Le dernier Oracle (#1 La Selkie), Megära Nolhan

Genre : Fantasy 🇫🇷

352 pages

Note : 4 sur 4.

[Partenariat via le site Simplement.pro, un grand merci à l’autrice.]

« Bree est une Selkie au service de la Brigade écossaise de Protection des Créatures Magiques. Sur la piste de contrebandiers responsables d’un trafic de créatures magiques, un échec cuisant lui vaut un changement radical de mission.
Son patron lui ordonne de devenir la garde du corps de Jace, un jeune humain qui n’a pas la moindre idée que le monde magique existe.
Mais Jace est un Oracle, le dernier Oracle et le danger rôde autour de lui. Son pouvoir convoité lui vaut d’être la cible des Elfes Noirs, de terribles mercenaires qui cherchent à l’enlever.

D’Édimbourg à l’énigmatique Loch Ness, leur voyage les mènera à travers des terres perdues, à la rencontre de créatures aussi merveilleuses que redoutables.

Mais Jace et Bree sont-ils seulement prêts à se supporter ? »

Si j’en crois les remerciements de l’autrice en fin de roman, ce premier tome de La Selkie a vu le jour lors du premier confinement. Sur Twitter notamment, je lisais quelques opinions de personnes (souvent issues du monde du livre) qui déploraient le nombre d’écrivains amateurs que la période avait fait naître ou du moins encouragé – pourtant, comment le regretter après avoir lu un roman si qualitatif ? (Il faut dire que je n’étais déjà pas franchement d’accord à la base, mais bon 😄).

Comme le titre l’indique, nous allons donc suivre ici les aventures d’une Selkie et d’un Oracle. Mais tout d’abord, qu’est-ce qu’une Selkie ? Si on en croit le Wiktionnaire, il s’agit d’une « Créature marine des mythologies écossaise et irlandaise, représentée sous la forme d’un phoque qui peut avoir l’apparence d’un humain lorsqu’elle est hors de l’océan. ». Elle est dans ce roman le personnage principal, nommée Bree. Bree vit dans un monde qui est le nôtre, mais dans lequel évoluent – dans le plus grand secret – des créatures légendaires et mythologiques au nez et à la barbe des humains – les croyances, superstitions et offrandes ayant disparues peu à peu des usages communs. Bree est depuis plusieurs dizaines d’années agente au sein de la B.P.C.M., soit la Brigade de Protection des Créatures Magiques, chargées de démanteler trafics et guerres intestines entre les différentes créatures ; car si Bree a l’apparence d’une jeune femme d’une vingtaine d’années, elle est en fait très âgée : près de deux cents ans de vie sous forme humaine, elle qui a perdu sa peau de phoque depuis tout autant de temps et est incapable d’en retrouver la trace malgré des dizaines de pistes explorées. Elle tente tant bien que mal de faire sa vie à Édimbourg, en Écosse – mais se sent incomplète et malheureuse. Son seul moyen de garder un tant soit peu de contrôle sur ce qui l’entoure est de s’enfermer dans une bulle et de refuser toute relation sociale et toute modernité. Après une enquête à l’issue compliquée, son responsable l’assigne à une mission bien particulière pour quelqu’un de solitaire comme elle : s’occuper de Jace, un jeune américain de vingt ans qui ne serait ni plus ni moins que le dernier Oracle sur Terre et qui en bonus ignore encore tout du monde des créatures magiques.  

« – Alors, quelle est la prochaine étape ? lui demanda-t-il tandis qu’elle prenait le chemin de l’appartement.

Bree lui jeta un regard noir. Il avait l’air aussi excité qu’une puce et, sans qu’elle comprît très bien pourquoi, cela l’agaçait. Elle ne voulait pas qu’il s’implique dans son enquête, encore moins qu’il la suive partout. Les paroles d’Alisdair lui revinrent en mémoire :

Je te mets d’ordinaire avec des nouvelles recrues, car j’espère qu’ils pourront apprendre de toi autant que tu pourras apprendre d’eux.

Heureusement pour elle, Jace n’était pas une nouvelle recrue, et elle doutait fortement avoir quelque chose à apprendre de lui. »

Un début plutôt classique donc résumé de cette manière, mais avec le mérite de tout de même mettre en avant une créature que je n’avais personnellement pas encore croisée en littérature : la Selkie. Et c’est là toute la force de ce premier tome, qui nous offre en la personne de Bree une protagoniste hyper efficace et forte, avec une histoire personnelle vraiment bouleversante. La suivre a été particulièrement intéressant tout au long de ces pages, car elle campe une héroïne à la froideur touchante, qui semble peu à peu revenir à la vie en s’ouvrant aux autres. À son opposé, il y a Jace, le fameux dernier Oracle dont elle va en quelque sorte devenir la protectrice. Lui est solaire, sociable, très positif et surtout déterminé à apprendre à connaître Bree, sans pour autant se montrer trop intrusif – elle personnifie en effet en premier lieu une sorte de clé qui pourrait l’aider lui à comprendre un peu ce qui l’entoure et qu’il a ignoré pendant des années – son don d’Oracle compris. La dynamique entre les deux constitue une part très importante du roman et est maligne, car si elle nous permet d’apprendre à connaître davantage les personnages et à développer des interactions intéressantes, elle n’est pas non plus omniprésente au point de faire basculer le texte dans les prémices d’une romance au contexte fantastique en arrière-plan. J’aime la romance – ce n’est pas un jugement de valeur envers le genre du tout – mais ici, on sent que l’autrice désire prendre son temps et offrir un contexte et des quêtes personnelles propres à chacun dans un monde cohérent qu’il me tarde même pour tout vous avouer de retrouver … car nombre de mystères ne sont pas résolus !

Qualité au niveau des personnages et de l’histoire donc, mais aussi de l’ambiance générale. Forcément, l’idée de situer l’action en Écosse est déjà très évocatrice puisqu’on imagine sans peine les landes battues par le vent, le crachat incessant de la pluie et la présence de fées au détour d’un bosquet. L’imaginaire, avec ce genre de paysages, fonctionne à plein régime ! Mais ce n’est pas seulement pour la « carte postale » que l’autrice fait ce choix, puisqu’il est également en cohérence avec certains éléments de son histoire et notamment le fait que les Selkies font partie intégrante du folklore local. Ainsi, seules deux ou trois pages m’ont été nécessaires avant que l’évidence ne s’impose, à savoir le fait que j’allais passer un très bon moment, guidée par une plume efficace et très fluide qui équilibre parfaitement phases descriptives & dialogues. Sans compter que chaque début de chapitre présente le « portrait » d’une créature mythique ! Sincèrement, je pense que c’est pour l’instant – avec L’œuf de Tanglemhor d’Azaël Jhelilma meilleure lecture en autoédité et pour l’instant l’une de mes meilleures lectures de l’année.

En conclusion … Une petite perle de fantasy urbaine, divertissante à souhait.


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