Les noces mécaniques, Marie Kneib

Genre : Steampunk 🇫🇷

288 pages

Note : 3 sur 4.

✅ Des personnages intéressants ; De l’aventure plaisante à suivre ; L’absence de romance ; Atmosphère steampunk bien dosée.

🔴 Un rythme souvent inégal ; Quelques facilités dans les rebondissements ; Une fin un peu confuse.

« À Néacity, un lien alchimique unit les couples mariés à vie. Fiancée par amour, Clara n’a rien contre cette règle, mais le jour de ses noces, tout tourne au désastre. Contrainte d’épouser le parfait inconnu qui surgit au milieu de la cérémonie, la voilà mêlée à un complot qui la dépasse. Seulement, cet étrange mari n’a que faire de cette histoire de mariage.
En pleine enquête, ses investigations risquent de plonger Clara au cœur de secrets et de mystères plus sombres les uns que les autres… « 

Les noces mécaniques, c’est un titre que j’avais hâte de découvrir depuis sa sortie. Dans le « genre » steampunk, au-delà d’une esthétique attirante, il m’est personnellement assez rare de lire une œuvre à la hauteur de mes attentes. Grosses déconvenues notamment ces dernières années avec Confessions d’un automate mangeur d’opium de M. Gaborit & F. Colin, Les voies d’Anubis de Tim Powers ou plus récemment encore Dentelle et magie noire de Delman – en gros depuis Anno Dracula de Kim Newman, rien de terrible. Pour le dire clairement : si vous avez des suggestions Steampunk, n’hésitez pas !

Ces « noces mécaniques » débutent en tout cas sur les chapeaux de roues, en nous introduisant au personnage principal – Clara Harper – durant ce qui est censé être le plus beau jour de sa vie : celui où elle va épouser l’homme qu’elle aime. Elle qui vient d’une famille immensément riche se réjouit d’enfin pouvoir convoler avec l’artiste quelque peu désargenté qui règne sur son cœur, même si cela contrarie son cher Papa – qui avec cette fille caractérielle n’est plus à une entorse au règlement près. Le mariage revêt en tout cas une importance toute particulière au sein de Néacity, la ville-état où tous demeurent : il est célébré par un alchimiste. Ce dernier va lier les époux qui, pour le bien commun et l’équilibre alchimique, ne devront pas s’éloigner l’un de l’autre trop longtemps.

Il suffira d’un instant pour tout faire capoter : le toit qui se brise, un inconnu qui en tombe et arrive au bout milieu de la cérémonie, une mariée qui dit « oui » à la mauvaise personne … Et voici Clara mariée à un illustre inconnu, odieux de surcroît. Ce qu’elle ne sait pas encore, c’est que de cette « petite » erreur technique va découler une montagne de révélations à même de bouleverser l’ordre établi.

« La magie, ça n’existe pas ! Je connais les effets des herbes, assez pour lutter contre les déséquilibres causés par l’alchimie, mais je ne peux pas vous sortir un rayon de flammes de mon chapeau ! »

Un début tonitruant donc, qui fait très bonne impression ! On comprend assez vite que le roman – même s’il ne sera pas exempt de drames et de violence – va plutôt aller dans le trépidant, à la façon d’un Paris des Merveilles de Pierre Pevel, avec ce petit côté feuilletonesque pas désagréable du tout. Cela étant porté à bout de bras par le personnage de Clara, une jeune femme assez particulière qui a comme disait ma chère Mamie ♥️ « la main leste ». Ça a pu étonner ou choquer certains lecteurs, mais pour ma part, j’ai trouvé cette « particularité » bien pensée dans le sens où ça ne fait qu’exprimer une violence qu’elle intériorise beaucoup depuis toujours. En tout cas, à aucun moment l’autrice ne m’a donné l’impression de justifier le comportement de son héroïne. Concernant les autres personnages, j’ai trouvé Octavius – le mari malgré lui – assez touchant même si difficile à cerner (ce qui une certaine révélation passée prend son sens) et Côme – le journaliste – pas inintéressant du tout dans sa quête d’identité. Les personnages manquent certes parfois un peu de détails (physiques notamment) mais il y a de bonnes idées qui rattrapent.

Là où le bât blesse davantage, c’est dans le rythme et l’enchaînement des actions. Le livre comporte son quota de rebondissements, certaines scènes étant même particulièrement entraînantes, mais aussi son lot de longueurs, si bien que le tout me laisse l’impression d’une trop grande irrégularité pour en faire de fait une excellente lecture. De même avec certains enchaînements/certaines facilités qui donnent l’impression que tout se résout/avance trop vite, avec des explications pas toujours très claires ou vraisemblables – là je pense notamment à la fin. C’est dommage, car personnellement le style de l’autrice m’a plu – très simple, fonctionnant parfaitement avec le côté « aventures » et utilisant le steampunk à bon escient. On se figure en effet sans mal les différentes créatures mécaniques, l’ambiance poisseuse de Néacity à cause de son exploitation du charbon, le bouleversement qu’induisent les nouvelles inventions technologiques, la disparité des richesses, etc. sans que ce soit lourd ou décoratif.

En conclusion … Un roman au fort capital de sympathie, qui n’est malgré tout pas exempt de défauts. J’ai tout de même passé un bon moment à le découvrir et guetterai sans doute la prochaine parution de l’autrice !


2 réflexions sur “Les noces mécaniques, Marie Kneib

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