. Azaël Jhelil nous propose ainsi toujours une narration alternée entre différents points de vue, que ce soit du côté de l’Alliance ou de l’Empire, pour rendre compte au mieux des différentes batailles guerrières et politiques qui se jouent derrière les avancées de chacun. Mais il exploite dans ce tome un sublime terrain (côté Alliance, du moins) : le vase-clos d’un bateau ou parfois, ne pas faire partie de l’équipage signifie devoir tuer le temps. Et que fait-on dans ces cas-là ? Eh bien, lorsqu’il n’est pas nécessaire de se battre – parce que l’odyssée ne sera évidemment pas de tout repos – on fait connaissance. Nos personnages vont ainsi avoir des discussions savoureuses, où chacun va révéler un peu de ses origines, de son peuple ou encore de sa philosophie de vie. À ce titre, les discussions impliquant Yarheem-Rhoor et Serpent de Lune sont de vraies petites pépites, d’autant que l’auteur se paie le luxe d’étoffer avec talent le panel des interlocuteurs grâce à quelques pirates très attachants – oserai-je dire émouvants ?. Oriana est elle moins mise en avant, mais s’étoffe aussi davantage dans son rôle d’héroïne malgré elle. On apprend donc énormément de faits et de détails sur l’histoire du monde, les différents peuples y vivant ou encore sur les créatures merveilleuses qui y demeurent. Alors voilà, je l’avoue : Azaël Jhelil a réussi à me faire apprécier les longs dialogues, les points de suspension et même les notes de bas de page, parce que l’ensemble est de qualité et représente finalement son ton propre, sa manière souvent gouailleuse de raconter cette belle épopée.

« Tandis qu’ils cheminaient côte à côte, l’homme-félin perçut la petite lueur malicieuse qui scintillait dans le regard de sa compagne.

– Qu’y a-t-il ? s’enquit-il, amusé.

– Oh rien, répondit-elle. Je me disais quelque chose, c’est tout.

– Quoi donc ?

– Savoir manier les armes et les mots est le signe d’une éducation particulière dans mon pays, Yarhem-Rhoor. Vous ne vous livrez guère, mais il est patent que vous êtes habitué à exercer de hautes responsabilités, n’est-ce pas ? »

Vous l’aurez compris, je n’ai rien à redire ni côté plume, ni côté personnages. Si je devais pinailler un peu … Eh bien, l’histoire qui se tisse doucement entre Meldaïn et Oriana ne me convainc pas encore totalement. Si je comprends le comportement de Meldaïn et la naïveté d’Oriana (sa position de noble fait d’elle une grande débutante sur la question des sentiments, sûrement parce qu’elle a été très protégée), je trouve leurs échanges un petit peu maladroits par instant. J’ai pas mal pensé à David Gemmell dans ces moments-là, parce que l’intensité de leurs sentiments me laisse parfois sur le carreau, comme si j’avais raté une étape. Néanmoins, j’ai bon espoir pour le tome suivant car quelques cartes sont rebattues dans le dernier tiers du roman … Mais j’aimerais réellement qu’Oriana s’émancipe un peu de ces questions.

Soulignons enfin que nous ne sommes pas en reste du côté des « méchants » de l’histoire. L’auteur introduit tout d’abord davantage le personnage de l’assassin rouge et ses très énigmatiques pouvoirs et ambitions m’ont fait me poser mille questions. Le fait que nous le suivions dans son quotidien le rend presque sympathique (toute proportion gardée), ce qui rajuste à merveille l’équilibre d’un tome peut-être plus manichéen. En effet, si dans une certaine mesure les arguments de Krûl quant à sa « vengeance » s’entendaient dans le premier tome, l’auteur prend bien soin de nous rappeler que ce dernier n’est pas un enfant de choeur : on assiste ainsi à quelques cérémonies de magie nécromantique absolument horribles – et l’auteur n’hésite d’ailleurs pas à nous faire basculer dans la violence et l’horreur pure. J’ai trouvé ça intéressant, pas du tout gratuit, parce qu’il s’attache bien à montrer la différence entre ce que son règne est vraiment et ce qu’il veut montrer dans l’optique de sa conquête. La subtilité ne se lit donc plus au même niveau et se fait davantage politique, ce qui n’est pas pour me déplaire.

Bref, vous l’aurez compris, ce tome deux ne donne qu’une envie : se précipiter sur le troisième, d’autant que j’ai hâte de faire plus ample connaissance avec une certaine société matriarcale

En conclusion … À nouveau excellente lecture. L’auteur fait mine de rien monter la tension crescendo et nous happe dans une histoire prenante : les pages défilent !


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