L’ordre de Prométhée (#1 Chroniques), F. Ropars C.

Genre : Fantastique 🇫🇷

270 pages

Note : 2 sur 4.

[Lecture faite dans le cadre d’un service-presse demandé à l’autrice]

« De la violence des champs de bataille du Moyen Âge, aux fêtes somptueuses d’une élite Vénitienne membre d’une société secrète, jusqu’au château hanté d’Écosse et aux landes mystérieuses de Bretagne, le lecteur sera entraîné dans les aventures d’une héroïne à la forte personnalité retrouvant son amour perdu.
Ces amants romantiques, seront pris dans le flot de l’Histoire, des intrigues et des intérêts de sociétés secrètes se vouant une lutte sans merci depuis la nuit des temps.
De l’ésotérisme, des rebondissements, une alchimie des atmosphères se mêlant à la complexité psychologique des personnages et de l’intrigue, un soupçon d’humour, feront vivre au lecteur une incursion dans un univers fantastique et médiéval haletant. »

L’ordre de Prométhée est le premier tome d’une saga parue chez Librinova en 2020, naviguant entre fantastique et ésotérisme. Le propos de départ est simple, mais efficace. Athénaïs, notre personnage principal, est une jeune fille vivant de nos jours en Bretagne, auprès de parents aimants et d’une grand-mère qui s’est beaucoup occupée d’elle lorsqu’elle était enfant. Désormais adulte, elle reçoit pour son anniversaire une nouvelle moto, qu’elle essaie tout de go, mais est bien rapidement victime d’un accident, heureusement sans gravité. Alors qu’elle a perdu connaissance et qu’elle est emmenée à l’hôpital, elle se rêve en Comtesse dans un passé qui lui paraît terriblement réel. Cette vision qui l’assaille est similaire à celle qu’elle connaît durant ses nuits de sommeil depuis plusieurs jours ; à son réveil, la vérité tombe de la bouche de sa grand-mère : elle est capable de se rappeler ses vies antérieures, comme une poignée d’autres humains. Un don rare et donc convoité, qu’il va falloir protéger.

« J’acquiesce d’un sourire espiègle et contemple les lumières de la ville que nous quittons déjà, en pénétrant sur les terres obscures des landes brumeuses. Cette contemplation me rend un peu hermétique à leur chamaillerie – qui m’amuse pourtant beaucoup – et je songe à mon improbable destin tandis que le quatre-quatre file vers la côte dans la nuit glacée. »

L’idée de départ est alléchante : j’avais lu il y a bien longtemps, sur cette même thématique des vies antérieures Côté face d’Anne Denier (aux éditions Rebelles), un titre qui m’avait semblé si confus que je n’arrivais jamais à comprendre si nous étions dans le présent, le passé, etc. J’avais donc des attentes assez élevées de ce point de vue-là, et elles sont comblées. L’autrice fait en effet le choix de présenter chaque retour dans le passé dans une police en italique – une idée simple, mais efficace qui nous permet de savoir exactement où on en est et d’intégrer parfaitement au texte ces visions qui assaillent notre héroïne. Cela nous permet aussi de faire connaissance avec des personnages qu’elle retrouve dans le présent ou d’en apprendre davantage sur des drames qui ont jalonné ses vies – drames qui vont s’avérer déterminant pour la suite de l’histoire.

Ces visions du passé, terriblement vivantes (dans une ambiance moyenâgeuse très réussie, avec des détails historiques intéressants dont on sent qu’ils ont été travaillés), contrastent malheureusement avec un présent que j’ai trouvé excessivement factuel et trop peu détaillé. Les phrases sont courtes, les paragraphes aussi d’ailleurs (ce qui confère à la lecture un rythme haché et donc étrange, mais peut-être que cela tient aussi à la mise en page de l’ePub) et le manque de description presque cruel. J’aurais aimé en savoir plus, par exemple, sur les physiques des uns et des autres, les traits communs qu’on y retrouve d’une vie à l’autre, les expressions. Qu’ils prennent tous davantage de temps pour se découvrir et se raconter. Certains personnages secondaires sont réussis de ce point de vue-là (Pierre, un combattant fidèle et fougueux qui apporte une légèreté bienvenue), mais d’autres ont du mal à prendre vie – à l’image de Matthieu, le grand amour à travers les âges de notre héroïne. Athénaïs est un peu entre les deux : seule, elle fait une protagoniste intéressante, « spirituelle », qui croit profondément aux légendes et accepte avec beaucoup de résilience un destin hors du commun qu’elle attendait presque ; mais dès qu’un autre personnage du passé pointe son nez, Athénaïs n’existe plus et devient l’une de ses identités passées, sans coexistence possible, comme si son identité présente n’était qu’accessoire. C’est assez symbolique d’un rapport trop déséquilibré entre passé et présent qui nuit parfois à une narration pourtant sans temps mort. Reste que j’ai aimé qu’elle ne soit pas une noble en détresse, mais une combattante farouche, auprès d’un compagnon qui la soutient et l’admire.

En conclusion … Un premier tome qui m’a plu sur certains points, bien moins sur d’autres. Je suis néanmoins très curieuse de lire la suite ne serait-ce que pour en savoir plus sur la manière dont présent et passé vont être mêlés.


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