L’éducateur, Lola T.

Genre : Romance Fantastique

409 pages

Note : 2 sur 4.

✅ L’ambiance un soupçon « gothique » ; Marie, la protagoniste principale ; Un style simple mais agréable.

🔴 Un univers trop peu développé sur de nombreux points.

« 1851.

Curieuse et rebelle, Marie quitte l’enceinte de l’orphelinat dans lequel elle a toujours vécu. Le Comte John de Kent, l’éducateur du comté d’Ombrage, l’a sélectionnée, ainsi que Jade, autre jeune femme du pensionnat, pour devenir l’épouse du Duc Mac Arthur. Dans ce monde où les vampires règnent en maîtres sur les humains, l’existence d’une femme a peu de valeur. Pour autant, Marie se réjouit de découvrir enfin la vie au-delà de ces murs austères. Mais la réalité qui s’ouvre à elle est bien différente de ses espérances. Comment va se dérouler son enseignement aux côtés de John, être de la nuit si mystérieusement attirant, mais qui a pourtant droit de vie et de mort sur sa personne ? Qui, de Jade ou de Marie, se verra élue épouse et devra sacrifier liberté, corps et âme au Duc ? Le caractère indocile de Marie va la conduire à des situations cocasses, sur des sentiers dangereux. Entre mystères, découvertes, cruauté, passion, obéissance et traditions, plongez dans l’univers ô combien obscur de l’éducateur. »

Les éditions Elixyria ont un catalogue (plutôt axé romance) que j’avais envie de découvrir depuis déjà un moment, avec plus particulièrement la collection Elixyr of Moonlight qui s’attache à proposer des univers fantastiques. Et si j’ai jeté mon dévolu sur L’éducateur pour commencer, c’est parce qu’il y est question de vampires … les canines pointues ayant toujours réussies haut-la-main à me sortir de mes pannes de lectures (chacun sa marotte, n’est-ce pas ?).

Nous sommes ici dans un monde qui semble être le nôtre, mais dont les humains auraient perdu la gouvernance au profit des vampires quelques centaines d’années auparavant. L’autrice fait le choix de ne nous donner qu’une date : 1851, une indication esthétique à défaut d’en avoir une géographique. Néanmoins, on devine que cela se déroule au moins en Europe occidentale au sens « strict » du terme (perso, j’ai opté pour les Îles Britanniques). Les Vampires – uniquement masculins – sont donc les nobles et dirigent tout de A à Z. Les humains, dans tout cela, ne sont voués qu’à les servir. Ainsi les femmes humaines n’élèvent-elles pas leurs enfants, mais les confient-elles à des institutions chargées de les « former ». C’est ainsi que Marie, notre héroïne, a été élevé au « Pensionnat », une école rigoureuse (en gros, tout y est proscrit – même l’amitié) chargée de faire de ses élèves féminines des servantes. Les plus « chanceuses » auront la possibilité d’être choisies pour épouser un seigneur vampire en attente d’une compagne : une vie de faste et de luxe, mais surtout, une vie d’obéissance et de soumission obéissant à des codes précis. Mais la jeune femme est une rebelle dans l’âme, et n’envisage nullement une vie sans liberté. Elle se retrouve pourtant choisie en compagnie d’une autre élève, Jade, archétype de la future parfaite épouse. Toutes les deux partent en direction de la demeure du duc Mac Arthur en compagnie de John de Kent, un noble chargé de les éduquer puis de choisir la femme la plus à même de convenir à son maître. Des semaines de concurrences qui seront marquées par la découverte d’un monde qu’elles ne soupçonnaient pas.

« Une fois seule, elle en profita pour découvrir ses appartements. Les tentures écrues donnaient une belle luminosité à la pièce. Des deux grandes fenêtres, on apercevait le parc avec ses arbres qui s’élevaient majestueusement de chaque côté. Des tableaux de fleurs agrémentaient de leurs couleurs la chambre. Le lit à simple baldaquin était la pièce maîtresse des appartements. Une coiffeuse, une psyché, des lingères et un bonheur du jour où se tenaient du papier et un encrier avec une plume terminaient de meubler l’espace. »

Pour commencer, dois-je vous préciser que l’éducateur – John – dont il est question ici n’est pas là pour leur apprendre que les bonnes manières ? 😅 Il est assez clair dès le départ que le roman aura une dimension érotique – mais pas vraiment au sens « sensuel » du terme, puisque certaines scènes ne sont pas dénuées d’un certain (gros) trouble. Pour autant, tout cela fait partie intégrante du roman et de la société vampirique telle qu’elle nous est dépeinte ici, donc le tout ne semble ni racoleur, ni de trop. En gros, on n’est pas dans Les ombres de la nuit de Kresley Cole (je crois que je ne m’en remettrais jamais). Ceci étant dit, j’ai tout de même trouvé le personnage de John intéressant, car il n’est pas édulcoré, ni par lui-même, ni à travers les yeux de Marie. Il est l’archétype du vampire tel qu’on se le représente : dominant, colérique, parfois romantique aussi, et souvent soumis à ses pulsions. Ici, il est clairement utilisé par l’autrice en tant que « guide » de l’héroïne au sein d’un monde qui est nouveau pour elle et va en symboliser le bon comme le mauvais.

L’héroïne, justement, m’a beaucoup plu. Marie est une jeune femme un peu rebelle, mais dans un sens différent de celui qu’on pourrait entendre traditionnellement. Disons qu’elle n’est juste pas exactement faite du même moule que les autres jeunes filles de son pensionnat ; elle a conservé la curiosité, le goût des questions – et cela a une bonne explication (bien trouvée), qui arrive d’ailleurs assez tard. J’ai aussi apprécié que la prise de conscience sur la société qui l’entoure (et sa profonde injustice envers les femmes) ne soit pas soudaine et violente. On sent chez elle une part plus « sombre » qui aurait gagné à être davantage exploitée, ne serait-ce qu’en écho du personnage de John de Kent. Reste qu’elle apporte en tout cas beaucoup de fougue à un roman qui manque parfois de profondeur dans les décors qu’il pose.

Parce que finalement, si l’idée de base est bonne et les personnages efficaces, j’aurais aimé qu’on sorte davantage des carcans de la romance pour explorer plus en détails le monde – vampirique ou humain. Je conçois qu’on suit les choses à hauteur des yeux de Marie, qui grâce à son statut de simple humaine a bien des difficultés à s’informer, mais je pense que son caractère rebelle aurait dû permettre d’apporter plus de contenu de ce côté-là. En tout cas, à moi en tant que lectrice, il m’a manqué du fond.

En conclusion … Une romance fantastique plaisante, mais qui aurait gagné à être davantage étoffée. Néanmoins, j’ai passé un bon moment !


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2 réflexions sur “L’éducateur, Lola T.

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