Harleen, Stjepan Sejic

Genre : Super-HĂ©ros đŸ‡­đŸ‡·

194 pages

Note : 4 sur 4.

« AprĂšs des Ă©tudes mouvementĂ©es qui ont entamĂ© sa confiance en elle, la jeune psychologue Harleen Quinzel pense enfin avoir dĂ©crochĂ© le poste de ses rĂȘves en Ă©tant embauchĂ©e Ă  l’Asile d’Arkham afin d’apporter son soutien et son expertise aux plus grands criminels de Gotham. Mais il est un ĂȘtre au sein de cet asile qui va Ă  la fois faire chavirer son esprit et son cƓur : le Joker ! Petit Ă  petit, Harleen va se laisser sĂ©duire puis sombrer dans un abĂźme de folie y laissant Ă  tout jamais son innocence et ses illusions perdues. »

Je ne suis ni connaisseuse ni fan des univers de superhĂ©ros, mais apprĂ©cie de temps en temps feuilleter un comic proposant une histoire soit originale (type Batman NoĂ«l il n’y a pas longtemps, qui revisitait Scrooge), soit un arc spĂ©cifique (Marvel 1602 qui dĂ©plaçait un contingent de superhĂ©ros Ă  l’Ăšre ÉlisabĂ©thaine). Ce Harleen, je l’ai achetĂ© pour l’anniversaire de mon petit frĂšre, qui est un grand fan de l’univers DC. J’Ă©tais de mon cĂŽtĂ© assez curieuse de dĂ©couvrir l’auteur Stjepan Seijic (au scĂ©nario et au dessin), dont je lis depuis quelque temps beaucoup de bien, que ce soit sur ce one-shot ou sur son autre sĂ©rie Sunstone. Inutile de trop rĂ©sumer le contenu : il s’agit de l’origin story d’Harley Quinn, personnage dĂ©sormais bien connu.

Son vrai nom est Harleen Quinzell. GrĂące Ă  une gĂ©nĂ©reuse dotation de la fondation Bruce Wayne, elle va obtenir des fonds pour mener Ă  bien des recherches sur des profils criminels particuliers, puisqu’elle va pouvoir interroger ni plus ni moins que celles et ceux enfermĂ©s Ă  l’asile d’Arkham. Nous allons donc croiser une galerie de personnage tous plus connus les uns que les autres. PĂȘle-mĂȘle : Poison Ivy, Bane, Hugo Strange, Harvey Dent, et j’en passe. Mais celui qui va bouleverser la vie d’Harleen sera le Joker, dont elle va peu Ă  peu tomber sous l’emprise.

S’il m’a fallu quelques pages pour plonger dans cette histoire, j’ai en revanche Ă©tĂ© tout de suite sĂ©duite par la qualitĂ© des dessins et des couleurs. On est dĂšs le dĂ©but au plus prĂšs d’Harleen, de son attitude, de son manque de confiance en elle et en la pertinence de ce qu’elle fait, car il se dĂ©gage beaucoup de choses dans la maniĂšre dont elle est reprĂ©sentĂ©e : c’est une belle femme, visiblement sĂ©duisante, qui pourtant se laisse dĂ©stabiliser d’un rien – il faut dire que de vieilles histoires lui collent Ă  la peau et qu’elle bascule tout du long dans une fragilitĂ© telle qu’elle ne peut que finir par une explosion de violence « libĂ©ratrice ». Sa rencontre avec le Joker est dĂšs le dĂ©part Ă©lectrique : ce dernier, pourtant assoiffĂ© de sang et de violence, ne s’en prend pas Ă  elle – nous faisant presque croire Ă  un Ă©lan de sentimentalisme. De son cĂŽtĂ©, Harleen se retrouve vite fascinĂ©e par ce qui est d’abord le criminel ultime de Gotham – donc d’un point de vue d’abord scientifique – avant de finalement faire tomber les barriĂšres une Ă  une au cours des diffĂ©rents entretiens qu’ils auront. Ce qui est Ă©tonnant dans ce titre, c’est que l’auteur a rĂ©ussi Ă  faire du Joker – et sans le dĂ©naturer ! – un personnage Ă©trangement « sĂ©duisant », nous plaçant ainsi presque dans la peau d’Harleen et de ce qu’elle peut bien voir en lui. Il joue parfaitement avec l’attachement Ă©trange qu’on peut ressentir vis-Ă -vis de ce personnage fort et torturĂ©, nous donnant envie de croire en la sincĂ©ritĂ© de certaines de ses confessions, jouant parfois mĂȘme avec certains codes de la romance. À noter que le Joker ne vole pas la vedette Ă  Harleen du tout, bien au contraire elle reste tout du long un personnage solide, mĂȘme si sa descente aux enfers est quelque part assez triste et regrettable.

En conclusion … Un excellent one-shot au ton adulte, surprenant, car il parvient Ă  injecter de la rĂ©invention et de l’originalitĂ© dans une histoire connue, sans pour autant la dĂ©naturer totalement. Pour moi, c’est un incontournable, particuliĂšrement si vous aimez l’univers DC.


10 réflexions sur “Harleen, Stjepan Sejic

  1. Light And Smell dit :

    J’Ă©tais dĂ©jĂ  tentĂ©e, mais ta chronique rend le comics incontournable, notamment en raison de ce jeu autour du Joker qui a l’air de rendre encore plus fascinant un personnage qui l’est dĂ©jĂ  beaucoup, et de la maniĂšre dont l’auteur semble rĂ©ussir Ă  faire parfaitement ressentir le caractĂšre fragile et violent Ă  la fois d’une anti-hĂ©roĂŻne incomparable !

    Aimé par 1 personne

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