Les amants de Key West, Priscilla Oliveras

Genre : Romance 🇺🇸

340 pages

Note : 2 sur 4.

[Titre obtenu sur Netgalley. Merci aux Éditions de l’Archipel !]

Dans le même univers :

• Sous le soleil de Key West

« Photographe de renom, Alejandro n’avait pas revu sa ville natale de Key West, en Floride, depuis douze ans. Mais, après avoir été grièvement blessé, le voilà contraint d’y retourner.
Sur place, il retrouve son envahissante famille – dont son père qui ne lui a jamais pardonné d’avoir  » abandonné  » les siens et le restaurant cubain que tient la famille –, Enrique, son ami d’enfance, et surtout Anamarìa, la sœur de ce dernier… son amour de jeunesse.
Anamarìa a depuis développé une florissante entreprise de fitness, grâce entre autres à l’aide de Sara, l’épouse d’Enrique, influenceuse sur les réseaux sociaux.
Alejandro et Anamarìa ne se sont jamais pardonné leur rupture. Aussi les retrouvailles entre les deux anciens amants, s’annoncent-elles, électriques. Mais sous le soleil de Floride, tout peut arriver… même le plus inattendu ! »

Au cours de l’été dernier, j’avais passé un excellent moment avec une romance qui fleurait bon l’été et les embruns ; il s’agissait de Sous le soleil de Key West de Priscilla Oliveras, qui nous relatait la belle histoire d’amour entre deux êtres a priori opposés – tout cela sous le beau temps de Key West, un archipel à mi-chemin entre la Floride continentale et Cuba. Et il y a quelques jours a paru non pas la suite, du moins un second tome se déroulant dans cet univers, suivant deux nouveaux personnages – dont une est la sœur du héros du premier tome (ça va, vous suivez toujours ?) – et qui va donc faire l’objet de cette chronique.

Elle, c’est Anamarìa, tout juste trente ans. Dans sa famille, on est pompier de père en fils … et fille. La jeune femme, sportive, ambitionne également depuis plusieurs années de déployer son entreprise de fitness à plus large échelle que celle de sa ville natale, Key West : 25.000 habitants, dont de nombreux sont issus de la diaspora Cubaine, un cadre insulaire paradisiaque … Et une communauté soudée avec les bons et les mauvais côtés que cela peut avoir. Alors quand un matin sa gentille quoiqu’oppressante mère l’appelle pour lui demander d’aller prendre soin de son amour de lycée tout juste rentré pour cause de convalescence, elle flaire le traquenard à plein nez. N’essaierait-on pas, encore une fois, d’influer sur sa vie ?

L’ex en question, c’est Alejandro. Lui aussi à une mère particulièrement étouffante, d’ailleurs. À l’âge de dix-huit ans, Alejandro est parti sans se retourner poursuivre son rêve de devenir photographe, rompant avec la tradition familiale qui aurait voulu qu’il reprenne le restaurant parental. Cela faisait presque douze ans qu’il n’était pas réapparu à Key West, trop occupé qu’il était à parcourir le monde. Retrouver le rythme de cette vie dans laquelle il ne se sent pas le bienvenu est difficile – d’autant qu’il sent qu’on essaie de le pousser dans les bras d’Anamarìa de nouveau.

« Grommelant dans sa barbe, il attrapa la bouteille d’eau que sa mère avait laissée sur la table de chevet et son regard se posa sur la photo du bal de promo avec Anamarìa. Ses yeux noisette rieurs, ses lèvres pulpeuses ouvertes en un grand sourire comme elle pliait un doigt en lui faisant signe de venir vers elle. S’il s’était agi d’une vidéo, il l’aurait entendue dire « Viens-là et embrasse-moi ! « , juste avant qu’il ne prenne la photo. Ordre auquel il avait obéi sans se forcer. Cette photo d’elle était l’une des préférées d’Alejandro. Une parmi tant d’autre qu’il n’avait pas pu effacer de son ordinateur. Ni de sa mémoire. »

Vous devinez d’ores-et-déjà que la rengaine est – comme dans le premier tome – cousue de fils blancs. Cèdera ? Cèdera pas ? Alternant les points de vue entre chaque chapitre – et même parfois au sein des chapitres – Priscilla Oliveras nous conte les doutes et le vécu de cet ancien couple dont la flamme semble encore brûler. Il y a dans cette romance de très bonnes idées, et en premier lieu celle de suivre deux personnages qui ont eu un passé sentimental connu. La complicité qu’ils retrouvent bien vite, les souvenirs communs, cette culture latine qu’ils partagent … Tout cela fait qu’ils ont de nombreux points communs ; et à l’aube de la trentaine, ils sont chacun à un tournant de leur vie où il faut faire des choix, se soutenir et se sentir soutenu – à commencer par la réalisation de deux grands projets professionnels.

Anamarìa était une protagoniste secondaire du premier tome, qui voyait entrer avec contentement dans la vie de son frère Luis le personnage de Sara, une influenceuse de renom. Cette dernière va aider Anamarìa dans ce tome, afin qu’elle puisse parachever ses projets concernant sa marque de fitness et ses conseils diététiques. C’est franchement un monde auquel je suis étrangère, mais la modernité de cette thématique me plaît, ça donne quelque chose de très actue, qui questionne bien la place des réseaux sociaux dans notre vie – par exemple via l’idée qu’on ne perd jamais vraiment quelqu’un de vue lorsque sa vie est publique. Cela instille aussi une certaine dose d’humour, lorsque la jeune génération observe les plus âgés (mama, abuela) tenter de soutenir leurs progénitures en distribuant likes et commentaires gênants. Alejandro de son côté va devoir prouver à son père qu’une carrière artistique a tout autant de valeur qu’un travail « honnête », notamment en lui démontrant qu’il peut perpétrer l’âme de ses ancêtres et son histoire familiale à travers son art – l’occasion de discuter de cette immigration cubaine très présente en Floride. Dommage d’ailleurs que ce sujet reste un peu en toile de fond, mais il donne tout de même lieu à de très beaux moments d’émotions.

Mais alors, pourquoi deux étoiles ? Le problème avec Anamarìa et Alejandro, c’est qu’ils se répètent beaucoup. Une explication sur le pourquoi du comment de leur séparation, ça va, mais il y a beaucoup trop de redondances durant les trois cents premières pages à ce sujet, si bien qu’à un moment, j’ai même lu les réflexions de nos héros en diagonale. La narration était vraiment trop répétitive dans ces moments-là et l’autrice aurait pu sans peine faire quelques coupes pour garder un récit plus dynamique et moins long à démarrer. De ce point de vue-là, le premier tome avait une certaine fraîcheur que je ne retrouve pas ici. Restent tout de même un cadre idyllique qui fait rêver et des personnages attachants, indépendants et empreints de respect l’un pour l’autre, ce qui est déjà pas mal !

En conclusion … Un opus un peu en-deça de son prédécesseur, mais qui se lit agréablement. En somme, c’est une romance de vacances correcte !


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