Toujours se méfier du vampire qui dort (#1 Alicia Smith), Julie Saurel

Genre : Bit-Lit 🇫🇷

344 pages

Note : 3 sur 4.

[Titre obtenu sur NetGalleyFrance. Merci aux éditions Bookmark !]

« Elle aurait dû se douter que cette mission allait la fourrer dans un beau pétrin. Alicia a la particularité d’être aussi douée en magie qu’elle est exaspérante pour les gens qu’elle côtoie. Dotée d’une morale un peu douteuse, elle gagne sa vie en arnaquant les humains lors de séances de spiritisme et en monnayant ses pouvoirs de nécromancienne aux êtres surnaturels. Tout aurait pu continuer tranquillement comme ça si elle n’avait pas accepté un mauvais boulot et réveillé un vampire prisonnier d’un sort vieux de plus de vingt ans. Elle aurait dû se méfier, tout le monde sait qu’on ne se retrouve pas pris au piège d’un maléfice sans raison. Mais comme toujours, Alicia a décidé de foncer tête baissée, et cette fois, cela pourrait bien lui être fatal. Et si elle n’avait pas réussi à libérer ce vampire uniquement grâce à ses pouvoirs ? Quel lien étrange la relie à ce sort ? Alicia pourrait bien être au coeur de manipulations et de secrets qui la dépassent… »

Il est de plus en plus difficile de trouver de bonnes nouvelles séries VF de ce sous-genre cher à mon cœur qu’est la bit-lit … Fort heureusement pour les amatrices et amateurs tels que moi, les éditions Bookmark existent ! C’est donc avec un bonheur non dissimulé que j’ai entamé la lecture de ce qui est – si j’ai bien compris la postface – le premier roman de Julie Saurel et premier tome d’une série consacrée aux aventures d’une héroïne éponyme au titre : Alicia Smith.

Le ton est donné dès le démarrage : Alicia Smith est une nécromancienne londonienne qui ne fait que peu de cas de la vie des autres : elle gagne sa vie en jouant à la voyante le jour et en travaillant pour des vampires la nuit. Ses sorts nécessitent bien souvent que le sang coule, ce dont elle se fiche. Tout ce qu’elle demande, c’est une paie en conséquence. Alors, lorsque Alex – à la tête des vampires de Londres – vient la chercher pour lui demander de relever un vampire victime du sort d’une sorcière, elle s’exécute sans demander des détails. Elle l’ignore encore, mais elle vient de rendre sa conscience à Owen, un suceur de sang qui n’a qu’une idée en tête : la tuer, car il voue une haine incommensurable aux sorcières.

Dans le même temps, elle devra faire face à deux hommes – simplement humains, eux – qui font une entrée tonitruante dans sa vie : l’un est tatoué de la tête aux pieds et semble décider à la connaître davantage ; le second, Harrison, affirme qu’il est un simple policier. Or, il s’avère bien trop informé aux sujets des communautés surnaturelles pour n’être qu’un simple être humain ignorant.

« – Merde, alors … C’est vraiment toi, Alicia Smith.

Son étonnement m’arrache un soupir, si fort, si profond, que je pourrais rivaliser avec un champ d’éoliennes.

– J’imaginais quelqu’un de plus …

– Non ! le coupé-je. Il n’y a aucune bonne manière de bien finir ta phrase, alors ne la continue pas. »

Somme toute, c’est un début raisonnablement conventionnel pour un récit de bit-lit, même si très vite, Julie Saurel parvient à se démarquer. Il y a tout d’abord son bref ajout à la mythologie vampirique, qui explique – sans trop en dire – les capacités « spéciales » de chaque suceur de sang ainsi que la légende entourant leur genèse ; puis il y a Alicia, cette anti-héroïne un brin détestable, impolie qui n’a en gros aucun des codes comportementaux de notre société actuelle. Elle n’a beau avoir que vingt-deux ans, le fait qu’elle ait grandi auprès d’une mère tout comme elle nécromancienne l’a pour ainsi dire coupée du monde. Elle se montre tour à tour cruelle, méprisante, assez idiote et naïve. Toutefois, quelque chose fait que l’on s’accroche tout de même à elle, car lentement, le vernis craquelle et une fragilité pointe. L’évolution du personnage est un des gros points d’intérêt du roman et Julie Saurel la fait vivre dans tous ses paradoxes avec une conviction opportune, sans tenter d’en faire un personnage parfait – ce qui contrebalance bien avec l’effet de puissance qu’elle dégage, d’ailleurs. Il est rare de voir un personnage tenir la dragée haute aux éternellement invincibles vampires !

Concernant son histoire à proprement parler, ce premier tome se veut très largement introductif ; certains personnages secondaires nous sont donc présentés, mais leurs personnalités que peu esquissées. C’est notamment le cas des deux humains ou encore de certains des vampires, pourtant charismatiques à souhait. De ce point-de-vue là d’ailleurs, il arrive parfois que certains chapitres soient narrés du point de vue d’Owen (le relevé). Ce sont à mon sens les chapitres les plus faibles du roman : je n’en ai pas compris l’intérêt, et on y trouve à mon goût de trop flagrantes maladresses nous tendant insidieusement la perche sur les potentiels évènements à venir. Délesté de ces parties, le roman aurait gagné un dynamisme accru qui lui fait parfois défaut. Fort heureusement, le style de Julie Saurel est plus qu’à la hauteur, et il est appréciable de voir que cette dernière ne compte pas uniquement sur la présence de dialogues et de punchlines pour construire son histoire, offrant à son univers une toile de fond solide qui n’a certainement pas dit son dernier mot !

En conclusion … Bilan positif pour ce premier tome d’une nouvelle série qui s’inscrit à la fois dans la continuité de ce qu’y s’est déjà fait en bit-lit, tout en dépoussiérant un peu certains éléments.


6 réflexions sur “Toujours se méfier du vampire qui dort (#1 Alicia Smith), Julie Saurel

  1. Lianne - De livres en livres dit :

    J’ai trouvé que le coté psychologique de l’héroïne était bien fait. En effet elle est un peu détestable mais au final pas tant que ça, on fini par s’attacher quand même xD

    Pareil pour les points de vue d’Owen même si j’ai pensé que c’était peut etre juste un point de vue qui prendra son sens dans les tomes suivants. Un peu comme ci l’autrice anticipait le fait que ça sera une romance ensuite.
    Comme si dans les Kate Daniels on avait le point de vue de Curran dans le premier tome.

    Mais au moins un des points positifs de ce points de vue c’est que ça explique un peu ce qu’il en pense et ça rend certains passages un peu effrayants (il a vraiment l’air d’être le « méchant » au début) et ensuite ça s’adouci quand on comprend mieux ses motivations alors qu’il change d’avis sur l’héroine.

    Bref, à voir la suite quoi.

    Aimé par 1 personne

    • Les Mots de Mahault dit :

      Oui, c’est exactement ce que je me suis dit pour Owen mais son changement d’opinion au sujet d’Alicia est un peu « brut » – tel que je l’ai ressenti en tout cas. Après, avec les vampires, la frontière entre la haine, le désir et l’amour est toujours un peu floue donc au final ça passe quand même.

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