Le serment du silence, Linda Castillo

Genre : Policier đŸ‡ș🇾

405 pages

Note : 2 sur 4.

« Kate Burkholder est le shĂ©rif d’une petite ville tranquille de l’Ohio Ă©branlĂ©e par la dĂ©couverte d’un corps de jeune fille Ă©gorgĂ©e et saignĂ©e comme du bĂ©tail aprĂšs avoir Ă©tĂ© torturĂ©e et violĂ©e. La scarification d’un chiffre romain sur son nombril lance la police sur les traces du « Tueur de l’abattoir », un tueur en sĂ©rie ayant sĂ©vi dans la rĂ©gion. Cependant, Kate violĂ©e 16 ans plus tĂŽt par ce mĂȘme tueur avait survĂ©cu Ă  l’attaque du psychopathe. Et elle l’avait tuĂ©.

Depuis, elle vit avec le fardeau du secret et de la culpabilitĂ© : le violeur, Daniel Lapp, Ă©tait amish comme elle et sa famille. Afin de prĂ©server la communautĂ© de l’opprobre, son pĂšre et son frĂšre avaient enterrĂ© le corps, et plus jamais il n’y avait Ă©tĂ© fait allusion. La vie de Kate avait ensuite basculĂ© ; elle avait renoncĂ© Ă  son appartenance Ă  la communautĂ© et subi le bannissement.

AprĂšs ce nouveau meurtre le doute l’assaille : et si Lapp Ă©tait encore en vie ? »

Un de mes pĂ©chĂ©s mignons dans la vie, ce sont les tĂ©lĂ©films. Et c’est une affaire familiale. Ma mĂšre Ă©tant assistante maternelle, elle en regarde souvent l’aprĂšs-midi pendant que les enfants font la sieste et j’avais autrefois cette habitude de me glisser auprĂšs d’elle lorsque nous habitions encore ensemble pour une petite sĂ©ance. C’est ainsi que nous avons dĂ©couvert CondamnĂ©s au silence, avec dans le premier rĂŽle Neve Campbell (que j’adore !) qui est dĂšs lors devenu un de nos favoris. Aussi, lorsque je suis tombĂ©e par hasard sur le livre dont il est question aujourd’hui en le rangeant au travail, j’ai tiltĂ© aussitĂŽt Ă  la lecture du rĂ©sumĂ© : ce tĂ©lĂ©film en est l’adaptation ! Il me paraissait dĂšs lors Ă©vident de le lire.

(Une petite correction tout d’abord : L’hĂ©roĂŻne Kate Burkholder n’est pas, comme l’indique le rĂ©sumĂ© shĂ©rif, mais chef de la police. Ceci Ă©tant dit.) Kate travaille pour la petite commune de Painters Mill, Ohio, depuis quelques annĂ©es Ă  la tĂȘte du dĂ©partement de police. La particularitĂ© de cette Ă©troite bourgade est son importante communautĂ© Amish, au sein de laquelle Kate a d’ailleurs grandi, mais depuis quittĂ©e. Pas de grosses affaires, seulement du maintien de l’ordre
 Jusqu’Ă  la dĂ©couverte d’un corps atrocement mutilĂ© dans un champ en pleine nuit. Un tueur en sĂ©rie est-il Ă  l’Ɠuvre ? Ne la pensant pas Ă  la hauteur de sa mission, les Ă©diles de la commune font venir un agent du FBI en ville pour assister Kate dans son investigation.

« â€” SatanĂ©es bĂȘtes, marmonna-t-il.

Avec les poules, les vaches Ă©taient sans doute les animaux les plus stupides de la terre.

Il attrapa sa radio.

— Central, ici 47.

— Quoi de neuf, T. J. ? Lui demanda Mona, la standardiste de nuit.

— J’ai un 10-54. Le troupeau de Stutz s’est encore Ă©chappĂ©.

— C’est la seconde fois cette semaine.

— Et toujours pendant mon service.

— Qu’est-ce que tu vas faire ? Il n’a pas le tĂ©lĂ©phone chez lui.

Un coup d’Ɠil Ă  l’horloge du tableau de bord lui apprit qu’il Ă©tait presque 2 heures du matin.

— Ouais, ben j’ai pas envie de traĂźner dans ce froid pour regrouper ces foutus bestiaux.

— T’as qu’Ă  leur tirer dessus.

— Me tente pas. »

Je dois avouer que j’ai Ă©tĂ© un peu déçue par ce roman. Le cadre est gĂ©nial : un hiver rigoureux qui gĂ©nĂšre cette sensation de grands espaces, une petite ville troublĂ©e par un drame qui la dĂ©passe et sur lequel tout le monde Ă  un avis, et surtout, surtout, la prĂ©sence lointaine de la si mystĂ©rieuse communautĂ© Amish. Pourtant, le bĂąt blesse au niveau du style assez pauvre et dĂ©nuĂ© d’Ă©motion de Linda Castillo, qui fait de ce roman (le seul d’une saga qui en compte une quinzaine traduit en VF) un moment anecdotique qu’on aimerait aimer, mais qu’on apprĂ©cie trĂšs modĂ©rĂ©ment.

Dommage, car les deux personnages principaux – qui se partagent d’ailleurs la narration – sont complexes. L’agent du FBI John Tomasetti a vĂ©cu un drame horrible, s’est fait justice lui-mĂȘme, mais est parvenu Ă  passer entre les mailles du filet judiciaire pour continuer Ă  profiler. Kate Burkholder, notre enquĂȘtrice, vit avec la culpabilitĂ© d’avoir tuĂ© un homme qui l’a violĂ© et la douleur d’avoir Ă©tĂ© exclu de ce fait de la communautĂ© Amish qui ne saurait comprendre que c’Ă©tait elle la victime. Deux ĂȘtres rongĂ©s par le remord, la culpabilitĂ© et surtout par leur profession. LĂ  encore, le problĂšme, c’est que Linda Castillo ne parvient pas Ă  exploiter cette noirceur sauf par le biais de deux ou trois scĂšnes maladroites. Il est regrettable qu’elle oscille sans cesse entre « grand public » et noirceur, car finalement le roman ne trouve jamais son identitĂ© propre.

Je n’exclus tout de mĂȘme pas de lire, dans un avenir sĂ»rement (trĂšs) lointain, le second tome (en VO donc) afin de me faire un avis ferme et dĂ©finitif.

En conclusion … Un roman policier bourrĂ© de bonnes idĂ©es. Dommage que l’autrice ne parviennent pas Ă  les faire pleinement exister.

â†Ș Je n’ai pas trouvĂ© de chroniques Ă  relayer. N’hĂ©sitez pas Ă  vous manifester !


2 réflexions sur “Le serment du silence, Linda Castillo

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