Le fantôme de la rue royale (#3 Nicolas le Floch), Jean-François Parot

« Les précédents succès de Nicolas Le Floch, protégé du Lieutenant de Police Sartine, agacent. On veut le mettre à l’écart.
Mais, alors que Paris célèbre le mariage du Dauphin par un feu d’artifice sur la Place Louis-XV, c’est la catastrophe : des carosses renversés, des centaines de victimes écrassées…
Notre tout jeune Commissaire de Police au Châtelet reprend du service. Au milieu des cadavres, une jeune femme tient serrée dans sa main une perle noire. Est-elle morte étouffée…ou étranglée? »


Genre : Policier historique   –   339 pages   –   Mon avis sur : le tome 1


Entamée dans le cadre d’une lecture commune sur Livraddict, la série Nicolas le Floch conforte un peu plus à chaque tome mon goût pour ce polar historique publié dans la collection Grands détectives des éditions 10/18 (soit dit en passant, une collection qui m’offre presqu’à chaque coup des heures de lecture captivantes) et ayant pour cadre un royaume de France à l’orée de la Révolution.

Par manque de temps, il m’avait fallu renoncer à chroniquer le tome 2, mais il me faut me rattraper avec ce tome 3, par ailleurs d’une excellente facture.

Le roman démarre en trombe, puisque nous sommes emportés en plein « grand étouffement » sur la place Louis XV (désormais mieux connue en tant que Place de la Concorde) ; ce qui devait être une soirée de liesse couronnée par un magnifique feu d’artifice se transforme en bousculade et incendie gigantesque, faisant plus d’une centaine de morts. Nicolas se trouvait sur place, et alors qu’il aide à dégager les corps, il tombe sur un cadavre bien singulier : celui d’une jeune femme vraisemblablement victime d’un meurtre par strangulation.

Comme toujours jusque-là dans les aventures de notre commissaire, enquêtes criminelles croisent politique et affaires du royaume. Ici, la sécurité devait être assurée par la garde de la ville mais semble avoir été délibérément sabotée afin de nuire à la crédibilité du supérieur hiérarchique de Nicolas, Sartine.

“- Calembredaines, monsieur ! La faveur est par essence volatile comme disent nos apothicaires et chimistes de salon ! On se souvient toujours du mal que l’on vous prête. Prend-on jamais en compte nos peines et nos succès ? C’est très bien ainsi. Nous sommes les serviteurs du roi pour le meilleur et pour le pire, et quoi qu’il puisse nous en coûter. Mais que ce serin de prévôt, ancré sur ses alliances, ses cousinages et qui a tout obtenu sans jamais rien rechercher ni mériter, soit la cause de ma disgrâce, voilà qui m’afflige cependant. Il est de ceux que remplit de morgue le fait de monter un bon cheval, d’avoir un panache à leur chapeau, et de porter des habits somptueux. Quelle folie ! S’il y a gloire à cela, elle est pour le cheval, pour l’oiseau et pour le tailleur !

Il frappa à nouveau la table de jeu. Nicolas, ébahi de ces éclats inusités, soupçonnait un peu de théâtre chez son chef et flairait la citation sous son dernier propos, mais aucun auteur ne lui venait à l’esprit.”

C’est donc en prétextant enquêter sur cette tentative de discrédit que Nicolas va avancer sur son affaire, accompagné de son fidèle adjoint Bourdeau et de Sanson, le bourreau qui lui offre toujours ses services de médecin légiste. Investiguant directement au sein de la maisonnée de la victime, son esprit relativement cartésien va être mis à mal par plus d’un évènement étrange. Tant et si bien que ce tome lorgne presque vers le fantastique à un certain moment ; le doute est en tout cas habilement entretenu et la plume de l’auteur d’une efficacité redoutable, nous faisant sans cesse tancer entre deux eaux.

Au niveau des personnages, celui de Nicolas s’avère particulièrement plaisant à suivre. S’il m’avait semblé imbu de lui-même et soucieux à l’extrême de faire ses preuves dans le deuxième tome – quitte à en devenir exaspérant – il n’en est ici rien. Sept années ont passé entre les deux intrigues et cela se ressent. Nicolas a muri, a aguerri sa manière d’être et de faire, a gagné en humour et en dérision. Cela nous donne une réelle impression de fluidité à la lecture, nous immergeant totalement dans cette intrigue à multiples tiroirs, ponctuée de ces toujours merveilleuses scènes de repas qui donnent tant l’eau à la bouche. Il est aussi très appréciable de mieux découvrir le bourreau Sanson, touchant tant il est affligé par sa dure charge.

Mais ce que j’aime particulièrement dans cette série, c’est cette ambiance pré-14révolutionnaire qui guette. Nous sommes ici dix-neuf années avant ces fameux évènements, et par petites touches habilement disséminées, l’auteur nous rappelle que le pays est proche de connaître un évènement qui va le bouleverser, mais aussi bouleverser  l’histoire du Monde.

Un troisième tome particulièrement savoureux donc, pour une série vers laquelle je reviendrai avec plaisir.

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